•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déconfinement de la fonction publique : le télétravail est là pour de bon

Un fonctionnaire travaille debout à son ordinateur.

Les employés du BAPE sont parmi les fonctionnaires les mieux outillés pour retourner au travail.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le retour des travailleurs dans les tours de bureaux du gouvernement se fera au compte-goutte, mais la pandémie pourrait accélérer le virage que veut prendre le gouvernement Legault dans le réaménagement des lieux de travail des fonctionnaires pour économiser de l'espace et de l'argent.

Depuis le début de la crise, les fonctionnaires ont abandonné leurs traditionnels cubicules gris : 70 % d'entre eux font du télétravail. Les choses se déroulent rondement, si bien que le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, croit que ce sera difficile de revenir en arrière.

Pourquoi revenir à la même façon de travailler? Moi, je pense qu'on va bénéficier, si je peux dire ça comme ça, de la crise pour avoir testé des choses et continuer.

Christian Dubé, président du Conseil du Trésor

Et ce n'est pas la présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGV) qui va le contredire. On a fait la démonstration que c'était possible. Le gouvernement s'est rendu compte que c'était possible, dit Line Lamarre, la présidente du SPGQ, qui précise que ses 20 000 membres réclament depuis longtemps plus d'autonomie.

L'exemple du BAPE

Parmi les « bureaux modèles » du gouvernement, il y a ceux du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui ont été inaugurés le 9 mars dernier, quelques jours avant le début du confinement.

Le décor n'a rien à voir avec les espaces de travail conventionnels du gouvernement. Quand on entre dans les locaux du BAPE, on remarque qu'il n'y a rien qui traîne sur les bureaux. Ils sont ouverts et lumineux, sans téléphone ni paperasse, et ce n'est pas parce que personne n'y travaille depuis deux mois.

Il n'y a rien sur les tables, mais c'est toujours comme ça à la fin de la journée. Les gens libèrent complètement l'espace, c'est complètement libre, explique le président du BAPE, Philippe Bourke.

Ce qui oblige chacun à ne rien laisser derrière, c'est qu'il n'y a pas de bureau assigné; chaque employé se branche à un espace de travail de son choix avec son clavier et sa souris, chacun dispose de la téléphonie par Internet, nul besoin ainsi de téléphone sur la table de travail.

Le président du BAPE Philippe Bourke.

Le président du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), Philippe Bourke

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Chaque matin, c'est donc premier arrivé, premier servi, tant pour les fonctionnaires que pour les patrons, précise M. Bourke. Il y a peu ou pas d'organisations qui avaient été jusque-là. Même les dirigeants vont être comme tous les employés, sans espace de bureau fermé, pas de poste attitré. Et ça, c'est une des conditions du succès de cette vision immobilière, explique-t-il.

Si on veut aller jusqu'au bout, poursuit-il, il faut aller dans un espace où les postes ne sont pas assignés. C'est ce qui permet de réduire l'espace disponible parce qu'on valorise les lieux qui sont inoccupés à cause des gens qui sont en télétravail, par exemple.

Le BAPE mise sur le télétravail. Il y a 36 espaces de travail pour 54 employés dans les bureaux de la Grande Allée, à Québec. Déjà, 80 % des gens font du télétravail au BAPE d’une à trois journées par semaine, souligne le secrétaire général de l'organisme, René Beaudet.

C'est ce qui a permis au BAPE de réduire la taille de ses locaux et de faire des économies. Dans ses nouveaux bureaux, le BAPE occupe 40 % moins d'espace qu'avant, ce qui réduit le coût du loyer de 50 %. L'économie de 250 000 $ par année va rapidement éponger le coût d'entrée de 1,6 million de dollars pour l'aménagement des bureaux et l'acquisition de la technologie nécessaire.

Négociations entre le gouvernement et les syndicats

Le président du Conseil du Trésor estime que la pandémie a dissipé les doutes face à l'efficacité du télétravail. En télétravail, il y a des préjugés par-dessus lesquels il faut passer. L'aspect pratique des derniers mois et des prochaines semaines va nous aider dans cette ouverture d'esprit, et je pense que ça pourra faire partie de la continuité des négociations, affirme Christian Dubé.

Je voudrais commencer en regardant l'essentiel de la fonction publique en disant : "Est-ce qu'on peut commencer en faisant une ou deux journées en télétravail?" Et on verra comment ça bouge, ajoute-t-il.

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé.

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, estime que la crise a dissipé les doutes sur l'efficacité du télétravail dans la fonction publique.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Il semble aussi évident au sein des syndicats que le télétravail fera dorénavant partie du quotidien des employés de l'État. On ne retournera plus comme avant, 5 jours au bureau. Je pense que tout le monde a compris ça, dit Line Lamarre.

Il reste bien des fils à attacher avant d'étendre le télétravail de façon permanente à la fonction publique, mais, à ce chapitre, l'expérience vécue pendant la crise de la COVID-19 teintera inévitablement les négociations en cours entre le gouvernement et les syndicats.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Société