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Les péripéties d'une artiste de Lévis en Europe confinée

Artiste en arts visuels et directrice générale du centre d'artistes en art actuel, Regart. Femme portant un col roulé noir.

L'artiste en arts visuels et directrice générale du centre d'artistes en art actuel Regart, Amélie Laurence Fortin.

Photo : EMiLiE DUMAiS

Partie s'installer à Berlin pour un an, à l'occasion d'une résidence du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), l'artiste en arts visuels Amélie Laurence Fortin s'est retrouvée prise dans une course contre la montre, lors de la fermeture des frontières en mars dernier. Depuis, beaucoup de choses ont changé.

Amélie Laurence Fortin a délaissé la direction générale de Regart pour quelques mois afin de se consacrer à sa pratique. Entre des résidences en Allemagne et en Belgique, l'artiste en arts visuels devait préparer une série de projets ayant pour sujet l'énergie et la thermodynamique. Ça, c'était avant le début de la pandémie.

D'un pays à l'autre

En janvier dernier, elle a rejoint la Maison Béthanie à Berlin afin de débuter une résidence d'une durée de 12 mois. Entre-temps, elle est revenue au Québec, le temps d'une exposition à la Galerie des Arts visuels (Le cercle d'Arcadie), puis est repartie à Leuven, où elle devait préparer un projet pour le Mois Multi.

ne vue partielle de l’exposition «Le cercle d’Arcadie» de Amélie Laurence Fortin à la Galerie Des Arts Visuels de Québec

Une vue partielle de l’exposition «Le cercle d’Arcadie» d'Amélie Laurence Fortin, à la Galerie Des Arts Visuels de Québec

Photo : Amélie- Laurence Fortin

Pendant ce temps, dans le monde, les nouvelles ne sont pas bonnes. On parle depuis plusieurs jours du coronavirus qui sévit en Italie. Le 11 mars, jour de son anniversaire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce officiellement l'état de pandémie. Que faire?

Rentrer au Québec? Rester en Belgique? Retourner à Berlin? Son lieu de résidence officiel pour l'année. Ou rejoindre Varsovie? C'est que la Lévisienne est mariée à un Polonais vivant à Varsovie...

C'est le début d'une course folle qui lui a fait traverser les frontières in extremis alors que celles-ci se fermaient les unes après les autres.

J'ai pris la décision avec l'équipe de retourner à Berlin en train. De là, j'ai cherché un moyen de rejoindre Varsovie, qui n'était plus desservie par les compagnies aériennes, se souvient-elle.

C'était dystopique, il n'y avait personne dans les trains. La gare de Berlin était vide, habituellement ça fourmille comme la place Laurier un 23 décembre!

Amélie Laurence Fortin, au sujet de l'Europe en confinement

Elle a réussi à passer la frontière polonaise quelques minutes avant que celle-ci ne ferme et entame une quarantaine en isolement.

Les premiers 14 jours, je les ai trouvés très difficiles, admet Amélie Laurence Fortin. J'étais venue créer, réaliser des projets et là, je n'avais plus rien. Pas d'atelier. Et au lieu de ma valise remplie d'outils technos, une valise avec une perruque et un appareil photo. Ça m'a forcée à réfléchir sur ma pratique, confie l'artiste.

Confinée avec son mari dans un bâtiment que tous ont déserté, elle explore les lieux et y découvre un superbe grenier.

Mon mari m'a dit : "Il y a une trappe sur le toit si tu en as assez d'être à l'intérieur..." Et c'est en redescendant que j'ai vu le rayon de lumière.

Cette lumière s'écoulant de la trappe a été l'élément déclencheur qui a permis à la jeune femme de recommencer à créer, mais cette fois de façon différente, moins technologique.

J'ai une pratique in situ. J'arrive dans espace et j'essaie de faire des oeuvres qui réagissent à cet espace. Là, je devais faire la même chose à Varsovie en confinement, avec pour seuls matériaux une perruque, un appareil photo et mon corps.

Amélie Laurence Fortin, au sujet des changements survenus dans sa pratique

Pendant, plusieurs semaines, elle se rendra dans le grenier entre midi et 14 h afin de travailler. Elle explorera les possibilités que lui offre ce lieu et la relation qui existe entre sa pratique et son corps.

L'artiste de Lévis voit sa pratique modifiée par la pandémie. Une jeune femme et un rayon de lumière. Photo prise à Varsovie.

L'artiste de Lévis, Amélie Laurence Fortin, voit sa pratique modifiée par la pandémie.

Photo : Amélie- Laurence Fortin

La relation avec mon corps n'est pas présente dans mon oeuvre, explique-t-elle. Par contre avec les contraintes imposées par le confinement, cette intimité avec l'oeuvre a fini par s'imposer.

Après plusieurs tentatives, Amélie Laurence Fortin a fini par regagner son atelier à Berlin. Depuis, elle travaille cette nouvelle voie qui semble émerger des circonstances extraordinaires que vit le monde entier.

Ses explorations créatives peuvent être vues sur son compte Instagram. Qui sait ce qui en découlera?

Chose certaine, l'artiste ne pourra pas revenir en arrière.

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