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Les États-Unis en processus de déconfinement

Un couple souriant prend des boissons sur une terrasse.

Le comté de Broward, en Floride, a commencé à rouvrir le 18 mai.

Photo : Associated Press / Wilfredo Lee

Les États américains qui n'avaient pas encore assoupli les mesures de confinement mises en place pour contrer la propagation du coronavirus ont à leur tour commencé à lever leurs restrictions mercredi. Mais la réouverture de l'économie se fait à des degrés divers.

Deux mois après le confinement imposé aux États-Unis, c'est donc l'ensemble des 50 États qui ont amorcé leur déconfinement. Sous le coup d'un confinement à domicile jusqu'au 8 juin, la capitale fédérale fait cependant exception.

Les règles divergent largement d'un État à l'autre.

Par exemple, l'Illinois ne permet aux commerces que la récupération des achats à l'auto, tandis qu'en Alaska, les restaurants, bars et centres sportifs, qui étaient partiellement ouverts, se préparent à fonctionner à plein régime.

Tout sera ouvert comme avant le virus, a indiqué le gouverneur de cet État, le républicain Mike Dunleavy.

Les États des côtes est et ouest, tout comme les États du Midwest gouvernés par des démocrates, ont adopté une approche plus prudente, certains gouverneurs optant pour des stratégies distinctes selon les comtés. Plusieurs États du sud du pays ont rouvert leur économie plus tôt et opté pour un déconfinement moins graduel.

Certains États ont décidé de relancer leurs activités économiques même s'ils ne satisfont pas aux critères recommandés par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis.

Le nombre de nouveaux cas signalés est par exemple en augmentation au Minnesota et au Texas, où les entreprises fonctionnent à 25 % de leur capacité depuis le début du mois.

Des recommandations qui ont tardé

Les recommandations des CDC, qui se faisaient attendre, ont été publiées en douce le week-end dernier, bien après que les premiers États eurent décidé d'amorcer leur déconfinement.

Le document de 60 pages suggère des instructions spécifiques selon le secteur d'activité, par exemple l'enseignement, la restauration et le transport public.

Il y a environ deux semaines, l'Associated Press signalait que la Maison-Blanche avait décidé de mettre sur la glace le guide ébauché par les CDC, les renvoyant à la planche à dessin, car elle le trouvait trop détaillé.

Selon le New York Times, le guide reprend les grandes lignes de l'ébauche qui avait été mise sur les tablettes, avec certaines modifications. La section consacrée aux communautés de foi a ainsi disparu, et certaines recommandations ont été édulcorées, illustre le quotidien new-yorkais. Les mots si possible ont en outre été ajoutés à plusieurs reprises.

On demande aussi dorénavant aux écoles de promouvoir plutôt que d'assurer la distanciation sociale.

Des experts, dont l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, avaient lancé une mise en garde contre une levée trop rapide des restrictions en raison du risque d'une nouvelle flambée de contagion.

Cela fait déjà plusieurs semaines que le président Donald Trump presse les États de faire redémarrer l'économie américaine.

En avril, le taux de chômage a grimpé à 14,7 % – les pires données depuis la crise économique des années 1930.

Avec près de 1,6 million de cas officiellement déclarés et plus de 94 000 morts recensés, le pays est de loin le plus touché par la pandémie.

Les CDC relégués à un rôle de soutien

Robert Redfield parle aux médias dans la salle de presse de la Maison-Blanche.

L'avenir du Dr Robert Redfield au sein des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis serait incertain, selon CNN.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Des responsables des CDC interviewés par CNN et ayant requis l'anonymat affirment que les efforts de leur agence pour mettre en place une réponse coordonnée à la pandémie ont été paralysés par la Maison-Blanche, dont les décisions, disent-ils, sont motivées par la politique plutôt que par la science.

Résultat : la principale agence fédérale américaine en matière de santé publique, qui, historiquement, était au cœur de la gestion des maladies infectieuses, a été cantonnée à un rôle de soutien.

Nous avons été muselés, a déploré l'un des responsables des CDC au réseau.

CNN avance en outre que la tête du directeur de l'agence, le Dr Robert Redfield, qui semble avoir été mis sur la touche par le président Trump depuis plusieurs semaines, est sur le billot.

La Maison-Blanche blâme les CDC pour les délais initiaux dans l'administration des tests de dépistage du coronavirus.

À la fin du mois de février, la Dre Nancy Messonnier, une des hautes responsables des CDC, avait demandé aux Américains de se préparer à la perspective d'une propagation de grande ampleur, la considérant comme presque inévitable.

Ses avertissements offraient un contraste saisissant avec le ton rassurant employé jusque-là par les autorités américaines. Le président Trump banalisait alors les risques posés par le coronavirus, assurant qu'il était très bien contrôlé aux États-Unis et qu'il allait disparaître sous peu.

Trump hostile au vote par la poste

Le président Trump s'est par ailleurs tourné vers Twitter en matinée pour menacer le Michigan et le Nevada de retenir des fonds fédéraux s'ils allaient de l'avant avec le vote par la poste, les accusant de prendre le chemin de la fraude électorale.

Désolé, mais vous ne devez pas tricher aux élections, a-t-il écrit, sans préciser à quels fonds précis il faisait référence.

Pour réduire les risques de propagation du coronavirus, le Michigan a envoyé aux électeurs des formulaires de demande pour le vote postal en vue des primaires du mois d'août et des élections de novembre, et non pas des bulletins de vote, comme l'a affirmé le président. Donald Trump avait remporté le Michigan, pourtant un bastion démocrate, avec une très mince pluralité des voix en 2016.

Le Nevada entend pour sa part tenir un vote postal, mais pour sa primaire de juin.

Lors d'un échange à la Maison-Blanche avec les journalistes, plus tard dans la journée, le président a décrit le vote postal comme une chose très dangereuse.

Je ne pense pas que ce sera nécessaire de retenir le financement, a-t-il soutenu, ajoutant qu'on le découvrirait très bientôt.

Avec les informations de New York Times

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