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Le Canada indigne d'être au Conseil de sécurité, selon Amir Khadir et David Suzuki

Le dernier mandat du Canada au Conseil de sécurité de l'ONU remonte à 1999-2000.

Le premier ministre Justin Trudeau marque une pause en fermant les yeux durant un point de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau marque une pause durant son point de presse quotidien, le 19 mai 2020, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Une pétition signée par près de 150 personnes et organisations, dont Amir Khadir, David Suzuki et la Confédération des syndicats nationaux (CSN), invite les Nations unies à ne pas accorder au Canada le siège qu'il convoite au Conseil de sécurité. Ce vote attendu aura lieu en juin.

Malgré sa réputation pacifique, le Canada n'agit pas comme un acteur international bienveillant.

Ainsi commence le texte de la pétition mise en ligne par le Canadian Foreign Policy Institute et qu'ont signée 124 personnes et 20 organisations, parmi lesquelles le cofondateur de Québec solidaire (QS), le médecin Amir Khadir, l'environnementaliste David Suzuki, le cofondateur de Pink Floyd, Roger Waters, le linguiste Noam Chomsky, la militante et artiste Ellen Gabriel et l'ex-député fédéral Romeo Saganash.

Sur près de deux pages, la pétition détaille des actions du Canada; des mauvais comportements qui, selon les signataires, le rendent indigne de siéger de nouveau au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au fil du temps, le Canada a été élu à six reprises au Conseil de sécurité qui est formé de 15 membres : 5 membres permanents avec droit de veto (Chine, France, Russie, Royaume‑Uni et États‑Unis) et 10 membres non permanents.

En février dernier, le premier ministre Justin Trudeau s'est livré à un dernier sprint intense pour que le Canada décroche le statut de membre non permanent du Conseil de sécurité. La Norvège et l'Irlande sont aussi candidates pour obtenir ce siège. L'assemblée générale des Nations unies fera son choix en juin.

De l'avis des signataires de la pétition, le Canada est de ceux qui alimentent de façon continuelle des conflits à travers le monde en se livrant à de l'exportation d'armement.

Ottawa est également un ardent défenseur de l'alliance nucléaire de l'OTAN et dirige actuellement des missions de la coalition en Lettonie et en Irak, affirment aussi les signataires, parmi lesquels figurent le Mouvement québécois pour la paix et Solidarité Québec-Haïti.

Le gouvernement Trudeau a envoyé des policiers militarisés sur le territoire non cédé de la nation wet’suwet’en pour y faire passer un pipeline, dit aussi la pétition.

En mars dernier, Ottawa est parvenu à un accord avec les chefs héréditaires wet'suwet'en, la difficile négociation des titres ancestraux étant au cœur de ce conflit.

Les Canadiens veulent tous y être

Interrogé au sujet de la circulation de cette pétition lors de son point de presse quotidien, mardi, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que l'ambition d'Ottawa de siéger au Conseil de sécurité ne faisait l'objet d'aucune division au pays.

Les Canadiens veulent tous que le Canada ait une voix forte et raisonnable sur la scène internationale.

Le premier ministre Justin Trudeau

Les signataires désapprouvent par ailleurs les efforts d'Ottawa pour renverser le gouvernement du Venezuela. Relativement à la position canadienne sur cette question, le premier ministre a affirmé : Le dictateur [Nicolás] Maduro est illégitime et il est en train de créer une crise humanitaire épouvantable au Venezuela.

La question palestinienne

Les signataires de la pétition soutiennent enfin que, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau a voté contre des résolutions des Nations unies défendant les droits des Palestiniens.

Toutefois, en novembre 2019, dans un vote qui semblait marquer un tournant aux yeux des observateurs, le Canada a voté à l'ONU en faveur d'une résolution affirmant le droit des Palestiniens à l'autodétermination. Auparavant, soit à partir de 2006, date de l'arrivée au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper, Ottawa avait voté contre cette même résolution à 14 reprises, de manière consécutive.

L'obtention d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU avait échappé au Canada en 2010. Le gouvernement de Stephen Harper avait alors mordu la poussière et avait dû déclarer forfait lors du deuxième tour face au Portugal.

Les libéraux l'avaient alors grandement critiqué et ils avaient promis, en campagne électorale, de ramener le pays au Conseil de sécurité de l'ONU.

Avec les informations de CBC

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