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Des aînés francophones se rencontrent virtuellement pour briser l'isolement

Les mains d'une femme âgée sur un téléphone cellulaire.

Des rencontres virtuelles rassemblent des personnes âgées plus isolées dans le Canada francophone.

Photo : Getty Images / EoNaYa

Janique LeBlanc

Chaque semaine, des aînés francophones et francophiles se rencontrent par téléphone ou vidéoconférence pour échanger sur un sujet donné. Le dernier rendez-vous hebdomadaire, qui a rassemblé 10 femmes de 80 à 91 ans du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, portait sur la santé mentale. Coup d'oeil sur un échange franc et amical, parfois touchant, parfois drôle.

On est devenu comme une petite famille! lance Anne LeBlanc, l’animatrice de la réunion virtuelle de la Nouvelle-Écosse sur la plateforme Connectaînés. J’ai pas voulu mettre ma caméra à cause de ma hairdo! réplique une des participantes, provoquant l'hilarité générale.

Une capture d'écran de la plateforme Connectaînés.

La plateforme Connectaînés est une initiative de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada.

Photo : Connectaînés - Capture d'écran

C’est ainsi que s’amorce la rencontre hebdomadaire de la Nouvelle-Écosse sur la plateforme web Connectaînés, qui vise à briser l'isolement des personnes âgées francophones ou francophiles en milieu minoritaire au Canada.

Des conseils et des échanges pour garder le moral

Lillian Cunningham, une conseillère de vie, est en ligne pour suggérer des moyens de garder le moral, malgré les circonstances souvent difficiles que la vie apporte. Des difficultés exacerbées par l’isolement imposé par la pandémie de la COVID-19.

Donna, l’une des participantes, vient de perdre son neveu et s'inquiète pour la santé de son petit-fils de 10 ans, qui souffre d'un cancer. Ça m’a rendue vraiment triste. Je pense à lui tout le temps, confie-t-elle, en précisant qu’elle prie pour lui.

Je sympathise avec toi, lui dit Pauline avec empathie. C’est normal d’être triste, ajoute la conseillère de vie invitée avant d’offrir une prière pour le petit-fils de Donna.

Léa souffre de la maladie de Parkinson. Elle raconte qu’elle ne peut plus beaucoup sortir, même pour faire son épicerie. J’ai perdu tout ça. J’ai une grosse perte, puis des fois ça me choque [...] J’ai des journées moins bonnes. Je veux pas m’en aller [maintenant], mais des fois je suis fatiguée, confie-t-elle candidement au groupe de femmes réunies virtuellement.

Anne LeBlanc dans un bureau.

Anne LeBlanc anime les réunions virtuelles de Connectaînés Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Janique Leblanc

Une chose qui marche bien, c’est la méditation et la pleine conscience. Ça n’a rien à faire avec le monde extérieur, quand on rentre dans soi, on est en sécurité.

Une citation de :Lillian Cunningham, conseillère de vie

La conseillère de vie dit comprendre les difficultés de Léa et propose ce moyen pour l’aider à mieux vivre avec ses difficultés. Ça dépend des personnes, chacun a sa façon, dit Lillian Cunningham.

L’humour comme remède

Pour alléger l’ambiance, l’animatrice du groupe et coordonnatrice au Réseau des aînés de la Nouvelle-Écosse, Anne LeBlanc, plaisante sur l’expression « l’âge d’or ».

Moi j’appelle ça l’âge de plomb. C’est pesant et tout est six pouces plus bas que quand on était jeune, dit-elle avec un sourire taquin, provoquant les rires et plusieurs commentaires des participantes.

Chacune à leur tour, les membres du groupe de discussion de Connectaînés se racontent et se confient.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Claire, qui souffre de sclérose en plaques, a perdu l'usage de ses jambes. Elle explique les limites que lui impose son fauteuil roulant et dit préférer ce qu’elle appelle son « scooter ».

Loin de s'apitoyer sur son sort, elle fait preuve de résilience et d’optimisme. Je peux point marcher, mais je peux aller pour une ride [promenade], dit l’octogénaire, qui a soigné son mari atteint de démence jusqu’à sa mort, il y a un an et demi.

Quand ils disent : ''Comment ça va?'' Je dis : ''Wonderful''. Je crois que je suis heureuse, de bonne humeur.

Une citation de :Claire, participante aux rencontres de Connectaînés

L’histoire de Claire inspire Caroline, une dame de 91 ans encore en santé. Même si elle est toujours autonome, elle avoue que parfois, l'envie de se plaindre la tenaille. Quand j’ai envie de me lamenter, je pense à quelqu’un comme Claire avec le courage qu’elle a, déclare Caroline, admirative du courage de sa nouvelle amie.

Des rencontres attendues avec impatience

Après la rencontre, Pauline D’Entremont, 83 ans, dit à quel point elle aime ces rencontres hebdomadaires.

Pauline D'Entremont coupe un gâteau d'anniversaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pauline D'Entremont vit seule depuis quatre ans.

Photo : Radio-Canada / Janique Leblanc

Veuve depuis quatre ans, elle vit seule à la maison. Comme elle a très peu de contacts depuis le début de la pandémie, elle a bien hâte à ses rendez-vous du jeudi avec des femmes qu’elle connaît et d’autres qu’elle apprend à connaître.

Ça me donne la chance de partager différentes affaires, écouter, apprendre, participer. Je prends mon thé. C’est comme si j’avais un thé avec une dizaine de femmes. C’est bien!

Une citation de :Pauline D’Entremont

Caroline D’Entremont attend elle aussi avec impatience ces rendez-vous téléphoniques du jeudi. Surtout à ce temps-ci qu’on sort point. Je suis à la maison toute seule, raconte la nonagénaire, qui conduit toujours.

Habituellement, elle aime se promener dans son village de Pubnico-Ouest, mais cette activité a été mise de côté depuis le début de la pandémie. À ce temps-ci, on se sent point tout à fait libre comme d’habitude, ça fait que si on attend pour un appel... je sais point comment expliquer ça, mais j’aime ça! Parce que j’aime à parler, je crois bien! dit-elle avec énergie.

Raviver des souvenirs enfouis

Le premier rendez-vous de Connectaînés Nouvelle-Écosse portait sur les souvenirs d’école d’autrefois. Selon l’animatrice Anne LeBlanc, les participants se sont bien amusés en se remémorant leur jeunesse.

Quand ils étaient dans la classe avec le poêle à bois au milieu de la salle, ceux qui étaient autour du poêle à bois étaient à leur aise et avaient beau et chaud et ceux qui étaient autour du mur étaient gelés.

Une citation de :Anne LeBlanc, racontant un souvenir d'enfance

Certaines participantes lui ont dit avoir eu beaucoup de plaisir à faire travailler leur cerveau et à retrouver des souvenirs qu’elles croyaient perdus.

Bientôt une initiative similaire au Nouveau-Brunswick

Traditions de Pâques, prévention du feu, biographie d’une personne inspirante ou discussion littéraire avec un auteur : les thèmes des rendez-vous de Connectaînés Nouvelle-Écosse sont variés.

Pour le moment, les deux discussions virtuelles chaque semaine attirent une vingtaine de participants.

L’Association des aînés francophones du Nouveau-Brunswick est en train de mettre sur pied une initiative similaire, mais n’a pas encore de programmation.

Anne LeBlanc affirme que les gens des autres provinces canadiennes sont les bienvenus dans les rencontres virtuelles de Connectaînés Nouvelle-Écosse.

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