•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pékin compte imposer une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong

Un jeune portant un masque se tient debout, un bras levé, devant une foule de manifestants.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté l'an dernier à Hong Kong contre un projet de loi qui prévoyait l'extradition en Chine continentale des personnes arrêtées à Hong Kong.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Agence France-Presse

La Chine hausse le ton face au courant anti-Pékin à Hong Kong : le Parlement est saisi d'une loi sur la sécurité nationale destinée au territoire semi-autonome, secoué l'an dernier par un colossal mouvement de protestation.

Cette loi sera étudiée durant la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP) qui s'ouvre vendredi à Pékin, a annoncé jeudi devant la presse son porte-parole Zhang Yesui.

Le Parlement chinois est essentiellement la chambre d'enregistrement législative du Parti communiste (PCC), et la future adoption de ce texte fait peu de doute. Il suscitera probablement une vague d'opposition à Hong Kong.

Je veux juste dire à la communauté internationale que ceci est la fin de Hong Kong, a réagi jeudi soir depuis le territoire semi-autonome le député prodémocratie Dennis Kwok, qui accuse Pékin d'avoir rompu sa promesse.

Le projet de loi entend renforcer les mécanismes d'application en matière de protection de la sécurité nationale dans l'ex-colonie britannique rendue à la Chine en 1997.

Ce texte intervient près d'un an après le début de manifestations monstres à Hong Kong. D'abord dirigées contre la mainmise jugée grandissante de Pékin sur le territoire, elles s'étaient muées en demande d'autonomie supplémentaire.

Le mouvement a donné lieu à des affrontements violents entre policiers et radicaux, ainsi qu'à de nombreux actes de vandalisme. Il a également stimulé un courant militant pour l'autodétermination voire l'indépendance de la région.

Une ligne rouge pour Pékin, depuis longtemps frustré de l'incapacité du gouvernement hongkongais à faire adopter une loi anti-subversion au niveau local.

Hong Kong est une partie inséparable de la République populaire de Chine.

Zhang Yesui, porte-parole de l'Assemblée nationale populaire
Des dizaines de Chinois, tous masqués, sont assis très près les uns des autres.

En Chine, le masque est à l'honneur à l'occasion de la rencontre de la Conférence consultative politique du peuple chinois, dans le Palais de l'Assemblée du peuple, à Pékin. La distanciation physique ne semble pas être un enjeu.

Photo : La Presse canadienne / AP/Pool/Andy Wong

Interrogé sur le contenu du texte de loi, qui n'a pas été révélé, le porte-parole a indiqué que davantage de détails seraient annoncés vendredi à l'ouverture de la session du parlement.

L'autonomie de l'île menacée

Hong Kong jouit d'une très large autonomie par rapport au reste du pays dirigé par le PCC, en vertu du concept un pays, deux systèmes.

Ses habitants bénéficient ainsi de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une justice indépendante. Des droits inconnus en Chine continentale.

Ce nouveau projet de loi me donne le sentiment que c'est le concept "un pays, un système" qui est désormais officiellement mis en place à Hong Kong, a ironisé la députée prodémocratie hongkongaise Tanya Chan.

De l'autre côté de l'échiquier politique de la ville, le principal parti pro-Pékin a, quant à lui, déclaré soutenir pleinement l'initiative du parlement national.

Ce n'est pas la première fois que les autorités centrales tentent d'imposer une telle législation à Hong Kong.

L'article 23 de la Loi fondamentale, qui sert depuis deux décennies de Constitution au territoire semi-autonome, prévoit que la région se dote d'une loi interdisant la trahison, la sécession, la sédition [et] la subversion.

Un manifestant portant un masque de Guy Fawkes brandit un drapeau devant une foule en contre-bas.

Le nombre de manifestants présents dans les rues de Hong Kong le 8 décembre 2019 est estimé à des dizaines de milliers par certaines sources, et à plus d'une centaine de milliers par d'autres.

Photo : Reuters / Danish Siddiqui

Mais la clause n'a jamais été appliquée. Car une grande partie de la population hongkongaise y voit une menace pour ses libertés.

La dernière tentative de mise en oeuvre de l'article 23, en 2003, avait échoué face à des manifestations monstres dans les rues hongkongaises.

Le projet de loi controversé a été remis sur la table ces dernières années à mesure que les mouvements localistes (demandant la préservation de l'autonomie et de l'identité locale hongkongaise) et indépendantistes ont gagné du terrain.

Fin avril, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait mis en garde la Chine contre une telle loi.

Toute initiative visant à imposer une législation draconienne en matière de sécurité nationale à Hong Kong serait incompatible avec les promesses de Pékin et aurait un impact sur les intérêts américains là-bas, avait-il déclaré.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Asie

International