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Le parti d'Emmanuel Macron perd sa majorité parlementaire

La formation d'un nouveau groupe parlementaire qui place la « transformation sociale et écologique » au cœur de ses priorités fait perdre sa majorité au parti La République en marche.

Le premier ministre Édouard Philippe s'adresse aux parlementaires français.

La perte de la majorité du groupe LREM compliquera un peu plus la tâche du premier ministre français Édouard Philippe.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Agence France-Presse

Le parti politique du président français Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), a perdu mardi sa majorité absolue à l'Assemblée nationale, principale chambre parlementaire, et devra composer avec ses alliés.

Un neuvième groupe de 17 députés composé presque entièrement d'anciens marcheurs a vu le jour, faisant tomber le groupe LREM à 288 membres, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, qui détient plus de pouvoirs que le Sénat, la chambre haute.

Baptisé Écologie Démocratie Solidarité, il se veut indépendant, ni dans la majorité, ni dans l'opposition, selon ses membres, dont certains évoluaient sur l'aile gauche du parti d'Emmanuel Macron.

LREM se place au centre de l'échiquier politique et tente de maintenir un équilibre entre sa jambe gauche et sa jambe droite, parfois jugée par certains la plus forte des deux en raison des grandes réformes conduites au début du quinquennat sur l'assurance chômage par exemple.

Bâti par Emmanuel Macron lors de son ascension fulgurante vers le pouvoir en 2017, LREM a siphonné par le centre le Parti socialiste (gauche) et le parti Les Républicains (droite).

En juin 2017, le groupe LREM comptait 314 membres et apparentés et a connu une lente érosion, à mesure que la popularité du président français s'érodait au gré des réformes houleuses et des crises sociales.

La perte de majorité absolue est un symbole fort même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur une cinquantaine d'élus d'autres groupes centristes. LREM pourrait également récupérer rapidement la majorité absolue avec l'arrivée dans ses rangs de la future suppléante d'un député démissionnaire.

Cinq hommes et une femme tiennent les lettres formant le mot Écologie sur le pavé devant l'Assemblée nationale.

Des membres du nouveau groupe parlementaire ont mené une opération pour se faire connaître, mardi, devant l'Assemblée nationale.

Photo : Getty Images / AFP/FRANCOIS GUILLOT

De son côté, le nouveau groupe entend, selon ses membres, contribuer à une ambition forte de transformation sociale et écologique.

Un des membres du nouveau groupe, le mathématicien Cédric Villani, a récusé toute fronde, affirmant que les élus du groupe entendaient mettre des propositions fortes sur la table au moment où tout va redémarrer.

Depuis plusieurs jours, les cadres de LREM et l'entourage d'Emmanuel Macron grondaient, dénonçant un contresens politique, un contretemps politique, parce que précisément, nous sommes en train de bâtir la ligne politique pour l'après ou encore des grenouillages.

Un des poids lourds du gouvernement français, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, figure de cette aile gauche du parti d'Emmanuel Macron, s'est montré rassurant mardi matin.

En tout cas, ça ne remet pas en cause la majorité d'Emmanuel Macron, la majorité d'Édouard Philippe (premier ministre, NDLR) qui est très forte puisqu'il y a à la fois le groupe En Marche, ce groupe qui, je l'espère, continuera à agir au sein de la majorité, et puis il y a le groupe Modem, il y a le groupe Agir. Bref la majorité n'est pas en danger, loin de là. Ça s'appelle une majorité parlementaire, a-t-il soutenu.

Des élus de la majorité travaillent aussi en interne à une initiative sur l'axe social et écologique, baptisée En commun. Du côté du nouveau groupe, on y voit une tentative de colmater la fuite.

Dans l'opposition, le député d'extrême gauche du parti La France insoumise (LFI) Eric Coquerel salue une bonne nouvelle qui devrait se concrétiser dans les urnes.

Pour le président de droite du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains), c'est le jeu normal de la démocratie au sein d'un groupe assez composite, bâti autour d'un projet qui a plutôt été l'effacement des autres.

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