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Quel avenir pour le transport en commun?

Le service de transport en commun de Rimouski.

Le service de transport en commun de Rimouski a connu, comme bien d'autres, une baisse d'achalandage en raison de la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada

La crise sanitaire bouleverse les habitudes de déplacement des Québécois. Les sociétés de transport en commun feront face à un défi dans les prochains mois. Les usagers pourraient craindre d’emprunter à nouveau les transports en commun en raison de la menace associée à la propagation du coronavirus.

Les sociétés de transport en commun, en région comme dans les grands centres, sont frappées de plein fouet : elles ont connu, au cours des derniers mois, d'importantes baisses d'achalandage.

Résultat : la fréquence des trajets de transport en commun a été temporairement revue à la baisse, notamment à Rimouski et à Rivière-du-Loup.

Par exemple, l’entreprise de transport adapté et collectif Transport Vas-y effectue 10 fois moins de déplacements par jour depuis le début de la pandémie. Maintenant que le déconfinement est amorcé, le nombre de déplacements est passé d’une trentaine à environ 80 par jour, alors que l’entreprise en réalisait près de 300 en temps normal.

Le conseiller municipal Mario Bastille.

Le directeur général de Transport Vas-y, Mario Bastille (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Comment expliquer cette diminution de l’achalandage ?

Selon Mario Bastille, cela s’explique bien sûr par le fait que les Québécois sont confinés à la maison et ont moins besoin de se déplacer. Certains craignent de toucher les surfaces à l’intérieur des véhicules ou d’être en contact avec les autres usagers.

Néanmoins, il rappelle que de nouvelles mesures sanitaires sont en place depuis le début de la crise pour s’assurer de respecter les recommandations des autorités de santé publique.

Dans le cas de Transport Vas-y, les chauffeurs sont tenus de porter le masque et de nettoyer les autobus deux fois par jour. Les sièges à côté des chauffeurs sont condamnés pour garder une distance de deux mètres et des distributeurs de désinfectant sont aussi disponibles à bord des véhicules.

L'intérieur d'un autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) avec une affiche qui indique des consignes en raison de la COVID-19.

L'intérieur d'un autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC)

Photo : Radio-Canada

Quelle place le transport en commun aura-t-il à l’avenir?

Le directeur général de Transport Vas-y, Mario Bastille, craint pour la survie des transports collectifs et en commun au cours des prochains mois. J’espère fortement que les clients nous feront de nouveau confiance.

Le maire de Rimouski, Marc Parent, abonde dans le même sens. Nous sommes aux prises avec un nouveau virus depuis peu longtemps. Ça va prendre un peu de temps pour s’habituer à cette nouvelle réalité. [...] Les villes en paient vraiment le prix en matière de transport en commun, commente-t-il. Il estime que l’arrivée d’un vaccin pourrait par contre changer la donne.

Par ailleurs, certains scientifiques craignent un regain d’intérêt pour la voiture dans les prochains mois. Les automobilistes s’y sentent davantage en sécurité, contrairement aux transports en commun où il est plus difficile de conserver deux mètres de distance entre chaque usager.

Par contre, il faut penser que les enjeux environnementaux n’ont pas disparu du jour au lendemain à cause de la crise sanitaire, souligne le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé. Selon lui, il est primordial de continuer à investir dans la mobilité durable pour lutter contre cette autre crise.

Le président de la SÉMER, Michel Lagacé

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

De toute façon, il y a eu trop de temps, d’énergie et d’argent investis dans le transport en commun dans les régions, estime Mario Bastille. Cependant, jusqu’à ce que la communauté scientifique crée un vaccin, le directeur général de Transport Vas-y a peu d'espoir quant à la recrudescence de l’usage des transports en commun dans les mois à venir.

Je crois quand même que le transport en commun est là pour rester.

Mario Bastille, directeur général de Transport Vas-y

Repenser l’aménagement du territoire

La crise pourrait aussi être l'occasion de réaménager le territoire pour favoriser les options de mobilité active, telles que la marche ou le vélo. La crise sanitaire force les élus et les spécialistes à réfléchir au futur des villes.

À Rimouski, les citoyens cherchent à éviter les contacts avec les autres lors de leurs déplacements. Plusieurs optent pour le vélo et les marcheurs sillonnent les rues. Il est ainsi plus facile de respecter la distance et limiter la propagation du virus que lorsque l’on fait du covoiturage, fait remarquer le maire.

À l’heure actuelle, le maire Parent confirme qu’il fait des actions ponctuelles pour s’adapter à la crise, notamment en installant un nouveau trajet pour les cyclistes. Par contre, il laisse entendre qu’une réflexion plus profonde sous-tend cette crise sanitaire en ce qui concerne l’espace dans les villes. Et ça passe par l’urbanisme, affirme-t-il.

Marc Parent parie que les villes seront dessinées différemment à l’avenir.

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Bas-Saint-Laurent

Transport en commun