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Les piscines publiques rouvriront-elles cet été? Ça dépend d'où vous habitez

Deux garçons et une fille nagent dans une piscine.

Les enfants pourront-ils nager dans une piscine publique cet été?

Photo : Getty Images / Imgorthand

Halifax ne prévoit pas ouvrir ses piscines extérieures cet été à cause de la COVID-19, alors que le Nouveau-Brunswick et le Manitoba doivent autoriser leurs villes à le faire. À Toronto et à Montréal, les autorités ne se mouillent pas pour l'instant.

De l'avis de nombreux experts, le coronavirus ne survit pas dans l'eau chlorée.

C'est plutôt la difficulté de maintenir la distanciation physique à la piscine, notamment entre les enfants, qui préoccupent les autorités.

À Halifax, cette inquiétude a eu le dessus sur le répit de la chaleur qu'offre la baignade en été.

Il y a un risque de transmission si on tousse, on éternue ou on inhale les gouttelettes d'un autre baigneur.

Erin DiCarlo, porte-parole de la Ville de Halifax

Mme DiCarlo ajoute que la sécurité des employés est une « grande priorité » et que si Halifax change d'avis et ouvre finalement ses piscines durant l'été, le nombre de baigneurs pourrait être limité pour réduire le risque de transmission de la COVID-19.

En Ontario

La principale préoccupation, ce sont les grands rassemblements, qui sont toujours interdits, souligne le porte-parole de la Ville de Toronto, Brad Ross.

Par le passé, les piscines ouvraient à partir de la mi-juin à Toronto, mais aucune date n'a été fixée cette année.

Vue derrière une clôture d'une piscine vide.

Toronto n'a pas encore décidé si ses piscines publiques rouvriront cet été.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

D'autres villes ontariennes, comme Sudbury et Mississauga, attendent elles aussi les directives des autorités municipales et provinciales de santé publique, qui n'ont pas encore pris de décision.

Le Manitoba et le Nouveau-Brunswick disent oui

Le Manitoba a annoncé jeudi que les piscines publiques feraient partie de la prochaine étape de son plan de relance, mais sans fixer de date pour l'entrée en vigueur de cette deuxième phase.

Au Nouveau-Brunswick, le premier ministre, Blaine Higgs, doit annoncer vendredi que la province passera à la phase jaune de son plan de déconfinement, une étape qui inclut l'ouverture des piscines et des parcs aquatiques ainsi que les rassemblements de 50 personnes ou moins.

L'Île-du-Prince-Édouard pourrait donner le feu vert en juin à l'ouverture des piscines publiques.

À Vancouver, les piscines extérieures accueillent habituellement les baigneurs dès le long week-end de la fête de la Reine (Journée nationale des patriotes au Québec) en mai. Toutefois, cette ouverture a été reportée jusqu'à nouvel ordre cette année, pendant que la Ville mène un « examen en profondeur sur la façon de protéger les nageurs et le personnel du risque de la COVID-19 ».

Au Québec

Montréal n'a pas pris de décision non plus.

La Ville étudie divers scénarios concernant la reprise des activités. [...] Dans toutes ses actions, Montréal suit les recommandations de la Direction régionale de santé publique.

Karla Duval, porte-parole de la Ville de Montréal

La Ville de Québec attend elle aussi la consigne des autorités de la santé.

Le ministère québécois de la Santé est toujours en consultation. Nous collaborons actuellement avec plusieurs ministères et organismes en vue de la reprise graduelle des activités. Nous ne pouvons actuellement préciser une date de réouverture des piscines, indique la porte-parole du Ministère, Raphaëlle Savard.

À Regina, le conseil municipal doit débattre de la question la semaine prochaine.

Calgary espère ouvrir ses piscines et jeux d'eau cet été, mais attend le feu vert des autorités provinciales. Le porte-parole municipal Jose Rodriguez ne sait pas pour l'instant si des « restrictions » seront mises en place, à cause de la COVID-19.

Les experts sont partagés

Au Québec, l'Institut national de santé publique affirme que le risque de transmission du coronavirus dans l’eau chlorée des piscines publiques est « faible ».

L'Institut précise néanmoins que des mesures de distanciation physique, de nettoyage des surfaces, comme les poignées, et de lavage des mains s'imposent si les piscines sont rouvertes.

Le principal risque de transmission de la COVID-19 dans les lieux de baignade demeure la proximité étroite avec une personne infectée, que ce soit dans l’eau ou hors de l’eau.

Institut national de santé publique du Québec

L'Institut conclut aussi qu'il est peu probable que l'eau des jeux d'eau dans les parcs puisse être contaminée par le SARS-CoV-2.

Pour consulter la fiche d'information de l'INSPQ : cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Le Dr Hugues Loemba en entrevue.

Le virologue Hugues Loemba dit que toute réouverture des piscines publiques devrait être assujettie à des conditions strictes.

Photo : Radio-Canada

C'est aussi l'avis du virologue Hugues Loemba, clinicien-chercheur à l'Hôpital Montfort, à Ottawa. Le risque ne vient pas de l'eau, mais de la « promiscuité entre les personnes saines et les sujets porteurs de la COVID-19 (asymptomatiques ou symptomatiques) », dit-il.

Pour lui, on peut rouvrir les piscines publiques, mais en respectant des « conditions strictes », telles que :

  • limiter le nombre de baigneurs
  • faire un dépistage des symptômes à l'entrée pour chaque baigneur
  • maintenir une distance physique dans l'eau et hors de l'eau
  • garder un bon niveau de chlore
  • appliquer les règles de prévention dans les vestiaires

Pour sa part, Ann Jolly, qui est professeure en épidémiologie à l'Université d'Ottawa, affirme qu'il y a « toutes sortes de possibilités » de transmission du coronavirus à la piscine.

Ce sera difficile de maintenir une distance entre les enfants sans une supervision constante.

Ann Jolly, professeure en épidémiologie

Elle ajoute qu'un enfant asymptomatique pourrait infecter par la suite des personnes plus vulnérables comme ses grands-parents, sans le savoir.

À son avis, si les piscines rouvrent, il faudrait entre autres limiter le nombre de baigneurs et nettoyer les toilettes constamment. Elle croit en ce sens que les jets d'eau seraient « plus sécuritaires » que les piscines.

De son côté, le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital General de Toronto, soutient que le niveau de transmission communautaire de la COVID-19 en Ontario et au Québec est trop élevé actuellement pour autoriser la réouverture des piscines publiques.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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