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Les AA en ligne : plus flexible et efficace, mais moins chaleureux

Une femme participe à une rencontre en ligne.

Plusieurs dizaines de rencontres des AA ont lieu en ligne chaque jour dans la grande région de Toronto.

Photo : Getty Images / Capuski

Les rencontres des Alcooliques anonymes (AA) ont été déplacées en ligne au début de la pandémie. Deux mois plus tard, des membres vantent les avantages des rencontres virtuelles, tandis que d'autres soulignent leurs limites.

Aari fait partie de ceux qui ont adopté la formule. Il explique qu’il peut maintenant participer à des réunions partout dans le monde. C’est la beauté de la situation actuelle.

Radio-Canada a accepté de ne pas dévoiler l'identité des membres des AA pour obtenir leur témoignage en respectant le principe des Alcooliques anonymes.

Il a participé à des rencontres à Dallas, en Caroline du Nord et en Californie.

Je vais à des réunions qui me permettent de retrouver de vieux amis, dit-il.

Il prévoit aussi d’assister à des rencontres virtuelles en France et au Québec prochainement.

L’émergence des rencontres en ligne lui permet aussi de participer à plus d’événements. Il raconte qu’il assiste parfois à trois rencontres le même jour, alors qu’avant la pandémie, il prenait part à une seule réunion quotidienne.

Je vais continuer à aller à des réunions Zoom, même si les choses reprennent comme avant.

Aari, membre des AA depuis environ 10 ans

Il souligne que des réunions virtuelles des AA existaient déjà avant pour ceux qui habitent dans des régions éloignées ou ceux qui ont des problèmes de mobilité. En raison de la pandémie, toutefois, leur nombre a explosé.

Le besoin d’une rencontre physique

Marie a aussi adopté les rencontres en ligne. La Torontoise y voit de nombreux avantages, mais se retrouver physiquement, c’est irremplaçable, selon elle. 

C’est très bien qu’on puisse le faire en ligne, mais il y a tout de même tout l’aspect relationnel qui n’est pas là. Et c’est quand même important de faire cette démarche physique d’aller quelque part, explique-t-elle.

Un homme à un bar avec des bouteilles d'alcool.

En 2018, 19 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus ont déclaré des consommations d’alcool pouvant être considérées comme étant abusives, selon Statistique Canada.

Photo : iStock / South_agency

Pour Lee-Ann les réunions en ligne ont été un échec. La mère de famille de Hamilton a tenté de s’y joindre, mais elle raconte qu’il y avait trop de problèmes techniques.

Elle s’est plutôt tournée vers des vidéos de témoignages sur YouTube et des conversations téléphoniques avec son parrain pour résister à la tentation de prendre un verre.

Ça me manque de ne pouvoir être dans la même pièce que quelqu’un qui partage le même problème, raconte-t-elle.

Un désavantage pour les nouveaux venus

Aari, Marie et Lee-Ann croient que ceux qui se joignent aux AA durant la pandémie sont désavantagés.

Normalement, quand on voit des nouveaux, c’est un réflexe d’aller leur serrer la main, de leur demander comment ils vont, de leur demander leur numéro de téléphone pour pouvoir les aider. Or [en ligne] ça devient un peu délicat, parce qu’on n’a plus cette situation où on peut approcher les nouveaux, explique Aari.

Des personnes discutent, assises en cercle.

Des membres des AA disent que les occasions d'échange ont presque disparu en même temps que les rencontres en personne.

Photo : iStock / Steve Debenport

La professeure de psychologie Louise Nadeau, de l’Université de Montréal, pense aussi que les réunions virtuelles des AA sont surtout bénéfiques pour ceux qui sont membres d’un groupe d’habitués.

Quand c’est un groupe qui est organisé depuis longtemps, les réunions à distance sont extrêmement efficaces.

Louise Nadeau, professeure de psychologie à l'Université de Montréal

Quand on ne connaît pas les gens, c’est beaucoup plus difficile parce que l’écran ne nous permet pas d’évaluer avec autant de précision l’état émotionnel de la personne, ajoute-t-elle. C'est comme s’il y avait deux systèmes d’efficacité.

La psychologue ajoute que les études démontrent que la téléthérapie fonctionne pour les traitements un à un, mais il y a peu de données sur la téléthérapie en groupe.

Elle souligne aussi qu’il y a beaucoup d’autres façons d’arrêter de boire que celle proposée par les AA. La chose la plus importante pour quelqu’un qui a un problème d’alcool, c’est de trouver une façon d’arrêter qui lui convient à lui.

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