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Participer à un essai clinique n'équivaut pas forcément à servir de cobaye

Chris Brochu est assis dans une chaise d'hôpital. Une intraveineuse est installée dans son bras.

Chris Brochu a passé 16 mois à Edmonton pour une étude clinique pour soigner son cancer.

Photo : Grâcieuseté de Chris Brochu

La course à la recherche d’un vaccin et d’un traitement efficace contre la COVID-19 a mis la lumière sur les études cliniques sur les humains. Étape obligatoire de toute innovation scientifique, ces essais font aussi l’objet de nombreuses idées reçues sur leur caractère expérimental. En cette Journée internationale de la recherche clinique, un participant et un médecin racontent ce qu'ils vivent.

Chris Brochu a pris part à un essai clinique sur un traitement d’immunothérapie en 2015. Atteint d’un cancer de la peau de stade 4, le jeune homme avait peu de chances de survie.

Je n’avais pas d’autre choix. L’autre option, c’était mourir. [L’étude clinique] m’a donné l’espoir nécessaire pour me battre, raconte le Britanno-Colombien.

Il n’en avait pas moins des dizaines d’interrogations :À ce moment-là, je ne savais même pas ce qu’était un essai clinique. C’était tout neuf, expérimental. Est-ce que ça allait fonctionner? Est-ce que j’allais avoir des effets secondaires? [...] C’était un gros risque.

Selon l’oncologue de l’Institut Cross Cancer d’Edmonton, John Walker, le sentiment d’être un cobaye, un rat de laboratoire, est une des perceptions erronées qu’il entend le plus souvent au sujet des études cliniques qu’il mène.

Aller au-delà de l'excellence

Loin d’être une expérimentation à la Frankenstein, l’étape de l’essai clinique sur des humains est le point final d’années, voire de décennies, de recherche en laboratoire et sur des animaux, souligne le Dr Walker.

En 2020, personne ne met en place un essai clinique s’il n’y a pas le potentiel d’une amélioration pour le patient.

Dr John Walker
Photo du médecin souriant.

Le Dr John Walker est cancérologue à Edmonton.

Photo : Alberta cancer foundation / Aaron Pedersen

Les essais cliniques se déroulent souvent en trois ou quatre phases, chacune se nourrissant des informations de la précédente. Selon le spécialiste, la première phase s'adresse souvent à des patients atteints de cancer qui ne répondent à aucun autre traitement.

L’oncologue explique qu’il commence toujours en disant à ses patients cette phrase rassurante : Au minimum, vous allez recevoir l’étalon d’or du traitement. Dans cette étude clinique, nous allons tester ensemble l’étalon d’or Plus.

Des sacrifices

C’est ce plus qui a poussé Chris Brochu à participer à l’essai clinique du Dr Walker en 2015. À l’hôpital, il n’y avait rien d’autre pour moi. Alors ma participation a été un oui à 100 %, se remémore-t-il.

Ce oui a aussi demandé des sacrifices. Le jeune homme s'est installé pendant 16 mois à Edmonton pour suivre son traitement. Ses parents ont loué une maison et l’ont accompagné pour le soutenir quotidiennement.

Recruter des participants n’est cependant pas difficile dans le milieu de l’oncologie, selon le Dr Walker. Gérer l’espoir des patients est beaucoup plus difficile. On doit pouvoir présenter les deux résultats aux patients : celui qu'on espère et qui les motive, et celui qui est plus réaliste et qu'on essaie d’éviter. Mais, en même temps, il ne faut pas éteindre l’espoir parce que c’est un élément essentiel de l’esprit humain, explique le Dr Walker.

Débarrassé de son cancer depuis cinq ans, Chris Brochu n’a qu’une vision positive des essais cliniques. Pour ceux qui hésitent, il a ce message : Vous pavez la voie à d’autres et contribuez à sauver leurs vies.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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