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Un ambulancier de Carleton-sur-Mer sans salaire depuis bientôt deux mois

Gaston Berthelot devant un véhicule ambulancier

L'ambulancier Gaston Berthelot, atteint d'une maladie chronique, s'est retiré de ses fonctions, tel que recommandé par ses médecins dans un contexte de pandémie.

Photo : Avec l'autorisation de Gaston Berthelot

L’ambulancier Gaston Berthelot souffre d'une maladie cardiaque chronique. En raison de la COVID-19, il a quitté temporairement son emploi le 27 mars, tel que recommandé par ses médecins. Toutefois, son employeur refuse de le rémunérer.

C'est le stress total. Je n'ai aucun revenu depuis le 27 mars, lance Gaston Berthelot.

L’ambulancier de 60 ans raconte qu’au moment où la COVID-19 a commencé à se propager dans la Baie-des-Chaleurs à la fin du mois de mars, ses médecins lui ont recommandé de se retirer de ses fonctions d’ambulancier. Tout ça en raison de la maladie cardiaque dont il est atteint.

Mes médecins m'ont dit que j'étais très à risque de développer des complications si j’avais la COVID-19, vu mon âge. J'ai 60 ans, explique M. Berthelot

Son employeur, Service secours Baie-des-Chaleurs, refuse de le payer depuis.

La devanture de Service secours Baie-des-Chaleurs

L'organisme sans but lucratif Service secours Baie-des-Chaleurs assure les services préhospitaliers d'urgence entre Nouvelle et Maria.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Gaston Berthelot s’est donc tourné vers la Prestation canadienne d'urgence. Cependant, il rapporte qu’un agent lui a confirmé qu’il n’était pas admissible à cette aide d'Ottawa. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail a aussi rejeté ses demandes de réclamation. L’ambulancier n'a pas droit, non plus, à l’assurance salaire ou l’assurance-emploi.

C'est comme si j'étais tombé dans une craque quelque part, se désole l'ambulancier. Partout où je fais des demandes, je n'ai pas le droit. Ce n’est pas évident de vivre ça. C’est beaucoup de stress et ça ne m’aide pas parce que je suis cardiaque.

J’ai une maison, des paiements, l’épicerie...J’ai toutes sortes de choses à payer. Je ne peux pas tenir longtemps comme ça.

Gaston Berthelot

Le syndicat déplore la situation

La Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec juge la situation inacceptable.

Pour nous, c'est impensable qu'on ait un travailleur qui n'a pas de salaire actuellement. On est persuadé que l'employeur devrait continuer à payer son employé, explique le président Benoit Cowell.

Selon le syndicat, d'autres ambulanciers vivent des situations similaires ailleurs au Québec et continuent d'être rémunérés par leur employeur.

Façade d'une ambulance. La Fraternité des travailleurs et travailleuses préhospitalier du Québec(section 592 de la FTQ) repsente 1000 ambulanciers dans la province.

La Fraternité des travailleurs et travailleuses préhospitalier du Québec (section locale 592 de la FTQ) représente un millier d'ambulanciers dans la province.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Le vice-président de la Fraternité, André Tremblay-Roy soutient que Service secours Baie-des-Chaleurs va à contre-courant des positions ministérielles.

Le premier ministre Legault et la ministre McCann n’ont cessé de répéter de faire preuve d’indulgence envers les anges gardiens du système, mais on n’a pas jugé bon du côté de l’employeur de rémunérer M. Berthelot durant ce retrait, dit-il.

Le syndicat déplore également que Service secours Baie-des-Chaleurs refuse de rémunérer un de ses employés, alors que l'organisme sans but lucratif verse annuellement des centaines de milliers de dollars pour soutenir différentes causes.

Service secours refuse de commenter

Le directeur général de Service secours Baie-des-Chaleurs, Gilles Lapointe, a refusé de répondre aux questions de Radio-Canada. Il nous réfère plutôt à la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ), qui s’est penché sur le dossier.

Le directeur général de la CSAQ, Jocelyn Beaulieu, précise que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande le retrait des travailleurs ayant des maladies cardiaques chroniques seulement si leurs troubles sont jugés « non contrôlés ». M. Beaulieu considère que Gaston Berthelot ne fait pas partie de cette catégorie, selon les informations transmises par son employeur.

Une personne qui présente une maladie chronique contrôlée, même dans le réseau de la santé, n'est pas indemnisée directement, c'est de l'étude cas par cas.

Jocelyn Beaulieu, directeur général de la CSAQ

Selon l’analyse qu’on a faite, on n’a pas été capable de confirmer à Service secours Baie-des-Chaleurs que cette personne-là serait payée, dans le réseau de la santé, parce qu’elle était apte à travailler en fonction d’une maladie contrôlée. Oui, elle a un billet du médecin, mais je n’étais pas capable de garantir à l’employeur qu’il serait éventuellement remboursé pour le salaire de son employé par le ministère de la Santé, parce que ce n’est pas une situation automatique inscrite dans un décret ministériel, conclut M. Beaulieu.

La Fraternité des travailleurs et travailleurs du préhospitalier du Québec s’explique mal que l’employeur soit en mesure de juger le niveau de contrôle d’une maladie chronique et demande à Service secours Baie-des-Chaleurs de se fier à l’avis des médecins.

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