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Déplacements interprovinciaux : le chef de Listuguj demande aux premiers ministres d’agir

La pancarte de Listuguj avec le pont interprovincial à l'arrière

Le chef Darcy Gray souhaite que les deux provinces collaborent pour trouver des solutions aux problèmes engendrés par le resserrement des frontières.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le chef de Listuguj demande aux gouvernements provinciaux du Québec et du Nouveau-Brunswick de collaborer avec les élus régionaux pour faciliter l'accès de part et d'autre de la rivière Ristigouche.

Dans une lettre de six pages envoyée aux premiers ministres Blaine Higgs et François Legault, le chef Darcy Gray rappelle les liens sociaux et commerciaux forts que Listuguj entretient avec la province voisine.

Il explique également que le resserrement des frontières engendre de nombreux problèmes pour les membres de sa communauté, entre autres, pour avoir accès à des biens essentiels ou encore partager la garde d'enfants. Il demande aux représentants des deux provinces de s'asseoir avec les élus régionaux pour trouver une solution aux problèmes actuels.

C'est vraiment d'avoir une réunion régionale avec les communautés qui sont plus affectées pour trouver des solutions qui marchent pour tout le monde parce que maintenant, je dirais que la situation crée plus de divisions, explique Darcy Gray.

Un homme portant une veste orange et un masque respiratoire s'approche d'une automobile avec des documents.

Des points de contrôle sont en place à la sortie du pont à Campbellton depuis le 25 mars 2020.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Le chef souhaiterait que les deux provinces acceptent une solution élaborée conjointement par les communautés touchées, incluant Atholville, Campbellton, Pointe-à-la-Croix, Listuguj et même Matapédia.

Darcy Gray suggère, par exemple, de lever les restrictions concernant les déplacements interprovinciaux au cours de certaines journées. Il propose d'isoler le secteur ouest de la MRC d’Avignon, épargné par la COVID-19, du reste de la Gaspésie au moyen de nouveaux points de contrôle. Finalement, il suggère de lever les restrictions avec le Nouveau-Brunswick où l'on ne compte plus de cas actifs.

Le plus grand risque de contamination pour notre communauté est de parcourir plus de 55 kilomètres dans des secteurs où il y a des cas confirmés de COVID-19 pour avoir accès à des biens essentiels, croit Darcy Gray.

On pense que les mesures protègent les personnes, mais on dirait plutôt que ça protège une frontière.

Darcy Gray, chef de Listuguj
Le chef de Listuguj, Darcy Gray

Le chef de Listuguj, Darcy Gray

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Manque de communication

Le chef de la communauté micmaque frontalière déplore le manque de collaboration du Nouveau-Brunswick qui, dit-il, a mis en place des restrictions « unilatéralement, sans prévenir Listuguj ». Darcy Gray estime que la communauté injecte plus de 60 millions de dollars annuellement dans l’économie de la province voisine.

Dès le début, il n’y a pas eu de communication sur les façons dont on pourrait travailler ensemble pour éviter des restrictions. Le gouvernement a imposé sa décision et ça n’évolue pas avec la situation. C’est impossible que les mêmes restrictions restent en place jusqu’au mois de novembre, renchérit le chef.

Il ajoute également que les déplacements jugés essentiels au point de contrôle du Nouveau-Brunswick sont de plus en plus limités.

Les choses empirent, dit M. Gray. De ce que j’entends, les restrictions sont encore plus strictes que c’était avant sur ce qui est considéré comme essentiel. Comment définir ce qui est essentiel? Ce qui est essentiel pour l’un ne peut l’être pour un autre.

Ça rend des choses difficiles entre les communautés, alors qu’on a l’habitude de partager et de travailler tous ensemble. Il y a des inquiétudes par rapport à l’augmentation des comportements racistes.

Darcy Gray, chef de Listuguj

Lundi, quelques 400 personnes provenant du Québec et du Nouveau-Brunswick ont manifesté sur le pont interprovincial J. C. Van Horne entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton pour demander une plus grande circulation entre les deux provinces.

Le Nouveau-Brunswick reste sur sa position

Interpellé au sujet de la demande du chef Gray, le gouvernement du Nouveau-Brunswick confirme avoir reçu sa lettre, mais rappelle que la « santé et la sécurité de tous les citoyens du Nouveau-Brunswick demeurent la priorité absolue ».

Dans notre transition d’une phase à l’autre du plan de rétablissement, il est important de ne pas oublier que la COVID-19 pose toujours un risque pour nos collectivités, écrit par courriel l’agente des communications à la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, Coreen Enos. C’est pourquoi le Nouveau-Brunswick a choisi de maintenir les postes de contrôle aux frontières pour le moment.

Le pont interprovincial J. C. Van Horne

Les déplacements entre le Québec et le Nouveau-Brunswick sont limités aux services essentiels.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le gouvernement néo-brunswickois rapporte qu’au cours des sept derniers jours, en moyenne, 509 véhicules se sont présentés à la frontière quotidiennement et 18 se sont vu refuser l’accès.

Les résidents du Québec peuvent venir au Nouveau-Brunswick pour avoir accès à des produits ou à des services essentiels comme des médicaments sur ordonnance, des rendez-vous médicaux ou des produits d’alimentation essentiels qui ne sont pas disponibles au Québec ou à proximité de Listuguj ou de Pointe-à-la-Croix, ajoute Coreen Enos.

Au moment de publier ces lignes, le gouvernement du Québec n’avait pas encore commenté la lettre de Darcy Gray.

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