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Joe Biden promet d'annuler le permis du pipeline Keystone XL s'il est élu

Un plan rapproché de Joe Biden.

Joe Biden promet d'annuler le permis autorisant le projet Keystone XL s'il est élu.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Stéphanie Rousseau

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden promet d'annuler le permis présidentiel autorisant l'oléoduc Keystone XL à traverser la frontière s’il est porté au pouvoir en novembre, ce qui pourrait mettre fin au projet.

Dans un communiqué, le directeur des politiques de la campagne de Joe Biden, Stef Feldman, a rappelé que Joe Biden était vice-président et faisait partie de l’administration de Barack Obama en 2015 quand celle-ci avait dit non au projet.

Ne pas autoriser Keystone était la bonne décision à l'époque et c'est toujours la bonne décision maintenant. En fait, c'est encore plus important aujourd'hui, a souligné M. Feldman.

En 2018, les plus grands scientifiques du climat du monde nous ont dit que nous avions 12 ans pour arrêter les conséquences les plus graves et irréversibles du changement climatique. Donald Trump a passé chaque jour de sa présidence à laisser passer le temps. Il a retiré les États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat que Joe Biden a aidé à mettre en place.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du pipeline Keystone XL, qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Le directeur des politiques de la campagne de Joe Biden ajoute que Donald Trump a infirmé notre décision à propos du pipeline Keystone sans évaluation additionnelle et à l’encontre de ce que dit la science.

Son administration et ses alliés utilisent même la pandémie du coronavirus comme couverture pour une attaque furtive contre les protections environnementales qui nous protègent. Ce déni de la science prendra fin le premier jour de la présidence Biden. Lorsque Joe Biden prendra ses fonctions, il nous restera neuf ans pour arrêter les pires conséquences du changement climatique et Joe Biden ne perdra pas une seule journée, a-t-il poursuivi.

La déclaration met fin à des mois d'ambiguïté sur la question, alors que d'autres candidats démocrates s’étaient déjà engagés à révoquer le permis.

Le gouvernement albertain mécontent

La ministre de l’Énergie de l’Alberta Sonya Savage s’est dite déçue de la position de Joe Biden concernant le pipeline. Elle demeure convaincue que le projet Keystone XL constitue un élément essentiel de la reprise économique post-pandémique en Amérique du Nord.

Le projet mettra 12 000 Canadiens au travail et il générera des milliards de dollars de revenus d'emploi pour les travailleurs canadiens et américains au moment où ils en ont le plus besoin, a-t-elle déclaré.

Sonya Savage a rappelé l’importance du pipeline Keystone XL pour l’Alberta et les bénéfices que les citoyens en retireront.

Notre gouvernement a investi dans ce projet parce qu’il est intimement lié aux intérêts économiques vitaux de notre province à long terme. Il entraînera une hausse des prix ainsi qu'une augmentation des volumes de production de pétrole brut issu des sables bitumineux, générant au moins 30 milliards de dollars de redevances accrues pendant au moins 20 ans pour les contribuables albertains, a-t-elle affirmé.

Elle a également souligné que le projet n’est pas dangereux et qu’il a obtenu les certifications nécessaires. Le pipeline est le plus étudié de l'histoire américaine et a été jugé sécuritaire et dans l'intérêt public à la suite de multiples examens au niveau des États et au niveau fédéral, dont deux sous l'administration Obama, a-t-elle soutenu.

Mme Savage a lancé ce message à l’administration Trump : En tant qu'ami et allié le plus proche, nous attendons du gouvernement américain, indépendamment de la politique électorale, qu'il respecte les relations canado-américaines.

En avril, le gouvernement de l’Alberta avait investi 1,5 milliard de dollars et 6 milliards en garanties de prêts dans le projet.

Déçu, mais pas surpris

L'entreprise propriétaire du projet TC Energy, anciennement connue sous le nom de TransCanada, n'a pas encore réagi à l'annonce. Mais l’ancien vice-président du développement corporatif de l'entreprise, Dennis McConaghy, est déçu.

Je ne suis pas surpris. J’ai toujours considéré Biden comme le dernier risque pour le projet.

Dennis McConaghy, ancien vice-président du développement corporatif pour TransCanada

Ça va devenir très problématique si Joe Biden est élu, ajoute Dennis McConaghy. Ce dernier précise que TC Energy termine actuellement la portion du projet qui traverse la frontière.

L’opposante de longue date au pipeline et militante démocrate, Jane Kleeb, s’est réjouie sur les réseaux sociaux, qualifiant la décision de courageuse. Quand Joe Biden gagnera, KXL sera mort et enterré, a-t-elle lancé.

Joe Biden va mettre le dernier clou dans le cercueil du pipeline KXL.

Jane Kleeb, opposante au pipeline

La majorité des propriétaires fonciers le long du tracé ont signé des contrats autorisant le pipeline à passer.

Des responsables de comtés américains ont aussi déclaré qu’ils bénéficiaient de la construction et des revenus liés au pipeline.

Le pipeline doit transporter du pétrole des raffineries de Hardisty, en Alberta, vers les raffineries du Texas.

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