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Injonction contre le blocage de la route au projet Keeyask d'Hydro-Manitoba

Des hommes et des femmes autochtones bloquant une autoroute avec des pancartes de protestation.

Des membres de la nation crie de Tataskweyak bloquent l'autoroute 280 qui mène au chantier de la centrale Keeyask.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Hydro-Manitoba a obtenu une injonction contre les membres de la nation crie de Tataskweyak qui bloquent la route menant au site de la centrale hydroélectrique Keeyask. Ces derniers craignent que les travailleurs d’Hydro n'importent la COVID-19 dans leur communauté.

Les membres de la Première Nation située dans le nord de la province bloquent l’unique route qui mène à la centrale hydroélectrique en construction depuis la semaine dernière afin d’empêcher un changement de quart des ouvriers prévu pour mardi.

Le barrage se trouve sur la route provinciale 280. L’injonction de la Cour du Banc de la Reine ordonne aux personnes participant au blocage de permettre aux véhicules de passer.

Mardi, un deuxième barrage a été érigé par la Première Nation de Fox Lake, bloquant lui aussi l’accès au chantier.

Au mois de mars, près de 600 travailleurs se sont portés bénévoles pour assurer le fonctionnement de la centrale pendant la pandémie de la COVID-19. Le changement de quart de mardi devait permettre à ces travailleurs de rentrer chez eux et d’être remplacés par près de 1000 travailleurs du Canada et des États-Unis.

Cette injonction prouve que notre plan pour reprendre le fonctionnement normal à Keeyask protège à la fois nos travailleurs et les communautés environnantes de la COVID-19, affirme le porte-parole d’Hydro-Manitoba, Scott Powell.

Notre plan dépasse les directives de santé publique les plus récentes et a reçu l’appui du Dr [Brent] Roussin, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, poursuit-il.

Un chantier de construction d'une centrale hydroélectrique.

Le site du projet Keeyask

Photo :  Hydro- Manitoba

L’injonction est en vigueur pendant 10 jours et toute personne qui continue à bloquer l’accès à la centrale pourrait être arrêtée par la police et faire face à des accusations, selon le document de la cour.

Le projet Keeyask est une centrale hydroélectrique de 695 mégawatts construite par Hydro-Manitoba, en partenariat avec quatre Premières Nations environnantes : Tataskweyak, la Première Nation de War Lake, la Première Nation de York Factory et la Première Nation de Fox Lake.

Hydro-Manitoba affirme que le projet devrait rester dans les limites budgétaires, soit en dessous de 8,7 milliards de dollars, bien qu’un contrôle externe effectué en 2017 ait estimé que le coût final du projet serait plus près de 10,5 milliards de dollars.

Le porte-parole d’Hydro, Scott Powell, affirme que le barrage pourrait coûter des dizaines de milliers de dollars en dépenses non nécessaires et que le chantier pourrait perdre des travailleurs.

Pour le moment, il n’y a aucun cas de COVID-19 sur le territoire d’une Première Nation au Manitoba.

Le conseiller de bande de Tastaskweyak Nathan Neckoway affirme qu’il ne veut prendre aucun risque. Sa communauté n’a pas l’infrastructure requise pour isoler des personnes malades, et beaucoup de familles vivent dans des maisons surchargées, dit-il.

Dans un communiqué, le groupe représentant les Premières Nations du nord du Manitoba, Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), dénonce le projet.

Les intérêts des entreprises ne sont pas plus importants que la sécurité des Premières Nations dans le nord du Manitoba, affirme le Grand Chef de MKO, Garrison Settee.

La députée fédérale néo-démocrate de Churchill-Keewatinook Aski, Niki Ashton, soutient les actions des Premières Nations. J’appuie à 100 % les chefs des quatre Premières Nations qui sont des partenaires dans le développement de Keeyask et je suis choquée par les actions d’Hydro-Manitoba et du gouvernement provincial, lance-t-elle.

Ce n’est pas comme cela que l’on travaille avec nos partenaires, dit-elle. Ce n’est pas comme cela que l’on travaille avec les Premières Nations [surtout quand] elles se mettent debout pour protéger toutes les communautés du Nord.

Avec des informations de Sam Samson, de Patrick Foucault et de Nicholas Frew

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