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  • Depuis plus de 20 ans, la guerre contre les virus se déroule à Winnipeg

    Vue de l'édifice où se trouve le laboratoire national de microbiologie à Winnipeg

    Le laboratoire national de microbiologie situé à Winnipeg est à la fine pointe en ce qui concerne la lutte contre les maladies virales.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Depuis respectivement 2000 et 2004, le laboratoire national de microbiologie et l'Agence de la santé publique du Canada, à Winnipeg, combattent les virus et les maladies infectieuses qui menacent le Canada et le monde.

    Winnipeg, cœur du dispositif de la lutte antivirale au Canada

    Une annonce faite en grand. Le premier ministre canadien, entouré de deux de ses ministres et du premier ministre manitobain, n’était pas peu fier de propager la bonne nouvelle. La création de l’Agence de la santé publique du Canada.

    Frédéric Arnould

    Téléjournal/Le Point, 24 septembre 2004

    C’est par ces mots que le correspondant national au Manitoba, Frédéric Arnould, décrit dans un reportage présenté au Téléjournal/Le Point du 24 septembre 2004 l’annonce faite par Paul Martin de la création de l’Agence de la santé publique du Canada.

    Le premier ministre fédéral en profite pour présenter celui qui deviendra le premier médecin national du Canada.

    Il s’agit de David Butler-Jones qui jouait auparavant ce rôle pour la province de la Saskatchewan.

    Le Dr Butler-Jones avait été un de ceux qui avaient suggéré que le Canada se dote d’une agence de santé publique après la crise provoquée par le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003.

    Cette infection pulmonaire avait cette année-là touché environ 40 000 personnes et fait 44 victimes au Canada, particulièrement dans la région de Toronto.

    L’Agence de la santé publique du Canada dispose un vaste mandat.

    On l’a chargée des interventions d’urgence en cas d’épidémie, de maladies environnementales et de protéger la santé des Autochtones.

    Pour y arriver, la nouvelle agence possède un joyau dans le domaine de la lutte antivirale.

    Il s’agit du laboratoire national de microbiologie, installé à Winnipeg.

    Ce laboratoire est un des plus évolués dans le monde. Les installations sont de niveau 4.

    Cela veut dire qu’on peut y étudier les virus et les pathogènes les plus dangereux et mortels pour les espèces humaine et animales.

    Le laboratoire allait ainsi déployer son savoir-faire en 2009, lorsqu’une pandémie a frappé le Canada.

    La lutte contre le H1N1

    À partir de mars 2009, une nouvelle souche d'influenza, nommée grippe porcine, puis grippe A (H1N1), a infecté beaucoup de monde un peu partout au Mexique, aux États-Unis et, depuis le 26 avril 2009, au Canada.

    Téléjournal Manitoba, 7 mai 2009

    Le 7 mai 2009, la journaliste Geneviève Murchison présente un reportage au Téléjournal Manitoba sur les mesures du laboratoire national de microbiologie pour combattre la pandémie.

    À Winnipeg, les scientifiques ont découvert le séquençage du génome du virus provoquant le H1N1.

    Cette cartographie de la constitution génétique du virus, réalisée grâce à des échantillons fournis par le Mexique, permettra de savoir s’il y a plusieurs versions de l’agent infectieux.

    On espère également que le partage de la séquence génétique du virus avec des compagnies pharmaceutiques accélérera la découverte d’un vaccin pour combattre la grippe A ( H1N1).

    Le combat de Gary Kobinger contre l’Ebola

    C’est une contribution. Qu’on puisse contrôler le virus, un virus si dangereux, si agressif, avec un traitement comme ça. […] Cette même stratégie va être employée pour guérir bien d’autres maladies infectieuses.

    Gary Kobinger

    Découverte, 24 janvier 2016

    Le 24 janvier 2016, le journaliste André Bernard et la réalisatrice Geneviève Turcotte, de l’émission Découverte, nous présentent l’histoire du combat du microbiologiste Gary Kobinger contre un des virus les plus effrayants ayant dévasté la planète.

    Il s'agit du virus Ebola.

    Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique aiguë.

    Très grave, la maladie produit des taux de létalité atteignant 90 % des personnes atteintes lors de la flambée épidémique.

    Il n’y a pas de vaccin qui guérit de ce fléau.

    Quand il devient directeur du Programme spécial de biosécurité des pathogènes niveau 4 au laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, Gary Kobinger intensifie ses recherches pour trouver une arme contre l’Ebola.

    L’équipe du Dr Kobinger met au point un vaccin, le VSV-EBOV, et un traitement, le ZMapp, destiné aux personnes déjà infectées.

    Pour y arriver, il a fait de longs séjours en Afrique, où la maladie fait sporadiquement des ravages.

    En 2014-2015, les essais cliniques pour le VSV-EBOV et le ZMapp ne sont pas encore terminés.

    Or, à cette époque, une épidémie d’Ebola frappe plusieurs pays d’Afrique dont la Guinée, le Liberia et la République démocratique du Congo.

    L’épidémie est bientôt hors de contrôle et force l’Organisation mondiale de la santé à accepter une offre du Dr Kobinger, qu’elle avait refusée auparavant.

    On va utiliser un prototype de son vaccin alors que les essais cliniques ne sont pas terminés.

    Ce que fait ce prototype, c’était non pas d’éliminer le virus Ebola chez un malade, mais en freiner la progression pour permettre au système immunitaire de le combattre.

    Le blocage est réalisé par le prototype du vaccin en s’attaquant à la protéine située à l’extérieur du corps du virus et qui lui permet de s’attacher aux cellules et ensuite de les infecter.

    Le traitement a été administré selon le protocole d’urgence humanitaire à plus de 25 intervenants infectés en service.

    À l’exception d’un seul, tous se sont rétablis.

    L’intervention auprès de malades ou de leurs proches a permis de constater une efficacité particulièrement forte si le VSV-EBOV ou le ZMapp sont administrés très rapidement.

    Le vaccin VSV-EBOV et le traitement ZMapp se sont avérés si efficaces pour prévenir la propagation du virus que les essais cliniques ont été accélérés.

    Cela a permis une distribution rapide et, possiblement, de sauver des milliers de vies.

    Le Dr Kobinger a été par la suite récompensé pour sa contribution au bien-être de l’humanité.

    Il a notamment été nommé scientifique de l’année en 2016 par la Société Radio-Canada et a remporté un Prix du gouverneur général pour l’innovation en 2018.

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