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Loyers impayés : des propriétaires se disent au bord du gouffre financier

Le propriétaire et sa conjointe devant un champ de fleurs.

Allen Stevens, ici avec sa conjointe, Kathleen Zeweniuk, dit que ses locataires lui doivent 3 600 $ de loyers impayés sans compter les factures d'eau.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Allen Stevens,

Radio-Canada

Un propriétaire de Winnipeg dit avoir perdu près de 4000 $ depuis le mois de février à cause de loyers impayés. En raison de la COVID-19, la procédure d’éviction de ses locataires a été suspendue.

Je m’endette de plus en plus, dit Allen Stevens qui est le propriétaire de nombreuses maisons à Winnipeg.

Un jeune couple loge depuis environ un an dans une de ses 25 propriétés dans la capitale manitobaine.

Selon Allen Stevens, ces locataires ont toujours accusé un retard de paiement dans leur loyer.

Alors, après de nombreux mois de procédures, une ordonnance d’expulsion a finalement été signée. Mais le jour suivant, le gouvernement du Manitoba a suspendu les expulsions dans la province en raison de la pandémie de la COVID-19.

La Direction de la location à usage d’habitation et la Commission de la location à usage d’habitation ont suspendu toutes les audiences, à l’exception de celles qui impliquent la santé et la sécurité des locataires ainsi que des activités illégales.

Je me suis tourné vers la Direction. Nous avons eu une audience. Nous avions trouvé un accord, mais les locataires ne l’ont pas respecté, ajoute Allen Stevens.

Non urgent

Ce dernier explique avoir aussi engagé des frais pour le bref de mise en possession et le Service des shérifs afin de procéder à l’expulsion. Mais aujourd’hui, il se sent abandonné par le système.

D’après la province, le Service des shérifs est en train de revoir toutes les procédures, mais il n'effectue pas d'expulsions forcées sauf dans des cas urgents. Le non-paiement des loyers ne fait pas partie de tels cas.

Allen Stevens souligne que de tels agissements peuvent mettre en péril ses activités. Si ses autres locataires arrêtent de payer leur loyer, il sera dans l’obligation de vendre ses biens et de trouver un autre moyen de gagner sa vie.

Les gouvernements fédéral et provincial ont mis en place des aides financières pour les gens qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie. Cependant, il n’y a rien qui contraint les bénéficiaires à utiliser cette somme pour payer leurs factures.

Vers une aide pour les propriétaires?

De 5 à 10 % des locataires de Winnipeg ne paient pas leurs loyers en ce moment, selon une estimation de l’Association des gestionnaires immobiliers professionnels.

Nous voyons certaines personnes qui disent à leur propriétaire qu’elles ne vont pas payer leur loyer parce qu’elles ne peuvent pas être expulsées, explique le porte-parole de l'Association et vice-président de Kay Four Properties, Avrom Charach.

Ce dernier souligne que le non-paiement des loyers est encore plus plus important losrque s’y ajoute celui des factures d’eau. La Ville de Winnipeg s’en remet dans ces cas-là aux propriétaires et non aux locataires.

Avrom Charach comprend la mesure du gouvernement de suspendre les évictions, mais souhaite qu’il vienne aussi en aide aux propriétaires qui font face à des difficultés pendant cette crise sanitaire.

Son association et d’autres professionnels ont demandé à la province de créer une aide au loyer, comme celle qui existe en Colombie-Britannique, en Ontario et au Yukon.

Le gouvernement n’a pas encore donné de réponse à notre demande, mais ne l'a pas non plus rejeté, assure Avrom Charach.

Avec les informations de Caroline Barghout

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