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La pandémie de COVID-19 fait plonger la dette du Nouveau-Brunswick

La dette nette de la province devrait atteindre 14,1 milliards à la fin de l’année financière 2020-2021.

Portrait de Blaine Higgs.

Le gouvernement annonce la mise à jour des prévisions économiques provinciales pour 2020-2021.

Photo : Radio-Canada

Lisa Revil

La province du Nouveau-Brunswick prévoit un déficit de 299,2 millions de dollars pour l’année 2020-2021. Si la pandémie de la COVID-19 amplifie les problèmes économiques de la province, celle-ci était déjà endettée avant même cette crise de santé publique.

Nous sommes confrontés à une situation que nous n’avons jamais connue auparavant. Nous commençons seulement à comprendre les répercussions de la pandémie, a déclaré le ministre des Finances et du Conseil du Trésor, Ernie Steeves, dans un communiqué de presse datant du 21 mars.

Ernie Steeves donne une conférence de presse

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, partage les prévisions économiques provinciales pour 2020-2021. La dette nette de la province devrait atteindre 14,1 milliards à la fin de l’année 2021.

Photo : Radio-Canada

Dans ce même communiqué, la province a partagé plusieurs chiffres sur les prévisions économiques provinciales pour 2020-2021.

La croissance du produit intérieur brut réel est estimée à -4,3 % pour 2020 et la province prévoit un déficit de 299,2 millions de dollars pour 2020-2021.

Les dépenses devraient augmenter de 100,2 millions de dollars par rapport aux sommes budgétées. Ce qui s’explique en partie par l’augmentation des dépenses liées à la réponse à la pandémie.

La dette nette, quant à elle, devrait atteindre 14,1 milliards de dollars à la fin de l’année financière 2020-2021.

La province pourrait mettre plusieurs années à se relever des répercussions économiques de la COVID-19, selon son premier ministre.

Il ne s'agit pas d'aujourd'hui. Il s'agit des 5, 10, 15, 20 prochaines années.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Différentes stratégies de relance

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick privilégie un certain contrôle des dépenses pour ne pas augmenter cette dette. Il a offert des aides financières au cours des deux derniers mois, mais beaucoup moins que d’autres provinces.

Je mettrai l'argent de la province dans les endroits où il est le plus nécessaire pour que nous ayons une meilleure récupération, a déclaré M. Higgs, mercredi, lors de sa conférence de presse.

Les libéraux estiment que le gouvernement Higgs a trop peu fait, jusqu'ici, pour favoriser la reprise économique.

Roger Melanson en entrevue

Roger Melanson, député libéral.

Photo : Radio-Canada

On a été très agressive [sic] pour encourager le gouvernement à agir davantage et intervenir en matière d’économie. On voit que si le gouvernement ne vient pas en aide aux petites et moyennes entreprises et au secteur économique peut-être que le déficit sera plus grand, a fait valoir Roger Melanson, député libéral de Dieppe.

Pour le député libéral, la clé réside dans la stimulation de l'économie provinciale et l’aide aux petites et moyennes entreprises.

C’est un déficit qu’il faut prendre au sérieux, mais historiquement, si on regarde, c’est un déficit... qui n’est pas insurmontable.

Roger Melanson, député libéral de Dieppe.

Pour les verts, toutefois, il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure.

Nous avons eu des déficits dans le passé. C'est un déficit comme les autres. La situation fiscale sera acceptable. Cette année n'est pas bonne, mais c'est réaliste, a avancé le chef du Parti vert, David Coon.

Le Nouveau-Brunswick était déjà endetté avant la pandémie

La difficulté pour la province est qu'elle a déjà utilisé une bonne partie de sa marge d'emprunt au cours des dernières années.

Avant même la pandémie, le Nouveau-Brunswick avait déjà une dette élevée, selon certains spécialistes économiques.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick Kim MacPherson.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick Kim MacPherson met en garde contre accroissement de la dette de la province.

Photo : Radio-Canada / Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Kim MacPherson, vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, dit avoir mis en garde le gouvernement du Nouveau-Brunswick plusieurs fois sur la situation de sa dette.

Selon elle, la province serait en meilleure forme aujourd’hui si elle avait été plus prudente économiquement dans les dernières années.

Lorsque je regarde les messages clés sur la situation financière de la province depuis ces dernières années, je vois que nous étions déjà préoccupés depuis longtemps par le déficit, année après année, et par l’augmentation de la dette nette de la province, a déclaré Kim MacPherson dans un entretien avec CBC.

Plusieurs experts ont mis en garde la province contre un déséquilibre sur le plan des finances : la dette augmentait plus vite que la croissance économique de la province. Kim MacPherson et avant elle son prédécesseur, Michael Ferguson, ont souligné ce problème dans différents rapports, depuis 2008, a expliqué Mme MacPherson.

Personne ne s'attendait à quelque chose d'aussi important que cette pandémie mondiale, mais je dirais qu'il est sage de maîtriser la situation financière de la province en temps normal et d'être mieux préparé aux événements imprévus. Alors, nous serions en mesure de mieux les gérer.

Avec les informations de Michel Corriveau et CBC

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Politique provinciale