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Le véritable prix des livraisons de colis

Un employé tient des colis dans un centre de distribution d’Amazon.

Un employé tient des colis dans un centre de distribution d’Amazon. pendant l'épidémie de coronavirus.

Photo : Getty Images / INA FASSBENDER

La pandémie de la COVID-19 incite de nombreux consommateurs à se faire livrer leurs achats. Est-il mieux d'utiliser un service de livraison à domicile ou d'aller les chercher soi-même? Chose certaine, il faut repenser les livraisons de colis pour réduire son empreinte écologique, croient des spécialistes.

Quand un produit est fait à l'étranger, en partant, ça va générer des gaz à effet de serre, lance d'entrée de jeu le conseiller stratégique en transport à la Coop de solidarité Carbone, Vincent Dussault.

Certains reçoivent plusieurs commandes par semaine. Dans ce cas, on pourra regarder du côté de l'écofiscalité. S'ils utilisent le réseau routier de manière intense, il pourrait y avoir un coût à cela, soulève de son côté le directeur général de Vivre en ville, Christian Savard.

Une boulangerie.

Un client dans une boulangerie.

Photo : Radio-Canada

Dans un monde idéal, le consommateur qui peut se déplacer en marchant ou à bicyclette pour récupérer son achat, c'est l'option la plus écologique à préconiser.

Le pire des achats, c'est de se déplacer sur une grande distance avec sa voiture pour aller chercher un petit item, précise M. Dussault.

Selon la Coop Carbone, il circule 200 millions de tonnes de marchandises annuellement au Québec. La ville de Montréal représente à elle seule 92 millions de tonnes de colis. Cela signifie environ 10 millions de trajets de camions de livraison par an.

Combler le vide

L'emballage constitue aussi une importante part des questions environnementales à se poser lors de l'achat.

Beaucoup d'efforts sont faits actuellement par les expéditeurs et les transporteurs pour diminuer les emballages, souligne le conseiller stratégique en transport à la Coop de solidarité Carbone, Vincent Dussault.

L'espace non utilisé dans une boîte représenterait en moyenne 24 %, selon une étude de DS Smith, un géant britannique du papier et de l'emballage.

Ce manque d'optimisation a un coût écologique. Il générerait annuellement 122 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles de la Belgique.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et deux vélos cargos.

La livraison sera assurée par différentes entreprises partenaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un service de livraison à vélo à Montréal

Le projet de Service de livraison urbaine à vélo a été précipité à Montréal en raison de la pandémie.

Au début avril, la métropole a misé sur trois entreprises de livraison à vélo pour soutenir les commerçants.

C'est un contexte spécial actuellement, la réponse est bonne, mais ça dépend des commerçants et de leur capacité à prendre les commandes en ligne, informe Vincent Dussault.

Ce type de service améliore également la qualité de vie d'un quartier.

Dans le plus récent bilan de la sécurité routière, les piétons représentent la seule catégorie d'usagers de la route à enregistrer une hausse des accidents.

La multiplication des camions représente un réel enjeu de sécurité routière car un piéton n'a pas beaucoup de chance contre un camion, s'inquiète M. Savard.

Éviter les livraisons express

De plus, il est préférable d'être patient et de ne pas choisir la livraison express lors des commandes.

Sinon, le transporteur doit faire la course spécialement pour vous, ne pouvant pas mutualiser son trajet.

Plus on attend, plus ça permet au système logistique de consolider les paquets et remplir les camions, indique M. Dussault.

Le type de véhicule utilisé est un critère important à analyser dans le calcul, mais aussi son taux de remplissage.

Le dernier kilomètre

Un des enjeux importants se trouve aussi sur le dernier kilomètre, lorsque les camions souvent stationnés en double prennent de l'espace et du temps dans le trafic pour amener le colis à bon port.

Une des solutions pourrait se trouver dans les robots automatisés ou les drones. Cependant, encore peu d'études ont évalué leurs impacts à ce jour.

Une femme, devant le pas de sa porte de maison, ramasse dans le petit coffre d'un robot un sac contenant la nourriture qu'elle a commandée.

La compagnie Starship Technologies, mise sur pied par deux anciens fondateurs de Skype, propose un robot sur roues pour livrer l'épicerie, les colis et la nourriture de restaurant.

Photo : Statship Technologies

À court terme, l'essor des vélos électriques permet d'électrifier et d'améliorer l'efficacité de la livraison sur le dernier kilomètre, insiste M. Dussault.

Regrouper ses achats

Regrouper ses achats pour faire une seule commande plutôt que plusieurs commandes peut également être une façon de faire sa part d'efforts. L'idéal demeure de privilégier les commerces de proximité.

Une chose qu'il va falloir gérer pour éviter les excès, ce sont les livraisons. Une habitude que les gens vont garder. Si on prend l'habitude de se faire livrer l'épicerie en continu par exemple, ça aura des impacts, résume Christian Savard.

La livraison demeure une bonne option si l'article nécessaire est à une très grande distance de notre lieu de résidence, ajoute-t-il. Si on achète des choses juste une fois par année, ou un téléviseur, l'impact va être très faible, mais en continu, là il y aura des problématiques plus importantes.

La pandémie nous force à repenser le transport des marchandises et espérons qu'il y aura des solutions intéressantes qui en ressortiront, conclut Vincent Dussault.

Surconsommation

La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) affirme qu'il y a 2 à 4 fois plus de retours lors d'achats par livraison que dans les magasins physiques.

Une professeure de l'Université de Gothenburg, en Suède, avançait un taux de retour de 25 % à 30 % comparativement à 6 % à 10 % pour les achats en magasins.

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