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Anxieux et masqués, les ouvriers de l'automobile retournent dans les usines américaines

Des gens portant des masques marchent en s'éloignant de l'usine.

Des travailleurs quittent l'usine de Fiat Chrysler située à Warren, au Michigan, après une première journée au boulot.

Photo : Associated Press / Paul Sancya

Agence France-Presse

Masques et lunettes de sécurité sur le visage, contrôle des températures et lavage de mains à leur arrivée : les employés de l'automobile ont repris lundi le chemin des usines aux États-Unis deux mois après une fermeture pour cause de pandémie de COVID-19.

C'est le premier grand test pour une possible accélération du déconfinement et la reprise de l'activité économique ainsi que le début d'une ère nouvelle dans les usines.

Il est encore tôt, mais nous n'avons pas entendu parler d'incident majeur et les effectifs semblent être au niveau, voire au-dessus de ce que nous estimions, a déclaré à l'AFP par courriel Brian Rothenberg, un porte-parole du puissant syndicat UAW (United Auto Workers).

À Warren, au nord de Détroit, où se trouve une usine de production de camionnettes RAM 1500 de Fiat Chrysler, les premiers employés sont arrivés peu avant 5 h (HAE), sous la pluie, pour prendre leur service, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des dispositifs de sécurité et de précaution sanitaires étaient installés. Des agents s'assuraient qu'ils respectaient la distanciation physique pour entrer dans l'usine et remplissaient un questionnaire permettant de savoir s'ils avaient été en contact récent avec des personnes malades ou s'ils présentaient des symptômes.

Tout le monde devrait être testé avant d'entrer parce qu'on peut l'attraper ici sans le savoir. On risque notre vie en venant à l'usine, s'inquiétait Theresa Segura, dont le frère a été récemment déclaré positif à la COVID-19.

Ils [Fiat Chrysler] vont me contacter dans les prochaines 24 h pour me dire la marche à suivre pour que je puisse être testée également, a-t-elle poursuivi, expliquant avoir été en contact physique avec son frère.

Je suis un peu anxieux, a confié Gary Laruante, affirmant être revenu parce qu'il doit subvenir aux besoins de sa famille.

Une série de contrôles

Du côté de General Motors, le premier constructeur du pays, les choses se sont passées sans accroc, sur la foi des informations préliminaires que nous avons, a dit par courriel le porte-parole Jim Cain.

Il a assuré que le constructeur aux quatre marques – Chevrolet, Buick, GMC et Cadillac – avait mesuré la température des employés et leur avait donné des masques, des lunettes de sécurité et autres équipements de protection personnelle avant de les laisser entrer dans les usines.

Ces derniers ont dû également se laver les mains avec du gel hydroalcoolique et répondre à un questionnaire sur la maladie. Ils devaient par ailleurs respecter la distanciation physique, nécessaire aux chaînes de montage où les employés sont souvent côte à côte et face à face dans des périmètres réduits.

Des centaines de véhicules sont stationnés devant une usine.

Des véhicules Jeep garés dans le stationnement de l'usine d'assemblage Jefferson à Détroit.

Photo : Associated Press / Carlos Osorio

Les trois grands constructeurs américains ont noué des partenariats avec des laboratoires et centres de santé pour un diagnostic rapide de leurs employés qui présenteraient des symptômes de la COVID-19 sur le lieu de travail.

Tesla, le groupe de véhicules électriques, devait également reprendre sa production lundi.

Le président Donald Trump, qui presse les entreprises de relancer la machine économique, doit visiter jeudi un site de Ford, Ypsilanti, qui se trouve à Rawsonville au sud-est de Détroit.

Ce dernier avait été réaménagé, au plus fort de la pandémie aux États-Unis, pour fabriquer des respirateurs en partenariat avec General Electric.

Une reprise progressive

La réouverture des usines des trois grands constructeurs de Détroit intervient à un moment où certains États hésitent encore à accélérer le déconfinement, tandis que des sondages montrent qu'une grande partie des salariés redoute de retourner au bureau.

Si elle s'effectue sans éclosion de nouveaux cas de contamination, elle pourrait inciter d'autres secteurs encore hésitants à en faire autant.

La réouverture des usines automobiles est importante pour l'économie, les recettes fiscales, la survie des constructeurs et la stabilisation du marché du travail, estime Art Wheaton, professeur de droit du travail à l'Université Cornell, dans l'État de New York.

La reprise de la production de voitures sera progressive, répètent GM, Ford et Fiat Chrysler.

Nous redémarrons les opérations avec une équipe. Nous allons ajouter la deuxième équipe, et possiblement la troisième, dans les prochaines semaines si les conditions le permettent, indique Jim Cain de GM.

Lundi, 17 sites sur 32 du géant de Détroit ont rouvert, d'après un décompte fourni par l'entreprise, et l'activité a également recommencé sur un site canadien se trouvant en Ontario.

Pour ce qui est de Ford, seules deux équipes ont repris le travail afin de permettre la désinfection régulière des usines, tandis qu'une pause récurrente de 10 minutes est prise à Fiat Chrysler pour le nettoyage.

Les constructeurs américains disent avoir planifié le redémarrage de leur activité sur la base des leçons tirées en Asie, en l'occurrence en Chine, où la reprise de la production en février s'est déroulée sans nouveaux cas d'infections.

Près de 40 employés de l'industrie automobile américaine sont morts du coronavirus, selon le syndicat UAW.

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