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L'Inde et le Bangladesh frappés par un puissant cyclone en pleine pandémie

Malgré le confinement, 3 millions de personnes ont été évacuées dans les deux pays en prévision d'Amphan, le cyclone le plus puissant à naître dans le golfe du Bengale depuis 1999.

Une Indienne masquée tenant un garçon dans ses bras tente de lui protéger la tête d'une forte pluie avec ses mains.

À Kolkata, une femme tente de protéger de la pluie un garçon qu'elle tient dans ses bras.

Photo : Reuters / RUPAK DE CHOWDHURI

Agence France-Presse

Le cyclone Amphan, le plus puissant depuis le début du siècle dans le golfe du Bengale, a touché terre mercredi en fin d'après-midi dans l'est de l'Inde avec des vents jusqu'à 190 km/h, ont annoncé les services météorologiques indiens.

La cyclone a touché terre. L'oeil se trouve au-dessus de l'île de Sagar, située dans l'estuaire du fleuve Hoogly, à une centaine de kilomètres au sud de Calcutta, a déclaré Sanjib Banerjee, directeur du centre météorologique régional.

Des pluies torrentielles et des vents violents déferlent sur Calcutta, déracinant des arbres, provoquant des inondations et perturbant les télécommunications.

De larges parties de la capitale du Bengale-Occidental sont plongées dans le noir, l'électricité ayant été coupée préventivement par les fournisseurs pour éviter les accidents.

Les gens hurlent lorsque les rafales traversent la ville en secouant les portes et fenêtres, a décrit à l'AFP Sriparna Bose, une professeur d'université de 60 ans. Je n'ai jamais vu de ma vie une telle situation.

Les météorologues redoutent une potentielle onde de tempête (raz-de-marée) qui pourrait aller jusqu'à cinq mètres de haut.

Le Bangladesh a mis à l'abri 2,4 millions de personnes habitant dans des zones côtières de basse élévation. Dans l'est de l'Inde, plus de 650 000 personnes ont été évacuées dans l'État du Bengale-Occidental et dans la région voisine d'Odisha.

Délaissant leur foyer, leurs biens et parfois leur bétail, les évacués s'entassent par centaines dans des abris, inquiets tout autant du cyclone que des risques d'être contaminés par le nouveau coronavirus dans ces espaces clos. Des confinements nationaux sont actuellement en place en Inde et au Bangladesh depuis fin mars.

La pièce est bondée et maintenir la distanciation physique est impossible ici. Tout dépend de Dieu maintenant. Seul Dieu peut nous sauver.

Rumki Khatun, une Bangladaise de 25 ans réfugiée avec son fils de cinq mois dans une école de Dacope

Malgré les recommandations officielles de mettre un masque dans les abris anticyclone, de nombreux déplacés n'en portent pas en se parlant, a constaté une équipe de l'AFP sur place.

Apparu ce week-end en mer, Amphan avait atteint lundi la catégorie 4 sur 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, avec des vents entre 200 et 240 km/h. C'est le cyclone le plus puissant à naître dans le golfe du Bengale depuis 1999. Cette année-là, un cyclone avait tué 10 000 personnes dans l'Odisha.

Malgré la perte de puissance du cyclone ces dernières heures à mesure qu'il approche des côtes, les autorités indiennes et bangladaises s'attendent à d'immenses dégâts matériels.

Avant même d'atteindre les côtes, le cyclone a déjà fait un premier mort au Bangladesh. Un bénévole du Croissant-Rouge local s'est noyé lorsque des rafales de vent ont renversé son bateau sur une rivière pendant l'évacuation de villageois dans la ville côtière de Kalapara.

Il transportait un mégaphone lourd et portait des bottes et un pare-vent. Donc il n'a pas pu nager. Il a coulé à cause du poids de son équipement, a déclaré à l'AFP Nurul Islam Khan, un responsable de l'organisation humanitaire.

Au moins 50 personnes sont venues se réfugier dans ma maison construite en béton. Elles sont arrivées hier soir. Nous leur avons donné de la nourriture. Il y a une atmosphère de panique. Les femmes sont très inquiètes. Elles prient Dieu qu'il épargne les villageois.

Abdur Rahim, éleveur de crevettes du village bangladais de Kalinchi

Dans la station balnéaire indienne de Digha, de hautes vagues balayaient le rivage avant l'arrivée du cyclone. Il y a un fort vent et il pleut. De nombreux arbres et poteaux électriques ont été arrachés, a relaté à l'AFP Partha Tripathi, un propriétaire d'hôtel local joint par téléphone.

Deux hommes, vus de loin, sont penchés sur le toit de leur maison.

À Cox's Bazar, au Bangladesh, des hommes tentaient encore de consolider le toit de leur maison à quelques heures de l'arrivée du cyclone. La ville, qui abrite plus d'un million de Rohingyas ayant fui le Myanmar, se trouve à environ 150 km à l'est de l'endroit où Amphan a touché terre.

Photo : Reuters / RO YASSIN ABDUMONAB

La pandémie complique la situation

Les pays de la région ont retenu les leçons des cyclones dévastateurs des décennies précédentes : ils ont construit ces dernières années des milliers d'abris pour la population et développé des politiques d'évacuation rapide.

Leur tâche est cependant compliquée cette fois-ci par la pandémie de coronavirus, les déplacements de populations risquant de favoriser la propagation du virus. Des confinements nationaux sont actuellement en cours en Inde et au Bangladesh depuis fin mars.

Le Bangladesh a ouvert près de 15 000 abris anticyclone, soit le triple du nombre habituel, pour que ceux-ci soient moins chargés. En Inde comme au Bangladesh, les autorités ont demandé aux évacués de porter des masques à l'intérieur.

Nous avons dit aux gens de maintenir une distanciation physique dans les refuges à cause du coronavirus, a déclaré Shah Kamal, responsable de l'autorité de gestion des catastrophes du Bangladesh.

Un garçon joue avec un téléphone cellulaire. Cinq autres se pressent contre lui pour regarder.

Des adolescents s'amusent avec un téléphone cellulaire dans un abri de Tajpur, au Bengale-Occidental.

Photo : Getty Images / AFP/DIBYANGSHU SARKAR

Par peur d'attraper la COVID-19, une partie des habitants de zones à risques a pourtant choisi de rester à la maison, en dépit du danger posé par le cyclone.

Nous avons entendu que l'abri anticyclone près du commissariat de police est plein à craquer de gens. Il n'y a plus d'espace là-bas. Mes voisins et ma famille n'y sont pas allés par peur du coronavirus. Nous pensons que ça va aller. Si c'est nécessaire, nous bougerons plus tard.

Sulata Munda, mère de 4 enfants habitant le district bangladais de Shymanagar

Si l'intensité des cyclones s'est accentuée ces dernières années dans le golfe du Bengale, un phénomène partiellement attribué au réchauffement climatique, les bilans humains sont généralement bien moindres que par le passé grâce à un système de surveillance plus développé et à des mesures préventives bien rodées.

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