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Keystone XL : vives réactions au Canada après la promesse de Joe Biden d'annuler le permis

Les tuyaux d'un oléoduc, empilés les uns sur les autres.

Lundi, Joe Biden s’est prononcé fermement contre l’oléoduc qui doit acheminer du pétrole de l’Alberta vers les raffineries du Texas.

Photo : Getty Images / Andrew Burton

Radio-Canada

Le premier ministre de l’Alberta a répliqué aux propos de Joe Biden après que ce dernier eut annoncé son intention, s’il est élu en novembre, d’annuler le permis qui permet à l’expansion du pipeline Keystone XL de traverser la frontière.

Nous sommes déçus des commentaires faits par M. Biden, a dit Jason Kenney, surtout que Joe Biden a mené toute sa campagne à l’investiture démocrate sans prendre cette position.

Ce projet va permettre la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord et créer des milliers d’emplois. Des travailleurs sont même actuellement à pied d’oeuvre à installer des tuyaux dans le sol aux États-Unis et au Canada, a ajouté le premier ministre de l’Alberta, qui n’a pas non plus manqué de rappeler que le projet a de nombreux soutiens aux États-Unis, dont celui de tous les gouverneurs des États touchés par le tracé et de plusieurs grands syndicats américains.

Jason Kenney pendant une conférence de presse.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney.

Photo : Radio-Canada

Les prochaines élections américaines vont se jouer sur l’économie et la création d’emplois et c’est pourquoi ce projet devrait aller de l’avant, a ajouté Jason Kenney.

L’Alberta a investi 1,5 milliard de dollars canadiens dans le pipeline à la fin mars, offrant aussi 6 milliards de dollars en garanties de prêts. Une décision qu’a défendue Jason Kenney en conférence de presse mardi.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Nous avons pris cette décision parce que, justement, il y avait des risques, a lancé Jason Kenney, faisant un parallèle avec l’achat par Ottawa du pipeline TransMountain.

Nous croyons qu’il s’agissait de la bonne décision, nous avons créé des milliers d’emplois, y compris aux États-Unis.

Jason Kenney a aussi apporté une précision sur les 6 milliards en garanties de prêts, affirmant que l’argent ne doit être utilisé qu’à la prochaine saison de construction.

Ces garanties de prêts sont là pour assurer la construction l’année prochaine, après l’élection américaine et l’inauguration du président à la fin janvier. Alors ces 6 milliards de dollars ne sont pas à risque, a expliqué le premier ministre.

Jason Kenney a aussi dit qu’il n'éliminait pas la possibilité de déposer un recours auprès de l’Organisation mondiale du commerce si le projet était annulé.

Je ne peux pas imaginer qu’un président américain, dans 8 ou 9 mois, demande qu’on retire des kilomètres de tuyaux du sol,alors qu’ils viennent d’être enfouis, mais si c’est le cas, nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous défendre, a ajouté Jason Kenney.

Lundi, Joe Biden s’est prononcé fermement contre l’oléoduc qui doit acheminer du pétrole de l’Alberta vers les raffineries du Texas. Le pipeline de 1930 kilomètres de TC Energy, anciennement TransCanada, a été proposé en 2008. Il transporterait jusqu'à 830 000 barils de brut par jour vers les raffineries et les terminaux d'exportation du golfe du Mexique.

Joe Biden, candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine de 2020 et ancien vice-président, prend la parole lors du Forum présidentiel sur la question des armes à feu à Des Moines.

Joe Biden souhaite annuler le permis présidentiel qui autorise le projet de pipeline Keystone XL à traverser la frontière, ce qui soulève du mécontentement au Canada.

Photo : Reuters / Scott Morgan

Joe Biden dans son droit

Le professeur de droit James Coleman, de l’Université Southern Methodist, à Dallas, au Texas, connaît bien le dossier et juge que Joe Biden serait dans son droit le plus légitime en annulant le permis.

Il aurait tout à fait le droit d’annuler le projet Keystone XL, même s’il est déjà construit. Le président a le pouvoir exécutif d’approuver la construction et les activités des pipelines, dit James Coleman. Selon lui, TC Energy intenterait probablement un recours judiciaire contre une éventuelle administration Biden.

Ce serait surprenant que TC Energy l’emporte, et cela pourrait prendre des années, mais il n’y a jamais de certitudes en cour, dit-il.

Selon l’ancien ambassadeur américain au Canada sous Barack Obama, Bruce Heyman, Joe Biden tente avec cette prise de position de rallier les plus progressifs à sa campagne, des électeurs qui auraient favorisé son ancien rival dans la course démocrate Bernie Sanders.

Nous sommes évidemment en pleine campagne [...] mais je pense aussi qu'il clarifie ses positions auxquelles il tient, a indiqué Bruce Heyman.

Réactions fédérales

La question a aussi rebondi à Ottawa mardi matin. Lors de son point de presse quotidien à Ottawa, Justin Trudeau a indiqué mardi qu’il a toujours défendu l’oléoduc Keystone, y compris deux ans avant d’être élu premier ministre .

Je suis allé à Washington pour parler aux démocrates de l’importance d’assurer que l’énergie canadienne continue d’accéder aux États-Unis. Je vais travailler avec le gouvernement à la fin des élections américaines, quel qu'il soit, pour lui rappeler que le Canada est une source sûre et fiable d’énergie dont [les États-Unis] ont besoin.

Gros plan du premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

De son côté, le chef de l’opposition officielle conservatrice, Andrew Scheer, a dit qu'il s'agissait d’une situation très inquiétante et très alarmante pour les gens qui sont frappés durement par le ralentissement dans le secteur de l’énergie .

L’industrie énergétique est déjà chancelante à cause des politiques de notre propre gouvernement. Je vous rappelle que le gouvernement libéral a annulé des projets de pipeline dont l’industrie avait besoin et qui auraient permis d’acheminer le pétrole vers les marchés internationaux en Asie et dans d’autres pays, a ajouté Andrew Scheer.

Nous croyons que Justin Trudeau devrait encourager ses amis au Parti démocrate à constater les bénéfices économiques pour les deux pays et la science qui montre les avantages sur le plan environnemental, a-t-il ajouté.

Portrait d'Andrew Scheer qui s'exprime en conférence de presse.

Le chef du parti conservateur, Andrew Scheer, lors d'un point de presse le 15 mai 2020.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

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