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Sols contaminés : la Fonderie Horne refuse de se plier aux recommandations de la santé publique

Panneau indiquant l'entrée de la fonderie Horne avec une cheminée de la fonderie derrière.

L'entrée de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

La Fonderie Horne a révélé les résultats des analyses de sols effectués en 2019 sur les terrains à proximité de l’entreprise. Les taux d’arsenic sur les terrains varient de 10 à 100 parties par million (ppm).

La Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue et la Fonderie Horne ne s’entendent toutefois pas sur le taux d’arsenic dans le sol qui est jugé dangereux pour la santé des résidents.

Dans un communiqué à l’intention des résidents, la Fonderie Horne confirme que deux terrains à proximité de la Fonderie seront restaurés parce que le taux d’arsenic dépasse ou approche les 100 ppm.

En août 2019, la Direction de la santé publique avait pourtant demandé à Glencore Fonderie Horne que le seuil pour qu’un sol soit restauré soit révisé à 30 ppm d’arsenic, soit le taux de référence au Québec dans le secteur résidentiel.

Il faudrait que ça devienne une obligation, il faut réduire toutes les sources potentielles de contamination à l’arsenic. On sait que c’est dans l’air qu’il y en aurait le plus et c’est probablement plus par là qu’on serait contaminés, mais c’est certain qu’au niveau des sols, si on recommande 30, il faut que ce soit une obligation pour la fonderie, croit la co-porte-parole du comité Arrêt des rejets et émissions toxiques (ARET) à Rouyn-Noranda, Valérie Fournier.

Pour la période d’échantillonnage, le quartier Notre-Dame a été séparé en 31 blocs. Parmi ces 31 blocs, 1 seul atteint les 100 ppm, mais 18 dépassent le seuil des 30 ppm.

Je trouve ça particulier, parce qu’on parle quand même de gens qui sont spécialisés en santé publique, ils se fient sur des rapports d’experts et des données scientifiques, puis on a une entreprise de l’autre côté qui refuse de collaborer; il y a une forme de non-respect envers les citoyens de ne pas vouloir protéger la santé des gens, ajoute Valérie Fournier.

Une femme accorde une entrevue à la caméra.

Valérie Fournier, porte-parole du comité ARET (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La Fonderie Horne n’a pas voulu commenter. L’entreprise a tout de même fait savoir par courriel que le seuil de 100 ppm d’arsenic a été établi par la Direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue dans le protocole 2012-2020. Le seuil établi est de 500 ppm pour le plomb. L’entreprise précise que ces seuils ont été fixés à titre préventif et qu'ils ciblent avant tout la clientèle la plus à risque.

La directrice de santé publique par intérim de l'Abitibi-Témiscamingue, la Dre Omobola Sobanjo, a fait savoir que c’est le comité interministériel récemment mis en place qui décidera de la norme qui va s’appliquer.

La santé publique tient à sa recommandation et ce sera toujours la même recommandation qu’on aura tout au long du dossier, mais c’est le comité interministériel qui aura le dernier mot, a affirmé la Dre Sobanjo.

Mise à jour

Une première version du titre de cet article mentionnait que La Fonderie Horne ne respectait pas les « directives » de la Santé publique. Nous avons modifié ce terme pour « recommandations » dans le titre actuel par souci d'exactitude.

Les terrains accueillant de jeunes enfants pourront être restaurés

L’étude a par ailleurs révélé que les sols de l’École Notre-Dame-de-Protection et du parc Tremoy dépassent 40 ppm d’arsenic. Le sol d’une garderie en milieu familial du quartier dépasse aussi une concentration de 70 ppm d’arsenic.

Nous, on nous a toujours assurés que ces lieux-là étaient vérifiés constamment et qu’ils respectaient des normes sécuritaires, alors on est un petit peu étonnés et inquiets. C’est l’été, nos enfants, on a envie qu’ils jouent de façon sécuritaire dans les parcs, et à partir du moment où on ne sait même plus si c’est sécuritaire, ça devient préoccupant, affirme Valérie Fournier.

Concernant les trois terrains, la Fonderie Horne a fait savoir qu’elle compte décontaminer ces sites si les propriétaires le souhaitent.

L’entreprise assure d’ailleurs que pour les terrains qui sont très fréquentés par de jeunes enfants, elle respectera la recommandation de la Direction de la santé publique, soit de restaurer les terrains qui dépassent les 30 ppm d’arsenic.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique