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Reprise des chirurgies : le défi de transférer des patients de Montréal vers Québec

Bruno Savard discute avec le chirurgien Julien Clément.

Photo : iStock

Alors que les opérations non urgentes reprennent au Québec, la ministre Danielle McCann évoque la possibilité que des patients soient transférés entre régions pour réduire les listes d'attente. Un défi réalisable, mais qui demande beaucoup d'organisation, conviennent deux spécialistes.

Des patients de Montréal atteints du cancer pourraient par exemple se faire opérer à Québec, la capitale étant beaucoup moins touchée par la COVID-19 que la métropole.

C'est discuté, il y a tout un projet de panification globale parce que le retard qui a été pris, évidemment si on opère au même rythme qu'avant, il va se prolonger de façon indue. Il est possible que si certaines capacités ne sont pas optimales dans certaines régions, dans certains hôpitaux, il peut y avoir des transferts, confirme le président de l'Association des chirurgiens cardiovasculaires et thoraciques du Québec, le Dr Louis Perrault.

Le chirurgien oncologique de l’Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Jean-François Ouellet, se dit prêt à recevoir des patients de Montréal. Toutefois, ces transferts risquent d’être complexes à organiser.

C’est quelque chose qu’on peut certainement envisager d’un point de vue théorique. Le diable est cependant dans les détails. Quand on arrive pour faire un tel type de transfert, il faut s’assurer que les bonnes personnes vont opérer les bons patients, a affirmé le spécialiste dans une entrevue à l'émission matinale Première heure.

Il ne faut pas non plus surcharger les hôpitaux à Québec, de façon à ce qu’on ne puisse pas opérer les patients qui sont sur nos listes depuis plusieurs semaines et plusieurs mois.

le Dr Jean-François Ouellet, chirurgien oncologique de l’Hôtel-Dieu de Québec
Un chirurgien prend un instrument dans sa main.

Il y aurait un arriéré d'au moins 100 000 interventions chirurgicales dites « non urgentes » au pays en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : iStock

Réduire la liste d'attente

D'ici à ce qu'une décision soit prise sur un possible transfert de patients entre régions, le Dr Jean-François Ouellet se dit convaincu que ses collègues et lui seront en mesure de réduire la liste d’attente.

Présentement, en oncologie seulement, plusieurs centaines de personnes figurent sur la liste d’attente de l’Hôtel-Dieu de Québec. Avant le début de la pandémie, la liste comptait quelques patients seulement.

Durant le report des chirurgies moins urgentes, deux salles d’opération sur dix étaient utilisées à l’Hôtel-Dieu de Québec.

Les hôpitaux devront cependant rapatrier du personnel et fonctionner à plein régime afin de réduire le temps d’attente pour les personnes atteintes de cancer.

L’annonce de madame McCann va être accueillie avec un grand soulagement par les patients. Je suis assez optimiste. On a senti une grande volonté de la part de l’établissement de prioriser les cas de cancer. Je pense que dans les prochaines semaines, s’il y avait une reprise significative des activités, on va être capables de rediminuer cette liste-là, j’en suis convaincu, souligne Jean-François Ouellet.

Reprise des chirurgies non urgentes

Les chirurgiens ont hâte aussi

Le Dr Louis Perrault assure pour sa part que les chirurgiens souhaitent eux aussi reprendre du service et traiter le plus de patients possible, dans les meilleurs délais.

C'est assez frustrant, comme chirurgiens de ne pas pouvoir donner le traitement à nos patients qui sont en attente. Il y a des chirurgiens qui sont en attente depuis presque deux mois. La chirurgie, c'est comme jouer d'un instrument de musique. Il faut en jouer tous les jours, idéalement, conclut Louis Perrault.

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