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Les ventes de livres chutent en avril, malgré l’explosion de celles en ligne

Un livre sort de l'écran d'un ordinateur.

Les ventes de livres ont explosé, mais n'ont pas compensé la chute de celles en librairie.

Photo : getty images/istockphoto / Model-la

Cecile Gladel

Si les ventes de livres en ligne ont bondi en avril 2020, elles n’ont pu compenser la chute des ventes dans les librairies indépendantes. La vente de livres parascolaires a aussi connu une forte hausse, et les éditeurs québécois ont vendu plus de livres que les éditeurs étrangers.

En avril 2020, les ventes de livres totales – incluant les ventes en ligne – ont baissé de 65,3 %, selon les chiffres de Gaspard, de la société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF). Ça a pu se maintenir, car il y avait de la vente en ligne, reconnaît Richard Prieur, directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres.

Explosion des ventes en ligne

Les ventes en ligne de livres papier sur le site leslibraires.ca ont enregistré une très forte augmentation de 1297 % en avril 2020, par rapport à avril 2019. Toutefois, ces chiffres ne compensent pas la baisse des ventes physiques pour les librairies indépendantes. De plus, les frais postaux rendent ces ventes difficilement rentables.

Ça coûte une fortune, et on doit faire rentrer des gens pour faire les envois. Mais c’est un grand service que [leslibraires.ca] ont rendu aux éditeurs. Et l’achat de livres numériques ne compense pas [les ventes en librairie], explique Richard Prieur.

Jean-Benoît Dumais sourit à la caméra. En arrière-plan, une vue sur Québec.

Jean-Benoît Dumait, directeur général de la coopérative Les Librairies indépendantes du Québec qui gère le site Leslibraires.ca.

Photo : Radio-Canada

On voit que des habitudes vont rester pour le commerce en ligne. Donc, il demeure une grande question sur la rentabilité de ces envois, ajoute Jean-Benoît Dumais, directeur général de la coopérative Les Librairies indépendantes du Québec, qui gère le site Leslibraires.ca.

Pour contourner les frais postaux, des libraires ont trouvé d’autres solutions, dont la livraison à vélo.

Des gens étaient abasourdis [que les livres soient] livrés par le propriétaire de la librairie le soir même. Ça incarnait un peu une réponse à Amazon, c’était à échelle humaine.

Jean-Benoît Dumais

Il ajoute que de nombreuses personnes ne connaissaient pas cette plateforme d’achat en ligne, qui a aussi profité de la campagne de l’achat bleu.

Le parascolaire bondit

Le seul secteur qui a gardé la tête hors de l’eau pendant la pandémie est le parascolaire, qui a vu ses ventes bondir de 95,8 % par rapport à avril 2019. Pour les éditeurs québécois, la hausse est de 122 %. Les éditeurs étrangers ont quant à eux écopé avec une baisse de 45,4 %.

Les chiffres montrent des baisses.

Les ventes totales de livres au Québec en avril 2020

Photo : Gaspard

L’école à la maison a donc profité aux éditeurs québécois, qui détiennent pratiquement tout le marché. Plus de 95 % des livres scolaires viennent des éditeurs québécois. Les manuels qu’on trouve en classe sont produits au Québec, et avec les cours à la maison, il y a beaucoup de matériel parascolaire qui a été acheté par les parents, souligne Richard Prieur.

Les 10 livres les plus vendus au Québec du 14 mars au 17 mai 2020 dans les librairies indépendantes, selon Gaspard

  1. Armand Gamache enquête : un homme meilleur, de Louise Penny
  2. La route des Grandes Alpes, de Jean-Philippe Lebeau
  3. Pas même le bruit d'un fleuve, d’Hélène Dorion
  4. Ta mort à moi, de David Goudreault
  5. Le jardinier maraîcher : manuel d'agriculture biologique sur petite surface, de Jean-Martin Fortier
  6. La sentence, de John Grisham
  7. Cerveaux actifs : le grand livre, de Gilles Bergeron
  8. La tribu qui pue, d’Élise Gravel
  9. Si on s'aimait : l'approche Sigouin, de Louise Sigouin et François De Falkensteen
  10. Cendrillon, de Sylvain Johnson

La littérature québécoise s’en tire mieux

Cette hausse des ventes de livres pour l’école à la maison permet donc aux éditeurs québécois de mieux s’en tirer que les éditeurs étrangers. Pour les ventes totales, la baisse est de 61,4 % pour les livres québécois et de 69,7 % pour les étrangers.

Les tableaux montrent les baisses des ventes.

Les chiffres de Gaspard pour les ventes des éditeurs québécois en avril 2020 et 2019

Photo : Gaspard

Si les baisses sont similaires dans tous les domaines, c’est en littérature que les livres québécois limitent la casse. Si les livres étrangers ont enregistré une baisse de 66,3 % des ventes, elle s’est limitée à 39 % pour les livres du Québec. Un léger avantage en raison de l’absence de nouveautés étrangères.

En général, si on oublie la pandémie, les livres d’ici et d’ailleurs se partagent le marché moitié-moitié. Parfois plus [pour les livres québécois]. Ce qui marche beaucoup du côté du livre hors Québec, ce sont les grosses nouveautés, Astérix, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, et il n’y en a pas en ce moment.

Richard Prieur

C’est ce qui fait que les éditeurs québécois ont connu une baisse moins forte que les éditeurs étrangers. Pendant la pandémie, les librairies ont écoulé les livres qu’elles avaient déjà grâce au site leslibraires.ca, puisqu’il n’y avait pas de nouveautés et que les distributeurs avaient interrompu leurs livraisons.

Un client cherche un livre dans un rayon de la librairie Laliberté.

La librairie Laliberté accueille ses premiers clients depuis le début de la crise du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Finalement, la réouverture des librairies le 4 mai à l’extérieur du Grand Montréal a permis d’enregistrer une augmentation des ventes de 11 % par rapport à la même semaine en 2019. Il y a eu l'engouement de la réouverture, précise Patrick Joly, directeur général de la société de gestion de la banque de titres de langue française.

Mais l’engouement a été de courte durée; la semaine dernière, les ventes ont baissé de 2 %.

Ce qui a fait le plus mal aux librairies indépendantes est la baisse des ventes aux collectivités, qui incluent les commissions scolaires et les bibliothèques publiques, qui sont toujours fermées.

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