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Voyageurs de retour au Canada : la police a effectué 2200 contrôles de quarantaine

Des policiers marchent devant une maison.

Les agents de police du pays ont procédé à près de 2200 vérifications à domicile pour s'assurer du respect des règles de quarantaine en vigueur pour les voyageurs qui reviennent de l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Radio-Canada

La police a procédé à 2198 « vérifications à domicile » depuis le début de la pandémie pour s’assurer que les voyageurs en provenance de l’extérieur se soumettent à la période de quarantaine obligatoire alors que plus d’un million d’entre eux sont rentrés au pays ce printemps.

Selon des informations obtenues par notre collègue Catharine Tunney de CBC News, en date du 13 mai, l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) avait transmis 2198 demandes de vérification physique à la Gendarmerie royale du Canada pour s’assurer que certaines personnes respectaient bel et bien la période de confinement de 14 jours imposée à tous les voyageurs en provenance de l’étranger.

Plusieurs de ces visites ont été confiées à des corps policiers locaux ou provinciaux.

Lorsqu’elle a des doutes sur le respect de la quarantaine ou la crédibilité du plan de confinement présenté à ses douaniers, l’Agence des services frontaliers prévient la santé publique, qui procède à des vérifications. Dans les cas où les doutes persistent, la santé publique le signale à la GRC pour vérification.

L'ASPC affirme qu’aucune de ces visites ne s’est traduite par des arrestations en vertu de la loi sur la quarantaine. Seule une personne de Richmond, en Colombie-Britannique, s’est vu imposer une amende de 1000 $.

Le non-respect de la loi sur la quarantaine peut entraîner une amende allant jusqu’à 750 000 $ et/ou une peine d’emprisonnement de six mois s’il est établi par les autorités qu’une personne a mis en danger la vie des autres en enfreignant volontairement ou par imprudence la loi. Pour les cas encore plus graves, les sanctions prévues peuvent atteindre un million de dollars et/ou trois ans de prison.

Rappelons que, depuis le 25 mars, tous les Canadiens qui rentrent au pays sont tenus par la loi de s'isoler pendant 14 jours, qu'ils présentent ou non des symptômes de la COVID-19.

Ottawa avait ensuite élargi la mesure de sorte que toute personne revenant de l'étranger se trouvant dans l’impossibilité de présenter un plan d'auto-isolement crédible serait désormais obligée de rester dans une installation de quarantaine désignée par le gouvernement.

Un éventuelle réouverture de la frontière inquiète

Plan rapproché de la frontière canadienne.

La frontière canado-américaine est fermée à tous les voyages jugés non essentiels jusqu'au 21 juin.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Dans la mesure où près de 1,6 million de personnes sont actuellement infectées par la COVID-19 aux États-Unis, la perspective d’une réouverture prochaine de la frontière américaine préoccupe les autorités sanitaires canadiennes, qui redoutent de perdre le contrôle de la situation si les Américains et les Canadiens recommencent trop vite à circuler librement entre les deux pays.

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que, d’un commun accord avec Washington, la frontière canado-américaine demeurera fermée à tous les voyages jugés non essentiels au moins jusqu’au 21 juin prochain.

C'est la deuxième fois que cette mesure est prolongée de 30 jours depuis le début de la pandémie de coronavirus. Mise en place le 21 mars, elle avait été prolongée il y a un mois jusqu'au 21 mai.

Mais, dans la mesure où la frontière ne pourra être fermée indéfiniment, Justin Trudeau a laissé entendre que le Canada pourrait adopter des mesures plus strictes pour ralentir la propagation du virus sur son territoire lorsque la frontière sera rouverte aux voyages non essentiels.

Nous savons que nous devons faire plus pour nous assurer que les voyageurs qui reviennent de l'étranger ou des États-Unis soient correctement suivis, soient correctement isolés et ne deviennent pas de nouveaux vecteurs de propagation du COVID-19.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Pierre angulaire

Un homme masqué et ganté attend sur un banc près d'une valise.

Un voyageur consulte son téléphone vendredi à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Pour l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, la quarantaine obligatoire de 14 jours pour les personnes qui entrent au pays est la pierre angulaire de la politique fédérale en matière de pandémie.

Mais il est certain qu'une fois que nous serons arrivés à un point où les voyages non essentiels reprendront dans les prochains mois, je suppose que nous devrons mettre en place des mesures plus fortes et que nous les examinerons de près, a déclaré Mme Tam.

Depuis la mise en place des mesures de quarantaine obligatoire, les voyages au Canada ont considérablement diminué, mais des dizaines de milliers de personnes franchissent encore la frontière par voies terrestre et aérienne chaque semaine pour le transport de marchandises et autres besoins essentiels notamment.

Peu d'entrées au Canada

Au cours de la semaine du 11 au 17 mai, plus de 127 000 personnes ont franchi les frontières terrestres, pour la plupart des camionneurs, selon l'ASFC. C'est une baisse de 88 % par rapport à la même période de l'année dernière.

Dans les aéroports, 14 536 personnes sont arrivées de l’étranger la semaine dernière, selon l'ASFC, soit une baisse de 98 % par rapport à la même période l’an dernier.

L'opposition réclame un plan crédible

Dans les rangs de l’opposition, le député conservateur Pierre Paul-Hus, porte-parole pour la sécurité publique et la sécurité des frontières, a déclaré que le gouvernement Trudeau a la responsabilité d’expliquer aux Canadiens comment il compte procéder pour les protéger.

C'est l'incapacité du gouvernement Trudeau à fermer nos frontières qui a permis au virus de se propager en premier lieu. Il incombe au gouvernement Trudeau d'expliquer comment il compte s'assurer que les voyageurs qui rentrent au Canada ne propagent pas le COVID-19, estime-t-il.

Le porte-parole du NPD en matière de sécurité publique, Jack Harris, a déclaré pour sa part que les responsables de la santé publique doivent être impliqués dans la solution que prépare le gouvernement Trudeau.

Nous sommes préoccupés par le manque de cohérence dans l'application des règles de quarantaine à la frontière, a-t-il déclaré.

À mesure que la pression augmente pour ouvrir la frontière avec les Américains, les gens vont être de moins en moins à l'aise, à moins que de meilleures mesures soient mises en place pour assurer la sécurité de nos communautés.

Avec les informations de Catharine Tunney de CBC

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