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La réaction de l'OMS face à la pandémie fera l'objet d'une évaluation indépendante

L'Organisation mondiale de la santé est sous pression constante des États-Unis, qui lui reprochent d'avoir mal géré la pandémie, responsable de plus de 318 000 morts dans le monde.

Le directeur général de l'OMS est entouré de journalistes dans les locaux de l'OMS.

Le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, au terme de la conférence de presse où il a annoncé que le coronavirus était désormais une pandémie, le 11 mars 2020.

Photo : Getty Images / AFP/FABRICE COFFRINI

Agence France-Presse

Les 194 pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les États-Unis et la Chine, ont adopté mardi une résolution prévoyant une « évaluation indépendante » de la réaction de l'agence onusienne à la pandémie du nouveau coronavirus.

Ce texte approuvé par consensus prévoit de lancer au plus tôt (...) un processus d'évaluation impartiale, indépendante et complète de l'action internationale engagée face à la pandémie, en vue d'améliorer les capacités mondiales de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies.

Cette évaluation, dont les contours demeurent flous, devra passer au crible les mesures prises par l'OMS face à la pandémie de COVID-19 et leur chronologie.

L'OMS et son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sont sous pression constante des États-Unis qui leur reprochent de s'être plantés dans la gestion de la pandémie, laquelle a fait plus de 318 000 morts depuis son apparition en décembre en Chine.

Accusant l'OMS d'être une marionnette de la Chine, Washington estime qu'elle a négligé une alerte précoce venue de Taïwan sur la gravité du coronavirus et qu'elle a tardé à déclarer l'état de pandémie, ce dont l'organisation se défend.

Le président américain Donald Trump lui a donné un mois mardi pour obtenir des résultats significatifs, sous peine de quitter l'organisme dont les États-Unis étaient traditionnellement le premier bailleur de fonds.

Bien que la résolution adoptée mardi à l'occasion de la réunion annuelle de l'Assemblée mondiale de la santé ne fasse pas référence à la Chine, les États-Unis ne s'y sont pas opposés. Ils soupçonnent pourtant Pékin d'avoir caché un accident de laboratoire qui, selon Washington, aurait été à l'origine de la pandémie et réclament une transparence totale.

Gros plan sur le visage de Donald Trump lors d'une conférence de presse.

Le président américain Donald Trump

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Lundi, le secrétaire d'État américain à la Santé, Alex Azar, avait assuré que l'échec de l'OMS face à la COVID-19 avait coûté de nombreuses vies, réclamant une OMS bien plus transparente et qui rende davantage de comptes.

La Chine a volé au secours de l'organisation mardi en estimant que l'administration américaine essayait de se soustraire à ses obligations envers l'OMS et de salir ses efforts face à l'épidémie.

Et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a fustigé, sans les nommer, ces pays qui ont ignoré les recommandations de l'OMS de tester et isoler systématiquement, ainsi que de faire respecter de strictes mesures de distanciation physique.

Les autorités chinoises ont à plusieurs reprises répliqué aux allégations américaines en estimant qu'elles servaient à faire oublier le bilan de la pandémie aux États-Unis, pays le plus touché tant en nombre de morts qu'en nombre de cas, avec 90 369 décès pour plus de 1,5 million de cas.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a d'ores et déjà réaffirmé lundi que l'OMS avait sonné l'alarme rapidement et souvent, et qu'il lancerait une enquête indépendantele plus tôt possible, mais au moment approprié.

Ottawa appuie l'OMS, mais se pose des questions

Interrogé mardi sur le litige entre Washington et Pékin au sujet de l’OMS, le premier ministre canadien Justin Trudeau a soufflé le chaud et le froid. Il a offert son soutien à l’agence onusienne, tout en disant qu’Ottawa attend effectivement des réponses quant à la gestion de la crise de la COVID-19.

Le Canada croit que des institutions multilatérales comme l’OMS sont extrêmement importantes, particulièrement lors d’une crise comme celle en cours. Aucune institution internationale n’est parfaite, et il y a de toute évidence des choses sur lesquelles il faut travailler, a-t-il déclaré.

Relancé sur les liens entre l’agence onusienne et ses plus importants donateurs, alors que la Chine s’est engagée à lui verser deux milliards de dollars en deux ans, Justin Trudeau en a rajouté.

Nous devrons poser des questions sur l’indépendance et la force des organisations pour faire le genre de choses qui sont absolument nécessaires pour que tout le monde sur la planète soit en sécurité. Cet équilibre doit être étudié attentivement. De vraies questions entourant la Chine devront trouver des réponses dans les mois et les années à venir, et nous participerons à cela.

