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L'achalandage a chuté d'au moins 95 % dans les aéroports en Atlantique

 Un pilote à bord d'un Airbus A320-200 d'Air Canada

L’aéroport d'Halifax a accueilli 340 000 passagers de moins en avril, comparativement à l'an dernier.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

L'achalandage a diminué d’au moins 95 % dans tous les aéroports les plus importants en Atlantique le mois dernier.

En avril, à l’aéroport international Stanfield d’Halifax, le plus important aéroport des quatre provinces de l’Atlantique, le nombre de passagers a connu une baisse de 97 % comparativement à l’année dernière.

L’aéroport a accueilli presque 350 000 passagers en avril 2019. Mais cette année, alors que la pandémie réduit massivement les activités des compagnies aériennes, moins de 9500 voyageurs ont traversé les portes de l’aérogare.

Le total de vols commerciaux a aussi chuté à l’aéroport d’Halifax. Plus de 4500 avions ont décollé ou atterri à Halifax en avril 2019. Mais il y a eu seulement 554 vols le mois dernier, une réduction d’environ 88 %.

À Terre-Neuve, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick, les aéroports ont vu une même diminution sans précédent du trafic aérien.

Le mois dernier, à l’aéroport de Saint-Jean (T.-N.-L.), environ 110 000 passagers de moins ont pris l’avion, comparativement à la même période en 2019. L’aéroport de Saint-Jean accueille actuellement environ 10 vols commerciaux par jour. L’an dernier, environ 80 vols arrivaient ou partaient chaque jour.

Les aéroports de Moncton et de Charlottetown enregistrent des réductions semblables.

L'aéroport a l’air d’une ville fantôme, c’est tout à fait déprimant, explique le président-directeur général de l’administration aéroportuaire de Saint-Jean, Peter Avery.

Un homme barbu.

Peter Avery, président-directeur général de l’administration aéroportuaire de Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Son homologue, Bernard LeBlanc, président-directeur général de la direction de l'Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton, indique que les mois de mars et d’avril, normalement, sont deux de nos plus gros mois de l'année. On a normalement environ 70 000 passagers le mois d'avril. Cette année on a eu 1500.

On ne sait pas si les choses vont récupérer dans 6 mois, 12 mois ou 24 mois, ajoute Bernard LeBlanc. Le gros problème c'est que quand on regarde, on prend beaucoup de nos coûts qui sont contrôlables.

Des revenus en chute libre, des coûts fixes

Peter Avery explique qu’avant la pandémie, l’aéroport international de Saint-Jean projetait des revenus de 46 millions de dollars pour l’année 2020-2021.

L’administration aéroportuaire prévoit actuellement gagner environ 30 millions de dollars de moins que prévu, une situation troublante pour une société privée sans but lucratif dont 90 % des coûts de fonctionnement sont fixes.

M. Avery indique que si la situation se prolonge, l’aéroport de Saint-Jean devra emprunter pour payer ses employés. Plusieurs projets d’immobilisations, dont l’expansion de l’aire d'arrivée, un projet que la société voulait compléter d’ici 2024, sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Bernard LeBlanc note que l'aéroport de Moncton prévoyait il y a quelques mois des revenus totalisant 20 millions de dollars en 2020-2021. Ces revenus ont été revus à la baisse, on ne projette plus que 8,5 millions en revenus annuels à l’heure actuelle.

Un homme souriant parlant au micro vêtu d'un veston et cravate.

Bernard LeBlanc, président-directeur général de la direction de l'Aéroport international du Grand Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Comme à Saint-Jean, ce n’est pas suffisant pour couvrir les coûts opérationnels, mais l’aéroport de Moncton ne devra pas emprunter pour couvrir ses dépenses.

On a été chanceux parce qu'on avait planifié beaucoup de projets d'infrastructures pour cette année, donc on avait beaucoup d'argent dans notre compte déjà. Ce qu’on fait cette année, au lieu de supporter les projets capitaux avec l'argent, on supporte les opérations, ce qui nous permet d’aller jusqu'à la fin de l'année sans être obligés d'emprunter, affirme Bernard LeBlanc.

M. LeBlanc indique pourtant que certaines améliorations à l’aérogare et au stationnement seront repoussées. Certains aspects d’un projet de près de 17 millions de dollars visant à attirer plus de vols de fret vers des destinations internationales et à capturer les produits de dégivrage utilisés pendant l’hiver seront également retardés.

Les volumes de fret sont plus stables

Malgré la pandémie, les vols transportant uniquement du fret n’ont pas été perturbés comme les vols commerciaux, selon les données de plusieurs aéroports.

Certains grands transporteurs, comme Cargojet, le plus grand transporteur cargo au Canada, observent depuis le début de la pandémie une augmentation du volume de fret qu’ils transportent. Mais cette augmentation n’a pas nécessairement mené à une augmentation du nombre de vols effectués.

À Halifax, la quantité de vols de fret est demeurée stable en mars et en avril dernier, comparativement aux années précédentes. Même situation à Moncton, qui enregistre une diminution d’environ 15 % depuis le début de la pandémie, selon Bernard LeBlanc.

Quand on regarde nos revenus et ce qu’on aura cette année, beaucoup de nos revenus sont du côté cargo parce que les vols de passagers prennent plus de temps à revenir, indique-t-il.

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