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Le Cirque du Soleil doit 1 million de dollars à ses contractuels

Un homme tient un long bâton à la main droite. Il porte une redingote et des pantalons rouge avec des motifs noirs imprimés.

Le roi du spectacle Alegria, du Cirque du Soleil

Photo : Marie-Andree Lemire / Costumes Dominique Lemieux / Cirque du Soleil 2019

Les déboires financiers du Cirque du Soleil (CDS) frappent de plein fouet une soixantaine de ses artisans. Dans une lettre ouverte publiée mercredi matin, le Regroupement des artisans des arts du cirque (RAAC) affirme que les créances impayées totalisent un million de dollars.

Le groupe, qui comprend notamment des artistes, des acrobates, des metteurs en scène, des techniciens et des directeurs de création, représente des contractuels qui travaillent bien souvent pour le célèbre cirque québécois depuis de nombreuses années.

C'est le cas de Gabriel Dubé-Dupuis. Il travaille depuis plus de 20 ans pour le Cirque du Soleil. D'abord employé, il est devenu contractuel il y a cinq ans, en tant que directeur de création. Un travail de rêve qui est en train de tourner au cauchemar.

C'est exactement 70 000 $ qu'on me doit pour les spectacles Cosmos et Exentricks à l'automne dernier avec le MSC Grandiosa, et le début d'une nouvelle aventure avec deux nouveaux spectacles cet hiver, donc du travail de septembre à décembre et de janvier à mars. C'est une situation qui est plutôt dévastatrice dans mon cas, explique M. Dubé-Dupuis.

Constatant il y a environ un mois que le Cirque du Soleil ne lui paierait pas son dû, il a alerté d'autres contractuels pour former le RAAC afin de faire pression sur la direction de l’entreprise. Pour la majorité d'entre eux, il s'agit de leur principal client. Pour certains, c'est même leur unique source de revenus.

Notre première action a consisté à réclamer à la direction du Cirque du Soleil le remboursement des sommes qui nous sont dues. Sinon à tout le moins, obtenir un engagement de leur part à honorer cette dette une fois que la crise actuelle se sera estompée, écrit le regroupement dans sa lettre ouverte.

Selon Gabriel Dubé-Dupuis, la direction de l'entreprise doit régler le problème rapidement.

Ça crée un manque de confiance et je m'excuse, mais le Cirque, il est seulement aussi bon que ses employés. Donc, si ses employés se sentent floués, il y a beaucoup de dommages à réparer. Je ne vois pas, personnellement, comment je peux retourner travailler au Cirque du Soleil.

Gabriel Dubé-Dupuis, contractuel du Cirque du Soleil
M. Dubé-Dupuis répond aux questions d'un journaliste.

Gabriel Dubé-Dupuis est travailleur contractuel au Cirque du Soleil depuis cinq ans.

Photo : Radio-Canada

Le Cirque dans la tourmente

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le Cirque du Soleil confirme qu'il n'est pas en mesure de payer ses fournisseurs externes, en raison de la baisse de ses liquidités découlant de la crise de la COVID-19.

Par conséquent, pour l'instant, nous n'avons malheureusement pas eu d'autres alternatives que de suspendre temporairement le paiement de nos obligations à nos fournisseurs externes et partenaires pendant que nous nous affairons à traverser cette crise, à stabiliser la situation et à restructurer l'entreprise, a déclaré la directrice des communications, Caroline Couillard.

Nous sommes conscients que cette action, qui s'avère nécessaire dans les circonstances, pourrait avoir des répercussions sur leurs opérations et nous le regrettons très sincèrement, poursuit-elle.

Le Cirque du Soleil est comme un équilibriste sur un fil de fer qui doit faire face au vent qui se lève soudainement. Sa dette, qui atteint plus de 900 millions de dollars américains, était déjà élevée avant la crise de la COVID-19.

L'annulation d'une quarantaine de spectacles un peu partout dans le monde a réduit ses revenus à néant, plongeant l'entreprise dans de profondes difficultés financières. En mars, elle a dû mettre à pied près de 4700 employés, ce qui représentait à ce moment 95 % de ses effectifs, étant incapable de continuer à les payer.

Pour traverser la tempête, le Cirque envisage trois scénarios : se mettre à l'abri de ses créanciers, obtenir un financement auprès de ses investisseurs actuels ou de nouveaux investisseurs ou, encore, conclure une entente avec la Caisse de dépôt et placement du Québec et Investissement Québec pour relancer l'entreprise.

En entrevue au début de mai sur les ondes de RDI économie, le président et chef de la direction du Cirque, Daniel Lamarre, se montrait certain d'être en mesure de relancer l'an prochain les activités de l'entreprise fondée par Guy Laliberté.

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