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Réaffectations dans la santé : le SCFP songe à contester l'arrêté ministériel

Le ras-le-bol est tel que des employés envisagent de démissionner en bloc pour « envoyer un message ».

Du personnel hospitalier s'affaire dans tous les sens sous une grande tente installée pour accueillir des patients atteints de la COVID-19.

Le personnel hospitalier est à bout de souffle, clament les syndicats.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Un grand syndicat de préposés aux bénéficiaires examine la possibilité de contester devant les tribunaux l'application « mur à mur » de l'arrêté ministériel qui permet de reporter les vacances et de réaffecter du personnel dans la santé, même lorsqu'il n'y a pas de cas de coronavirus dans les CHSLD d'un territoire donné.

En entrevue mercredi, Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, a indiqué qu'il y songeait sérieusement.

On est en train de regarder ça, s'il y a moyen d'attaquer juridiquement l'arrêté ministériel. On a ramassé des faits. On pense qu'il y a abus de droit dans l'application, lorsque c'est appliqué sans discernement par des PDG de CISSS et de CIUSSS, a-t-il affirmé.

Cet arrêté ministériel fait que des vacances sont reportées, des congés sont refusés, des changements d'horaire sont annoncés par messages textes, des travailleurs sont déplacés ou doivent travailler durant 12 heures dans une journée, par exemple.

De plus, à plus court terme, le SCFP examine aussi la possibilité de s'adresser au Tribunal administratif du travail et à des arbitres, dans le but d'obtenir des ordonnances contre certains CISSS et CIUSSS.

M. Ranger dit comprendre la situation de la pandémie et du manque de personnel, mais juge que ça va trop loin quand l'arrêté ministériel est appliqué même en l'absence de cas dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Il cite le cas du CISSS de la Montérégie-Ouest, qui applique cet arrêté ministériel même s'il n'y a pas de cas de COVID-19 dans les CHSLD sur son territoire.

Joint au téléphone, ce CISSS a confirmé qu'il appliquait l'arrêté ministériel même s'il n'y a pas de cas de coronavirus dans les CHSLD sur son territoire. Mais il explique qu'il doit voir l'organisation des soins de santé sur son territoire dans une optique plus large, ce qui inclut les résidences privées pour personnes âgées.

On est en soutien aux résidences pour aînés de notre territoire, a-t-on expliqué.

Démissions envisagées

M. Ranger relate que le ras-le-bol est tel que des préposés aux bénéficiaires envisagent des démissions en bloc. Oui, il y en a qui parlent de démissions ou qui disent : "moi, je vais les prendre quand même, mes vacances".

Ils sont en train inutilement d’écœurer tout le monde. Le monde est épuisé, écœuré. On oblige les gens à rentrer de nuit alors qu'ils sont de jour. C'est une gestion tout croche.

Marc Ranger, directeur québécois du SCFP

La coupe est pleine, résume M. Ranger.

Le SCFP, affilié à la FTQ, représente 25 000 membres dans la santé et les services sociaux, dont 7000 préposés aux bénéficiaires dans le secteur public.

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