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Quels critères pour autoriser le retour au travail des personnes ayant contracté le virus?

Un homme subit un test de dépistage de la COVID-19 dans une clinique mobile dans le quartier Saint-Michel.

Un test de dépistage (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des partenaires du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue s'inquiètent d'incohérences quant au retour au travail sécuritaire d'employés qui ont contracté le coronavirus. Un organisme communautaire, dont nous préservons l'anonymat afin de ne pas perturber ses activités, déplore que l'une de ses employés ait eu toutes les difficultés à obtenir un deuxième test de dépistage qui s'est finalement révélé positif.

Dans l'éventualité d'un résultat négatif, ce test aurait pourtant confirmé qu'un retour au travail était hors de tout doute sécuritaire, tant pour les employés que pour les usagers de cet organisme considéré comme un milieu de vie.

Or, dans des échanges courriel entre cette personne et une représentante de la direction régionale de santé publique, on indique que ce deuxième test de dépistage n'aurait jamais dû être réalisé, puisque cette procédure contrevient aux directives ministérielles.

Interrogée quant à l'incohérence entre l'insistance du respect strict des mesures de santé publique (distanciation physique, lavage des mains, port du masque) et l'exposition de plusieurs personnes à un risque difficilement calculable, la directrice de santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue fait valoir que les critères qui permettent de considérer quelqu'un comme guéri sont établis par des experts québécois et canadiens, mais aussi à l'international.

Avec toutes les maladies, il y a toujours des exceptions, indique d'emblée Dre Omobola Sobanjo. On constate aussi des exceptions avec la COVID. Il y a des individus chez qui ça peut durer plus de 14 jours, chez qui le parcours va être plus long. Ça devient intéressant pour nous d'apprendre de la COVID-19. Donc des fois, pour certains membres de la population générale, on demande un [deuxième] test parce que c'est une situation particulière. Ce qu'on sait, c'est que des fois, il peut rester des particules de virus dans le sang ou les sécrétions alors que ces particules ne sont plus contagieuses, plus infectieuses.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) définit pourtant la « prudence » ainsi : La gestion des risques par la santé publique doit prôner la réduction ou l’élimination des risques chaque fois qu’il est possible de le faire et l’adoption d’une attitude vigilante afin d’agir de manière à éviter tout risque inutile. Cette attitude s’exerce tant dans un contexte de relative certitude (prévention) que d’incertitude scientifique (précaution).

Le principe de précaution n'aurait-il donc pas dû être appliqué dans le cas qui nous intéresse, compte tenu que les symptômes persistaient chez l'employé concerné?

Même si l'individu n'a pas besoin d'être hospitalisé, et s'il y a des symptômes de la COVID qui nous laissent croire que la personne n'est pas complètement rétablie, si on fait un deuxième test et que le test est toujours positif, c'est plus prudent de dire que même si ça fait plusieurs jours pendant lesquels l'individu a été infecté, c'est plus prudent de juger que l'individu peut constituer un risque de transmission, poursuit Dre Sobanjo, précisant que le suivi a été fait avec l'organisme communautaire concerné.

Les liens avec nos partenaires sont solides. On a une belle collaboration avec nos partenaires et dans des situations particulières comme celle-ci, le lien a été fait et les informations sont claires. On est capables de soutenir et de supporter les milieux qui en ont besoin. Et on veut protéger les milieux qui en ont besoin. Mais on ne peut pas changer toutes les consignes et les recommandations et les directives qui sont basées sur la science, les connaissances et les informations des experts, conclut-elle.

L'arrêt de travail de l'employé de l'organisme communautaire concerné a finalement été prolongé jusqu'au début juin.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique