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Un essai clinique pour vérifier si l’héparine peut traiter la COVID-19

Image montrant le SRAS-CoV-2 qui se développe à la surface de cellules (bleu/rose) cultivées en laboratoire.

Cette image montre le SRAS-CoV-2 (jaune), le virus qui cause la COVID-19, qui se développe à la surface de cellules (bleu/rose) cultivées en laboratoire (archives).

Photo : NIAID-RML

Radio-Canada

C'est l'une des sombres découvertes de la pandémie : la maladie COVID-19, initialement perçue comme une virulente affection respiratoire, provoque également la formation de caillots de sang. Or, des chercheurs canadiens lancent un essai clinique à l'échelle internationale afin de vérifier si l'héparine, un médicament anticoagulant, peut améliorer les chances de survie des personnes atteintes du virus en empêchant le développement de thromboses.

L’étude, nommée ATTACC (Antithrombotic Therapy to Ameliorate Complications of COVID-19, ou thérapie antithrombotique pour améliorer les complications dues à la COVID-19), est menée par des cliniciens chercheurs de l’Université du Manitoba et du Réseau universitaire de santé de Toronto.

Nous croyons que la COVID-19 est une maladie d’infection des vaisseaux sanguins, explique le Dr Patrick Lawler, du Centre cardiaque Peter-Monk, de l’Hôpital général de Toronto et cochercheur principal de l’étude.

Cette infection incite une réaction inflammatoire, immunitaire, entraînant la formation de caillots de sang. Ces thromboses peuvent ensuite bloquer le flux sanguin aux organes vitaux, tels que les poumons, le coeur et les reins, ce qui peut mener à une insuffisance de ces organes.

Avec un peu de chance, l’héparine, un anticoagulant bien connu des médecins depuis les années 30, pourrait, en empêchant la formation de ces caillots sanguins, accélérer le rétablissement des patients, note le Dr Lawler.

Outre ses propriétés fluidifiantes, l’héparine pourrait avoir un effet direct sur le virus, empêchant ce dernier de se lier aux cellules du patient et limitant la capacité du virus à envahir ses cellules, selon lui.

Il existe aussi des données qui portent à croire que l’héparine aurait un effet anti-inflammatoire, ce qui serait bénéfique dans le cas des patients atteints du coronavirus, ajoute le chercheur de l’Hôpital général de Toronto.

Une démarche proactive

L’étude comprend un essai clinique randomisé auquel participeront jusqu’à 3000 personnes, qui sera réalisé dans 35 hôpitaux répartis entre le Canada, les États-Unis, le Mexique et le Brésil.

Certains malades corono-positifs et nécessitant l’hospitalisation recevront un traitement à l’héparine, alors que d’autres seront hospitalisés et recevront les soins habituels offerts par l’hôpital.

On pense que ce serait mieux de commencer le médicament plus tôt dans la maladie, quand le patient arrive à l’hôpital [au lieu d’attendre que des complications se développent]. Comme ça, on pourrait éviter de graves problèmes comme des infarctus du myocarde et des embolies pulmonaires, précise le Dr Lawler.

C’est une étude qui essaie de prévenir le besoin de recourir aux soins intensifs, la détérioration clinique et la mort.

Une citation de :Dr Patrick Lawler, cochercheur principal

Les cliniciens chercheurs devraient avoir des réponses à leurs questions et des résultats à publier d’ici le mois de septembre.

Des répercussions importantes

Si les résultats de l’étude démontrent que l’héparine est efficace pour empêcher la formation de thromboses, cela risque de changer la donne dans le combat contre la COVID-19. L’héparine est un agent anticoagulant qui est peu cher, bien connu et facile à se procurer.

Cet essai pourrait mener à une thérapie clinique immédiatement utilisable étant donné la disponibilité universelle de l’héparine.

Une citation de :Dr Patrick Lawler, co-hercheur principal

Certains médecins s’inquiètent, par contre, que l'héparine, fabriquée à partir d'intestins de porc, pourrait se retrouver en rupture de stock en raison de la peste porcine africaine, qui a entraîné l'abattage de centaines de milliers de porcs en Asie.

Le Dr Lawler ne s’inquiète pas pour autant. Il existe tellement de préparations différentes de l’héparine disponibles autour du monde que je pense que l’une d’entre elles pourrait être en rupture de stock, et une autre serait toujours en circulation.

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