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« Oui, je le veux... vraiment » : s'unir pour la vie en temps de pandémie

Danièle Lavoie et Robert Langlois partagent leur vie depuis plus 20 ans cette année.

Photo : Courtoisie/René Légaré

La pandémie ne fait pas de quartier. Les uns après les autres, les couples reportent leur mariage, quand ils ne l'annulent pas purement et simplement. La COVID-19 n’a pas tué l’amour... mais elle laisse à l’agonie toute l’industrie qui gravite autour du « oui, je le veux ».

Ces quatre mots, certains jurent toujours de se les dire cet été, envers et contre tout.

C’est le cas de Danièle Lavoie et de Robert Langlois, un couple de Lévis amoureux depuis 20 ans.

Pour eux, hors de question de reporter leur union.

Ç'a été une décision difficile. On a cogité, on a pleuré, on a attendu… se souvient Danièle.

Un couple assis sur un banc, devant une façade de bois.

Danièle Lavoie et Robert Langlois ont toujours pensé se marier dans l'intimité. Après avoir prévu une grande réception de mariage, ils retournent en quelque sorte à leur souhait d'origine.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

La date était trop significative pour que le couple la sacrifie. Imaginez : 20 ans d’union qui culmine dans un mariage célébré le 20 juin 2020.

Leur plan a donc changé.

On avait eu un énorme coup de coeur pour une salle immense : on a planifié un mariage avec une centaine d’invités, explique Danièle. On a dû annuler cette grande réception.

Un vent glacial sur l’industrie

La salle coup de coeur, c’est l’Espace Saint-Grégoire, une majestueuse église désacralisée dans Montmorency, située tout près du pont de l’Île-d’Orléans.

Ici, la pandémie a jeté un vent glacial sur les affaires, comme le souligne Cynthia Hovington, la gestionnaire des lieux.

Comme il est interdit de tenir des rassemblements, toute notre saison est sur la glace et l'insécurité plane.

Cynthia Hovington, gestionnaire de l’Espace Saint-Grégoire

L’Espace Saint-Grégoire devait accueillir une quinzaine de mariages cet été, tous reportés ou annulés. Sans compter les rassemblements, fêtes et soirées caritatives, qui sont aussi tombés à l’eau.

Une femme debout devant une église vide.

Cynthia Hovington avait un été rempli à l'Espace Saint-Grégoire. Avec l'arrivée de la COVID-19, presque toutes les soirées ont été annulées ou reportées à l'année suivante.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

On est déçus, parce que nous avions le vent dans les voiles. On était une entreprise en pleine expansion… Nous concentrons nos efforts sur le positif et sur les plans d’expansion que nous avions dans nos cartons, précise Cynthia Hovington.

Sur le plan financier… c’est sûr que c’est majeur. Les dépenses continuent, mais les revenus ne sont plus là.

Cynthia Hovington, gestionnaire de l’Espace Saint-Grégoire

Oui, je repousse à 2021

  • Le diocèse de Québec célèbre 600 mariages pendant l’été en temps normal.
  • D’ici à juillet, seulement 25 couples vont se marier dans ses églises.
  • 125 couples ont choisi de reporter leur cérémonie jusqu’à maintenant.

Union à domicile

Maintenant, la célébration aura lieu dans le jardin, avec on ne sait pas encore combien d’invités, raconte Danièle. Tout dépendra des consignes du gouvernement.

Robert, lui, s’occupe de bâtir la chapelle qui accueillera le premier baiser des nouveaux mariés.

Une diffusion sur Facebook Live permettra aux invités de vivre la cérémonie à distance.

Un couple assis sur un banc, sous une charpente de chapelle en construction.

Robert construit une petite chapelle dans la cour arrière de la maison. C'est ici que les deux amoureux s'échangeront les alliances.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Après la prononciation des voeux, le couple songe à inviter la famille et les amis à venir les voir en auto sur le bord de la rue, une sorte de service au volant pour remettre leurs compliments aux nouveaux mariés.

Ce qui va être intéressant, c'est d'avoir contourné ce COVID-là pour arriver à célébrer ce moment-là. C'est ça qui va faire sa rareté et son exclusivité, dit le fiancé, philosophe.

Temps dur pour les traiteurs

Un service au volant, Alexandre Lépine doit en rêver par les temps qui courent : cela lui permettrait d’attirer une clientèle vers ses plats.

Le directeur général du groupe Je reçois, un important service de traiteur de Québec, a lui aussi senti le vent glacial évoqué par Cynthia Hovington.

Les deux premières semaines de la pandémie, l'équipe de vente était entière et tout ce qu'elle faisait, c'était des annulations, se souvient-il.

Parmi celles-ci, on trouve une cinquantaine de mariages.

En attente

  • Elisabeth Boudreau, fondatrice d’Elisabeth B., devait organiser une vingtaine de mariages cet été à Québec.
  • De ce nombre, deux couples maintiennent l’événement. Autant ont annulé : les autres ont déjà reporté ou attendent de voir comment la situation évoluera avant de se prononcer.
Jeune homme avec un chandail bleu debout dans une cuisine.

Alexandre Lépine est directeur général du groupe Je reçois. Sa famille travaille dans la restauration depuis plusieurs décennies.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

C'est plusieurs centaines de milliers de dollars de revenus perdus, juste pour les mariages. Ça représente un demi-million de pertes par mois en ce moment pour nous. Nous roulons à 5 % de notre capacité.

Alexandre Lépine, directeur général du groupe Je reçois

Dans les cuisines où s’agitent normalement 40 travailleurs à temps complet, deux suffisent maintenant à la tâche. Ils préparent des boîtes à lunch et des repas pour des événements intimistes.

Nous avons dû mettre à pied temporairement 140 personnes, déplore Alexandre Lépine.

Un vide qui dit tout sur l’ampleur de la crise actuelle : dans l’agenda d’Alexandre et de son équipe, aucun événement rassemblant plus de 10 personnes ne figure d’ici septembre prochain.

La COVID n’a pas tué l’amour!

Danièle et Robert, eux, sont presque résignés : ils cuisineront sans doute eux-mêmes le repas offert à leur poignée de convives.

Se marier dans cette période de turbulences n’est pas de tout repos. La robe de Danièle, par exemple, est à une heure de chez elle, à Beauceville… dans une boutique située dans un petit centre commercial, donc inaccessible jusqu’à nouvel ordre.

Le coeur bat très, très, très vite! admet Danièle quand elle songe à sa robe, à la fois si près et si loin.

Une église avec une table dressée au centre.

C'est à l'Espace Saint-Grégoire, une église désacralisée depuis 2011, convertie en salle de réception, que Danièle et Robert projetaient de se marier.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

On embarque là-dedans à pieds joints et advienne que pourra! Nous, cet été, on se marie, peu importe, déclare, toujours souriante, la fiancée. La COVID n’a quand même pas tué l’amour!

La pandémie sera un événement marquant pour tout le monde, sans exception. Le fait que nous allons nous marier dans ce contexte-là, ça rendra notre mariage encore plus mémorable.

Robert Langlois

Le couple se dit que le party pourra toujours être remis à plus tard.

L’amour qui brûle entre eux depuis 20 ans, par contre, n’attendra pas une année de plus...

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