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Vos égoportraits masqués pourraient entraîner des outils de reconnaissance faciale

Une femme portant un masque hygiénique prend un égoportrait.

L’utilisation sans consentement de photos personnelles pour entraîner des algorithmes n’est pas une pratique nouvelle, mais l’accent mis sur les photos de personnes masquées est un phénomène récent.

Photo : iStock / gesrey

Radio-Canada

Des entreprises ont récolté sur les réseaux sociaux des milliers de photos de personnes portant un masque hygiénique afin de perfectionner leurs algorithmes de reconnaissance faciale, selon ce qu'a révélé mardi le site spécialisé CNet.

En avril, une équipe de recherche de l’entreprise Workaround a publié la base de données COVID-19 Mask Image sur le service d’hébergement Github. Celle-ci contenait plus de 1200 images récoltées sur Instagram. Nous voulions faire comme toutes ces entreprises qui partagent des outils et des ressources gratuitement, a expliqué Wafaa Arbash, le pdg de cette jeune pousse.

Une autre base de données disponible sur Github, le Real World Masked Face Dataset, contient quant à elle 5000 photos de personnes masquées provenant d'un échantillon de 525 individus. Celle-ci a été créée par une équipe de recherche de l'Université de Wuhan, en Chine. Une étude publiée le 23 mars dernier qui accompagne la base de données mentionne que les images ont été puisées dans les ressources disponibles en ligne. L'équipe de recherche n'a pour le moment pas répondu aux questions de CNet.

Le consentement, toujours pas au rendez-vous

L’utilisation sans consentement de photos personnelles afin de nourrir l’apprentissage d’algorithmes n’est pas une pratique nouvelle, mais l’accent mis sur les photos de personnes masquées est un phénomène récent. Des entreprises doivent depuis peu développer des applications de reconnaissance faciale intégrant le port du masque afin de s’adapter aux nouveaux comportements liés à la crise sanitaire, et ce, avec des photos obtenues avec le plein consentement des personnes photographiées.

Les gens n’aiment sans doute pas l’idée que leurs égoportraits puissent servir à développer des outils de reconnaissance faciale qui seront utilisés par des gouvernements autoritaires, comme la Chine, explique Jake Laperruque, conseiller pour Project On Government Oversight, une organisation indépendante de défense des droits civils.

Certaines entreprises ont demandé à leur personnel de faire parvenir des égoportraits où elles et ils sont masqués afin de nourrir leur propre base de photos. La plupart de ces entreprises ne disposent toutefois pas d’un nombre suffisant de personnes à leur emploi pour avoir une masse critique de photos qui pourra entraîner leurs algorithmes. De plus, les outils de reconnaissance faciale nécessitent une grande diversité de photos afin d’être davantage en mesure d’identifier les femmes, les personnes racisées, les personnes d’âges différents ainsi que les variétés de masques.

Avec les informations de CNet

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