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Des travailleurs en zone chaude logés par le Cirque du Soleil

« Certains ont des personnes âgées à la maison. Donc, si quelqu'un travaille dans une zone chaude, est-ce qu'on le renvoie chez lui tous les soirs? »

L'immeuble, qui comporte plusieurs unités.

Le Cirque du Soleil a mis son centre d’hébergement à la disposition du réseau de la santé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La centaine de chambres que comptent les résidences du Cirque du Soleil, situées dans le quartier Saint-Michel, sont normalement peuplées d'artistes invités à se produire à Montréal et d'acrobates en herbe qui s'exercent à maîtriser leur art. Mais, ces jours-ci, on y trouve plutôt des employés du réseau de la santé en quête de logis.

Il y a quelques semaines, le Cirque du Soleil a mis à la disposition du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal son bâtiment situé au 8333, 2e Avenue, afin de loger des employés qui vivent avec des personnes vulnérables, ou encore des travailleurs d'autres régions venus prêter main-forte.

C'est le cas de François Poulin, un infirmier auxiliaire de Québec venu en renfort dans la métropole. M. Poulin est à Montréal depuis environ une semaine. Les enfants et ma blonde sont restés à la maison, c'est elle qui tient le fort actuellement. Une chance qu'elle est là, parce que, sinon, je ne pourrais pas venir aider, dit-il, en soulignant que la situation est difficile dans les résidences pour personnes âgées.

François Poulin, le visage couvert d'un masque, pose dans un terrain couvert de pissenlits.

François Poulin, infirmier auxiliaire, séjourne au centre d’hébergement du Cirque du Soleil.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce n'est pas évident de rentrer là-dedans. [...] Il y a des gens qui sont déshydratés, il y a des gens qui sont mourants. Il y a des gens qui sont en train de décéder, raconte l'infirmier auxiliaire, qui doit demeurer un mois dans la métropole et y travailler à raison de six jours par semaine.

Il faut vraiment donner le meilleur de nous-mêmes. Il y a beaucoup de gens qui meurent, c'est triste à voir. Mais, ça nous aide, on arrive ici [dans les résidences du Cirque] et c'est un soulagement de voir qu'on n'a pas de casse-tête une fois rentrés.

François Poulin, infirmier auxiliaire

Pour Ailin Olivares Marchant, qui est physiothérapeute depuis deux ans dans un Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Montréal, avoir l'option d'habiter les résidences du Cirque pendant la pandémie est source de soulagement. Elle peut ainsi protéger sa famille, dont un membre est considéré comme vulnérable.

Le fait que je travaille dans un CHSLD, c'est quand même une source de stress pour ma famille, dit-elle.

Présentement, il y a beaucoup de stress dans le réseau de la santé, précise-t-elle. Donc accommoder les employés pour qu'on puisse travailler avec le moins de stress possible, pour qu'on puisse se concentrer sur nos tâches et protéger notre famille, je trouve que c'est une très belle initiative, et il faut le souligner.

Une femme, les mains sur les hanches, sourit à la caméra derrière la fenêtre de la résidence.

Ailin Olivares Marchant est hébergée dans l'un des logements fournis par le Cirque du Soleil.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une entente très, très raisonnable

Du côté du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, on se dit très satisfait du partenariat conclu avec le Cirque du Soleil au début du mois d'avril. À ce moment-là, on essayait vraiment d'anticiper nos besoins. Il y avait toutes sortes de scénarios dans l'air, explique Pierre Beaudet, directeur de la logistique au CIUSSS.

C'est lui qui a conclu l'entente, renouvelable chaque mois, avec le Cirque. Rapidement, l'idée est venue d'avoir un espace pour loger nos employés, dit-il.

Certains ont des personnes âgées ou des personnes immuno[dé]primées à la maison. Donc si quelqu'un travaille dans une zone chaude, est-ce qu'on l'envoie chez lui tous les soirs? Est-ce que c'est un risque qu'on veut faire porter aux membres de sa famille?

Pierre Beaudet, directeur de la logistique au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

M. Beaudet affirme que l'offre du Cirque du Soleil est environ deux fois moins coûteuse que ce que plusieurs hôtels ont pu proposer au CIUSSS. On peut penser que ça s'approche de leur coûtant, dit-il, en soulignant que l'entreprise a affiché sa volonté d'aider la communauté dès le départ.

Pierre Beaudet devant les résidences du Cirque du Soleil.

Pierre Beaudet est le directeur de la logistique du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le CIUSSS estime que les résidences sont présentement occupées à environ 40 % de leur capacité par des employés du réseau. L'objectif, entre autres, est de loger rapidement des travailleurs venus de l'extérieur. On attend par exemple un contingent du Bas-Saint-Laurent qui pourrait bien y être logé, précise M. Beaudet, d'où la nécessité de préserver des logements.

Afin de maintenir un environnement sécuritaire pour les employés, de nombreuses mesures ont par ailleurs été mises en place. On a fait toute une gestion du risque, on veut garder ça une zone froide le plus longtemps possible, s'assurer qu'il y ait une distanciation, précise Pierre Beaudet.

Un agent de sécurité prend la température de toute personne qui entre dans le bâtiment, et à qui l'on demande également de se laver les mains. Les résidents doivent aussi porter un masque en tout temps lorsqu'ils se déplacent dans les couloirs ou les ascenseurs.

Il n'y a aucune zone commune qui est disponible. Les gens rentrent et vont dans leur chambre, et ils peuvent se faire à manger, ils sont vraiment autonomes, précise Catherine Dion, relationniste pour le CIUSSS.

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