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Accoucher en temps de pandémie

Une femme enceinte tient son ventre entre ses mains.

Amélie Simoneau s'apprête à donner naissance à son 2e enfant.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Amélie Desmarais

Malgré la pause imposée par la COVID-19, des centaines de femmes ont accouché depuis mars. En Mauricie et au Centre-du-Québec, la Santé publique signale un seul accouchement lors duquel la mère était porteuse du virus.

À la maison de naissance de Nicolet, les 11 sages-femmes font plus de 200 accouchements annuellement, dont le quart à domicile.

Depuis le début de la crise, ce n’est plus possible de donner naissance à la maison avec l’aide d’une sage-femme. Les mères doivent plutôt accoucher à la Maison de naissance de la Rivière, à Nicolet, ou en centre hospitalier.

L'approche familiale a aussi dû être revue, mais tous les services prénataux et postnatals sont maintenus avec des précautions supplémentaires.

Selon les données 2016-2017 du CIUSSS MQC, il y a eu 1793 accouchements à l’hôpital.

Gants, masques, visières, des mesures très strictes ont été mises en place pour protéger les femmes et le personnel. Des précautions efficaces puisqu'on a recensé très peu de cas de COVID chez les femmes enceintes dans la région.

Accoucher en temps de COVID-19

Amélie Simoneau accueillera son deuxième enfant en juin.

Les premiers jours, les premières semaines, ç’a été beaucoup de stress de chamboulements, se souvient Mme Simoneau.

Son univers, mais aussi tout le système qui devait l’accompagner dans sa grossesse, a été changé.

Malgré les circonstances, la responsable des Services de sages-femmes de la Maison de naissance de la Rivière, à Nicolet, Marie-Ève St-Laurent, estime que le lien entre les sages-femmes et les mamans est tout aussi fort.

Ça n'a pas été facile au début de s'ajuster. D'ailleurs, quelques fois, on prend quand même la peine, à distance, de montrer notre visage un peu, surtout pour les premiers rendez-vous, pour qu'on ne voie pas seulement un masque.

Marie-Ève St-Laurent, des Services de sages-femmes de la région

Contrairement à celles qui avaient prévu d'accoucher à la maison, Amélie n'a pas eu à revoir son plan de naissance. Son bébé devrait venir au monde comme prévu à l'hôpital de Drummondville avec sa sage-femme.

Par contre, impossible de se rendre au CLSC près de chez elle pour ses suivis. Toutes les rencontres ont maintenant lieu à la maison de naissance.

La technologie s’invite aux accouchements

Les pères ont aussi été mis à l'écart des cliniques médicales, comme les maisons de naissance ont dû espacer davantage les rendez-vous. Ils sont au téléphone sauf pour l'accouchement, auquel ils peuvent assister en personne. Aucun autre membre de la famille n'est admis sur place, contrairement à l'habitude.

Avant, on avait une approche où la famille pouvait venir, toute personne significative, le conjoint. Maintenant, souvent le conjoint est quand même, lui, au téléphone, pour assister à la rencontre, explique Marie-Ève St-Laurent.

Dorénavant, 3 des 12 rencontres de suivis se font à distance.

De son côté, Sylvie Bouvet, gynécologue-obstétricienne, tente de minimiser les impacts pour ses patients en proposant à ses patientes de rester en contact avec leur partenaire, mais à distance lors des moments spéciaux.

En échographie obstétricale, ç'a été que, assez rapidement après le confinement, que l'accompagnant, le conjoint ou l'accompagnante ne puisse partager le moment de l'échographie. On a temporairement autorisé de faire des communications Facetime, dit-elle.

Deux femmes et un homme à l'extérieur, qui portent des masques.

Le Dr Jean-Philippe Blais, accompagné de Sylvianne Poirier, chef du service du Centre parents-enfants, et d'Hugette Matton, assistante-chef du Centre parents-enfants

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Le recours à la visioconférence pour les consultations médicales a fait un pas de géant en seulement quelques semaines.

Les développeurs de logiciels médicaux ont mis en place des systèmes de communication de visioconférence, donc on a commencé à les appliquer, ça fait deux ou trois semaines qu'on les utilise, soutient le Dr Jean-Philippe Blais, médecin de famille en périnatalité.

Angoisse et stress

Seul avantage de la situation, les nouveaux parents n'ont plus à partager leur chambre d'hôpital, mais le stress, lui, est omniprésent et les émotions, à fleur de peau.

Mettre un enfant au monde dans ces conditions peut être plus angoissant pour les familles.

On doit parler de la COVID, on doit parler un peu de l'anxiété. Quelques fois, on a des situations économiques des familles qui [ne sont] pas évidentes, se désole Marie-Ève St-Laurent.

Malgré le contexte, Amélie Simoneau est confiante.

Je pense que je vais être capable de mettre ça de côté, de me concentrer sur moi, sur ma bulle, et d’être capable d'avoir un accouchement dont je rêve finalement, conclut-elle.

Bonne nouvelle pour les mères qui doivent accoucher : aucun membre du personnel n'a été infecté par le coronavirus jusqu’à présent et une seule mère a accouché avec la COVID dans la région.

Au moment de cet accouchement, survenu au CHAUR, le personnel ne savait pas que la mère était porteuse du virus. Elle était asymptomatique et le dépistage a eu lieu après l'accouchement.

Seulement une poignée de femmes ont contracté le virus en cours de grossesse et aucun problème particulier n'est survenu dans leur cas.

On n’avait pas de patientes de plus de 28 semaines qui ont voyagé ou qui ont eu à être mises en quarantaine parce que les patientes au-dessus de 28 semaines ne sont souvent pas assurées pour le voyage, ça fait qu'ils n'y vont pas, rassure Mme St-Laurent.

D'ailleurs, rapidement les risques de malformation liés à la maladie ont été écartés.

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Mauricie et Centre du Québec

Santé publique