Source : Radio-Canada

L'Europe rêve de relance

Alors que la pandémie a mis à genoux l'économie mondiale, la France et l'Allemagne ont proposé lundi un plan de relance de 500 milliards d'euros pour tenter de faire repartir l'activité au sein de l'UE, dont les membres peinent toujours à s'entendre sur un plan de relance commun.

En pratique, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron proposent que la Commission européenne emprunte sur les marchés au nom de l'UE, avant de reverser l'argent aux pays européens et aux secteurs et régions les plus touchés.

La pandémie est considérée sous contrôle en Europe, où la majorité des pays ont commencé à déconfiner leurs populations, avec à la clé la réouverture de sites emblématiques comme l'Acropole, le Mont-Saint-Michel ou Saint-Pierre de Rome. Mais elle continue de progresser notamment en Inde et en Amérique du Sud.

Au Chili, des émeutes de la faim ont éclaté dans la banlieue de la capitale Santiago, placée dans un strict confinement.

Je suis toiletteuse pour chiens, j'ai une petite entreprise. On ne me donne aucune subvention, déplore Paola Garrido, qui peine à nourrir ses quatre enfants.

La police utilise un canon à eau contre la foule

Manifestation dans un quartier pauvre de Santiago

Photo : Reuters / IVAN ALVARADO

Plus au nord, le coronavirus a encore aggravé la crise économique qui mine le Venezuela, contraignant les habitants à une économie de survie.

On cuisine au feu de bois, on mange ce qu'on trouve, c'est un peu comme un camp scout, résume Hector, patriarche d'une famille de San Cristobal, dans l'ouest du pays.

Alors que la course au vaccin se poursuit dans le monde, la société américaine Moderna a annoncé lundi de premiers résultats encourageants, mais à prendre avec précaution. Des essais à grande échelle sont prévus en juillet.

En Chine, la prestigieuse Université de Pékin Beida pense pour sa part avoir découvert un remède potentiel à base d'anticorps prélevés sur des patients guéris de la COVID-19.

Lundi, à l'ouverture de la réunion de l'OMS, le président chinois Xi Jinping avait assuré qu'un éventuel vaccin chinois serait un bien public mondial. M. Macron a également estimé que chacun devra pouvoir avoir accès à un futur vaccin.

En attendant une percée médicale, Donald Trump a créé la surprise lundi en révélant qu'il prenait de l'hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme dont l'efficacité contre le coronavirus n'a pas été démontrée.

J'en prends depuis une semaine et demie [...] je prends un comprimé par jour, a-t-il déclaré lors d'un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche, soulignant qu'il n'avait aucun symptôme de la COVID-19.

Cela ne va pas me faire de mal, c'est utilisé depuis 40 ans pour le paludisme [...], beaucoup de médecins en prennent, a encore dit M. Trump, alors que les autorités sanitaires américaines ont mis en garde contre l'utilisation de cet antipaludéen en dehors d'un milieu hospitalier ou d'essais cliniques.

Un serveur masqué sert un client

Un restaurant à Valence, en Espagne.

Photo : Reuters / NACHO DOCE

Un déconfinement à géométrie variable

En Europe, où l'Italie et l'Espagne notamment ont vu leurs bilans quotidiens passer sous le seuil des 100 morts pour la première fois en deux mois, le déconfinement se poursuit.

Cafés et restaurants ont rouvert en Macédoine du Nord, mardi. En Angleterre, les entraînements de la Premier League –championnat de football le plus suivi au monde – vont reprendre mardi en petits groupes, comme lundi en Espagne. En Allemagne, la Bundesliga a redémarré le week-end dernier, à huis clos.

Plusieurs pays européens ont par ailleurs entrouvert leurs frontières aux travailleurs saisonniers pour faire face au manque de bras pour les récoltes. Il est temps d'aller travailler, de gagner de l'argent, puis de rentrer heureux, se réjouit Mykola, 32 ans, avant de prendre un vol spécial de Kiev à Helsinki.

En revanche, le confinement va rester en vigueur en Turquie pour toute la durée de l'Aïd-el-Fitr, la fête qui marquera la fin du ramadan. Des mesures semblables ont été prises en Syrie, qui n'organisera pas de prières collectives, et dans d'autres pays à majorité musulmane comme l'Égypte ou l'Algérie.

À Jérusalem, une réouverture de l'esplanade des Mosquées est prévue après la fin du ramadan.

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