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Les jeunes Canadiens s'ennuient de l'école, selon un sondage

Une mère discute en souriant avec son jeune adolescent.

À Cremona, en Alberta, Andrea Reid s'entretient avec son fils, Evan, 14 ans, qui fait du travail scolaire à la maison durant la pandémie de COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

La crainte d'être contaminé par le coronavirus est davantage ressentie par les jeunes immigrants et ceux appartenant aux minorités visibles que par les autres jeunes du Canada, selon un sondage mené en ligne auprès de quelque 1200 jeunes entre le 29 avril et le 5 mai derniers.

Cette enquête portant sur les jeunes de 12 à 17 ans a été réalisée par le Réseau COVID-19 de l'Association d'études canadiennes, la Fondation Vanier pour la famille et Expériences Canada. Sa marge d'erreur probabiliste est d'environ 3 %.

Elle avait pour but d'examiner l'impact de la pandémie de COVID-19 sur les jeunes au pays.

Parmi les résultats obtenus, on constate que les jeunes des minorités visibles (52 %) et les jeunes immigrants (57 %) étaient plus nombreux que les autres jeunes à avoir peur d'attraper le coronavirus. Chez les minorités non visibles, ils étaient 34 % à éprouver cette peur, et chez ceux nés au Canada, 33 %.

Les jeunes aux prises avec un handicap (49 %) ressentaient eux aussi cette peur dans une plus grande proportion que ceux sans handicap (38 %).

De manière générale, les jeunes de 15 à 17 ans (75 %) avaient plus peur que ceux de 12 à 14 ans (38 %), et le degré de peur des filles (41 %) étaient plus élevé que celui des garçons (35 %).

En entrevue au Réseau de l'information (RDI) jeudi, Tasha Kheiriddin, qui fait partie du Réseau COVID-19 de l'Association d'études canadiennes, a expliqué que les étudiants de groupes minoritaires et allophones avaient, par ailleurs, plus de crainte que la pandémie ne leur fasse rater leur année scolaire que les autres jeunes.

En ce qui a trait aux travaux scolaires réalisés à la maison, le sondage illustre que très peu de jeunes ont fait plus de quatre heures de travaux scolaires par semaine, a affirmé Tasha Kheiriddin. En fait, la moyenne se situait entre deux et trois heures de travaux scolaires par semaine, et les filles en faisaient plus que les garçons.

Une majorité de jeunes ont répondu qu'ils s'ennuyaient assez ou beaucoup de l'école depuis que la pandémie de coronavirus les avait obligés à apprendre à distance.

Cet ennui était plus marqué chez les filles : 75 % d'entre elles ont dit s'ennuyer de l'école beaucoup ou assez; ce taux était de 66 % chez les garçons.

Les jeunes qui en sont à leur dernière année du secondaire – ou qui fréquentent le cégep, dans le cas du Québec – étaient les plus susceptibles de ne pas s'ennuyer du tout de l'école.

Les résultats de l'enquête montrent aussi que les deux tranches d'âge, soit 12-14 ans et 15-17 ans, obtenaient principalement leurs informations de leurs parents. Toutefois, les 15-17 ans privilégiaient davantage les actualités en ligne et les médias sociaux que les 12-14 ans.

Être jeune durant la pandémie

Une mère et ses deux fils debout dans la cuisine.

À Cremona, en Alberta, Andrea Reid et ses fils Caleb et Evan sont confinés durant la pandémie de coronavirus.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Il était important de sonder les jeunes durant cette pandémie, a expliqué Deborah Morrison, présidente et directrice générale d'Expériences Canada durant une conférence de presse, jeudi.

En substance, Mme Morrison explique que cette génération a grandi dans le sillage des attentats du 11 Septembre et qu'elle est plus connectée au numérique qu'aucune autre avant elle

Pourtant, durant cette catastrophe du coronavirus, les jeunes ont vu ce qui arrivait autour d'eux sans que personne leur demande leur opinion, a-t-elle dit, ce qui était compréhensible, vu le chaos qui prévalait.

Mais, a-t-elle poursuivi, ce sont ces jeunes qui porteront le poids de cette pandémie et qui en subiront les effets durant beaucoup plus longtemps que la plupart d'entre nous.

Des sentiments partagés

Les jeunes ont exprimé aux sondeurs les émotions contrastées – bonheur et tristesse en alternance – que leur inspire cette pandémie.

Bien que les jeunes déclarent fréquemment se sentir souvent et parfois tristes, ils sont plus susceptibles de déclarer se sentir souvent et parfois heureux. Les 12-14 ans se disent plus heureux que les jeunes plus âgés.

Extrait de l'enquête menée auprès de quelque 1200 jeunes Canadiens

Certains jeunes ont déclaré être trop tristes, anxieux ou effrayés pour chercher des informations en ligne sur la COVID-19.

Témoins d'une situation inédite

Le confinement et la distanciation physique se sont révélés des expériences inédites pour tous, ce qui a pu être déconcertant pour les jeunes. Cela s'explique, d'après Mme Morrison, du fait que les jeunes se font généralement dire par leurs aînés : on a déjà vécu ça et on l'a traversé de telle ou telle autre façon. Là, ils se font dire : "C'est la première fois que nous vivons ceci".

Le sondage se concluait par une question ouverte à laquelle les jeunes étaient libres de répondre ou pas. À la surprise des sondeurs, bon nombre de jeunes ont pris la peine de s'exprimer sur ce que sera l'après-pandémie, selon eux.

Voici quelques-uns de leurs commentaires :

  • « On fera la queue partout. »
  • « Selon moi, les contacts sociaux seront très différents, la propreté des gens sera meilleure, mais la patience sera pire. »
  • « J'apprécie le fait d'être en contact avec mes amis et ma famille de façon plus enrichissante. La perte de l'année scolaire et du sport me rend triste. »
  • « J'espère juste que je vais mieux gérer le stress et la tristesse. »

Selon Mme Morrison, il faut montrer aux jeunes comment composer avec l'anxiété et l'incertitude, et développer avec eux des stratégies à cet effet. On va devoir en faire une priorité, dit-elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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