•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La reprise industrielle freinée par un contexte économique difficile

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Si les entreprises manufacturières ont fait preuve d’ingéniosité pour être en mesure de reprendre leurs activités à 100 % dès cette semaine, le contexte économique pourrait par contre freiner leurs ambitions au cours des prochains mois.

Spécialisée dans la conception et la fabrication de structures métalliques pour l’industrie de la construction, l’usine Canam à Saint-Gédéon en Beauce assure notamment que tout est en place pour la reprise de ses activités.

On est en mesure de rentrer 100 % de nos employés avec plus d'une cinquantaine de mesures de prévention à la COVID-19, se réjouit le directeur de l’usine, André Clermont.

Après une fermeture complète vers la fin du mois de mars, l’usine a repris ses activités de semaine en semaine, selon les indications du gouvernement du Québec.

Cette reprise graduelle a permis à l’usine de se familiariser avec les mesures sanitaires exigées par la santé publique.

On écrit l'histoire présentement. Je suis le quatrième directeur général. Même si j'appelle les trois autres d’avant et que je leur demande comment ils ont agi à la dernière pandémie, personne ne peut me répondre.

André Clermont, directeur général de l’usine Canam de Saint-Gédéon
L'usine Canam en Beauce

L'usine Canam en Beauce

Photo : Radio-Canada

Jusqu’à 15 000 $ par semaine

Distanciation sociale, équipements de protection individuelle, mesures sanitaires, l’usine de 500 000 pieds carrés a complètement été repensée pour permettre aux 750 employés de travailler en sécurité et d’éviter des éclosions de COVID-19.

Chaque secteur de l'usine est séparé. Quelqu'un qui travaille dans une baie de production a seulement accès à cette baie. Il travaille là avec son repas et retourne à son véhicule ensuite. Il ne va pas dans les autres secteurs de l'usine ou dans les bureaux, souligne M. Clermont.

L’usine est aussi désinfectée tous les deux jours à l’aide d'un pulvérisateur. L’ensemble des mesures en place entraîne des dépenses qui oscillent entre 10 000 $ et 15 000 $ hebdomadairement, en temps et en équipement.

Une femme prend la température d'une employée à l'aide d'un thermomètre.

L'entreprise prend régulièrement la température de ses employés.

Photo : Radio-Canada

Ralentissement à prévoir

Malgré les dépenses importantes pour permettre une reprise complète des activités, les entreprises manufacturières doivent cependant s’attendre à être freinées par le contexte économique.

Si les prochaines semaines permettront de rattraper le temps perdu, les effets de la crise économique reliée à la pandémie sont attendus dans les prochains mois.

 Certains indicateurs nous mentionnent que les carnets de commandes de l'automne vont probablement être un peu plus au ralenti, soulève la directrice générale du Conseil économique de Beauce, Hélène Latulippe.

Mme Latulippe analyse que certains contrats provenant des États-Unis pourraient être rapatriés dans un élan de protectionnisme. Des projets sont aussi appelés à être reportés.

Il y a aussi des problèmes d'approvisionnement pour certains manufacturiers, donc ce sont tous des problèmes qui empêchent le retour à 100 %, ajoute Hélène Latulippe.

Malgré l’avenir incertain, le Groupe Canam, qui exporte un peu partout en Amérique du Nord, demeure confiant. L’entreprise beauceronne est même en processus d’embauche.

La qualité, la livraison, le service client, le soutien au client, je crois qu'il sera toujours capable de faire sa place dans le marché.

André Clermont, directeur général de l’usine Canam de Saint-Gédéon
Un homme dans une usine.

750 personnes travaillent à l'usine Canam de Saint-Gédéon.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

L’après-COVID-19

Les investissements des entreprises pour faire face à la COVID-19 ne seront également pas tous vains après la pandémie.

Plusieurs des mesures temporaires orchestrées au cours des dernières semaines deviendront permanentes.

Oui, on se protège beaucoup contre la COVID, mais il ne faut pas oublier qu'on a des saisons grippales à l'automne. Il y a beaucoup de choses qu'on met en place qui vont nous prémunir de ces saisons grippales qui reviennent d'année en année, fait valoir M. Clermont.

Le télétravail fait aussi ses preuves, même s’il entraîne certains défis de gestion de personnel.

Certains trouvent ça difficile parce qu'ils n'ont pas le contact humain. Certains nous appelaient pour revenir, mais d'autres se sont très bien adaptés, indique la responsable des ressources humaines Vicky Fortier.

Pour garder le bon moral et le sentiment d’appartenance des équipes qui travaillent à distance, les superviseurs sont appelés à entrer en contact régulièrement avec eux afin de s’assurer que tout se passe bien.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Industries

Économie