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COVID-19 : l’Ontario devrait tester les gens asymptomatiques, selon des épidémiologistes

Une laborantine travaille sur des échantillons

L'Ontario a augmenté sa capacité de test pour la COVID-19 en utilisant des laboratoires privés, de sorte que la province est en mesure de traiter 20 000 tests par jour. Cependant, le nombre de dépistages effectués chaque jour en Ontario est bien inférieur à ce chiffre.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Il est déjà difficile pour la province la plus populeuse du Canada d’atteindre ses objectifs en matière de tests de dépistage sur une base régulière. Des épidémiologistes en rajoutent et demandent au gouvernement de l’Ontario d’assouplir davantage ses critères afin de tester une plus grande partie de la population, à l’instar de l’Alberta notamment. 

On doit arrêter d’exiger que les gens aient des symptômes pour leur faire passer un test. On doit aller où il y a des risques. Chez les employés d’épicerie, les conducteurs de taxis, les gardiens de prison, etc., soutient l’épidémiologiste Colin Furness. 

Le professeur à l’Université de Toronto est hyper critique à l'égard de ceux qui décident de la stratégie de dépistage de l’Ontario, qu’il qualifie de têtus.

Il y a une approche orthodoxe et standard de dépistage qui dit que les tests représentent la ressource la plus rare. On ne les utilise que lorsqu’on sait qu’on aura des résultats positifs, explique le docteur Furness.

C’est l’approche régulière pour une épidémie ou une pandémie. Toutefois, la COVID-19 est différente. Le virus est répandu par des gens asymptomatiques. Les gens ne se présenteront pas à l’hôpital, ils se sentent bien, alors qu’ils sont contagieux, expose l’épidémiologiste.  

Ce dernier ajoute que le dépistage d’individus asymptomatiques est aussi pratiqué dans d’autres États ou provinces. 

Changement de stratégie de dépistage

Le docteur Raywat Deonandan partage la vision de Colin Furness. 

On devrait pouvoir tester les gens qui croient être infectés par le virus et même de manière aléatoire dans la population, soutient l’épidémiologiste associé à l’Université d’Ottawa. 

Selon lui, les tests ont d’abord eu une utilité clinique dans la crise en Ontario. Le dépistage permettait alors de bien attribuer les ressources et d’organiser le travail dans les hôpitaux. Le dépistage doit maintenant permettre de connaître l’ampleur de la pandémie à travers la province.

On doit maintenant traquer la maladie, même dans des endroits où on ne la soupçonne pas d’être présente. C’est comme ça qu’on vient à bout d’une épidémie, estime le Dr Deonandan. 

En conférence de presse

La Dre Barbara Yaffe et le Dr David Williams.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

La santé publique envisage d’assouplir les critères

Lors du point de presse quotidien de la santé publique mercredi, la médecin hygiéniste en chef adjointe de la province, Barbara Yaffe, a indiqué que la stratégie de dépistage de la province était encore en évolution.

Le Dr David Williams a aussi montré des signes d’ouverture pour un dépistage plus massif lors du même point de presse, sans toutefois préciser si des tests aléatoires seraient bientôt effectués.

On a les capacités d'augmenter le nombre de tests et on est en train de regarder comment on peut utiliser ces ressources, a commenté le médecin hygiéniste en chef de la province. 

Rappelons que la province vient d'effectuer le dépistage de tous les résidents ainsi que de tout le personnel des foyers de soins de longue durée du territoire en entier. 

La main d'une infirmière posée sur la main d'une personne âgée pour l'aider à tenir la poignée de sa marchette.

Une femme âgée dans un foyer de soins.

Photo : Reuters / Christian Hartmann

La priorité du gouvernement : les résidences pour aînés

Du côté du ministère de la Santé, on indique que la priorité pour le dépistage sera désormais les maisons de retraite de la province. Cette phase inclura des tests effectués sur les résidents qui ne présentent aucun symptôme de la maladie.  

Ensuite, le gouvernement utiliserait une partie des ressources de dépistage pour tester les individus asymptomatiques dans certains milieux sélectionnés. 

Ça pourrait inclure les résidents d’autres espaces de vie partagés, comme les refuges, les foyers de groupe et les autres groupes vulnérables ou régions qui vivent une éclosion [de cas], indique une porte-parole du ministère par courriel. 

Lors de son point de presse quotidien, la ministre de la Santé, Christine Elliott, a quant à elle rappelé que les critères avaient été modifiés récemment pour permettre à plus d’Ontariens de se faire tester.  

Pas un mot de sa part sur le dépistage des personnes asymptomatiques toutefois. 

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Un dépistage constamment en deçà des capacités de la province

Depuis plusieurs jours, l’Ontario n’atteint pas sa pleine capacité de dépistage de la COVID-19, qui se situe autour de 20 000 tests par jour. 

On va augmenter le nombre de tests comme cette province ne l’a jamais vu, dans trois ou quatre semaines, répondait Doug Ford à un journaliste mercredi. 

Le nombre de tests effectués chaque jour est sujet sensible pour le premier ministre de l’Ontario, qui a déjà affirmé par le passé qu’il en faisait une affaire personnelle.

La ministre Elliott a aussi souligné que la province avait un plan quant à l’augmentation du nombre de tests, sans donner davantage de détails.

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