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« Des pourvoiries illégales » dans plusieurs régions du Québec

Des chaloupes attachées à un quai sur un lac.

La pêche sera permise à compter de mercredi, mais l'hébergement ne sera toujours pas permis dans les pourvoiries du Québec à cette date.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Maude Montembeault

Pendant que leurs établissements demeurent fermés à l’hébergement, des pourvoyeurs dénoncent que des chalets privés seraient loués pour effectuer des activités de pêche sans nécessairement respecter les recommandations de la santé publique.

Qu’ils soient en Abitibi-Témiscamingue, en Mauricie ou dans Lanaudière, plusieurs pourvoyeurs dénoncent qu’il y ait deux poids, deux mesures en forêt.

D’un côté, disent-ils, des amateurs de plein air peuvent se réunir dans des chalets, à l’abri de la surveillance policière, et profiter des activités de pêche sans nécessairement se préoccuper des directives gouvernementales.

De l’autre, les pourvoyeurs, qui ont élaboré un protocole sanitaire prévoyant notamment la désinfection des chalets, ne peuvent recevoir des membres d’une même famille résidant à la même adresse.

Des pourvoiries illégales, résume Sylvain Turenne, du Domaine du renard bleu, à Saint-Damien dans Lanaudière.

La pourvoirie se décrit comme la plus près de Montréal. Pour l’entreprise, l’hébergement représente 80 % des revenus.

Un homme, bras croisés, devant une maison en bois rond.

Le propriétaire du Domaine du renard bleu, Sylvain Turenne, trouve injuste que des propriétaires de chalet puissent louer leur propriété alors que les pourvoiries ne peuvent toujours pas héberger des clients.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Sur son cellulaire, Sylvain Turenne nous montre des petites annonces de chalets à louer. Il y a plusieurs preuves, avance-t-il.

La semaine dernière, il a intercepté des gens sur le terrain de sa pourvoirie. Ils me le disaient carrément : "j’ai loué un chalet. Je le cherche. Dans la ZEC, il y a un de mes chums qui m’a loué son chalet. Je m’en viens à la pêche."

On vient de rendre ça exponentiel, renchérit Yves Bouthillette, de la pourvoirie Chalets Baie des plongeurs, située à Laniel en Abitibi-Témiscamingue. Les gens ont tendance à vouloir s’éloigner des villes, ils ont tendance à vouloir se changer les idées avec un peu de pêche, un peu de chasse. Qui peut leur offrir ça? Ce sont les régions.

Il y a un service illicite, illégal, de location de chalets par beaucoup de personnes pour faire un peu d’argent. Le problème, c’est qu’il n’y a aucun encadrement comme c’est le cas en pourvoirie. Tu peux faire ce que tu veux, comme tu veux, quand tu veux et avec qui tu veux.

Yves Bouthillette, de la pourvoirie Chalets Baie des plongeurs

« Les gens de l’Ontario entrent au Québec à tour de bras »

Les régions de Lanaudière et de la Mauricie sont susceptibles d’accueillir en forêt des visiteurs de Montréal vu la proximité avec la métropole. Rares cependant sont ceux qui se déplacent pour une seule journée de pêche, comme cela sera permis à compter du 20 mai.

Façade de l'auberge de la Pourvoirie du lac Blanc.

La Pourvoirie du lac Blanc, à Saint-Alexis-des-Monts, compte une auberge et 12 chalets, tous inoccupés depuis le début de la crise sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Maude Montembeault

À la Pourvoirie du lac Blanc, à Saint-Alexis-des-Monts, le directeur des ventes et du marketing, Daniel Grenier, ne veut pas cibler en particulier les Montréalais. Il déplore avec vigueur la situation qui existait avant la pandémie, mais qui est actuellement amplifiée. On trouve ça vraiment navrant. Ça nous met en beau fusil, dit-il.

On entend parler qu’il y a des gens qui louent leur chalet, qui font ça on the side, des fois au noir parce qu’ils ne veulent pas se faire voir. Tu n’as pas le droit.

Daniel Grenier, directeur des ventes et du marketing, Pourvoirie du lac Blanc

Les gens de l’Ontario entrent au Québec à tour de bras. Ils veulent se sauver des grandes villes eux autres aussi, ajoute Yves Bouthillette, qui est aussi président de l’Association des pourvoyeurs de l’Abitibi-Témiscamingue.

Les pourvoyeurs croient que leur industrie est mal comprise par la direction de la santé publique. Ils disent avoir une bonne écoute au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, mais aimeraient pouvoir discuter directement avec les hauts dirigeants de la santé publique.

Les mois de mai et juin représentent en moyenne 50 % du chiffre d’affaires des pourvoyeurs.

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