•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La communauté internationale appelle à un vaccin pour tous et à réformer l'OMS

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Tedros Adhanom Ghebreyesus parle dans un micro devant un immense logo des Nations unies.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Photo : Associated Press / Martial Trezzini

Agence France-Presse

L'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est ouverte lundi virtuellement pour la première fois de son histoire, les pays appelant à ce que le futur vaccin contre le coronavirus soit un bien public et à réformer l'OMS pour qu'elle réponde mieux aux pandémies.

Le chef de l'OMS a annoncé qu'il lancerait une enquête indépendante sur la réponse à la pandémie de l'agence onusienne et de ses États membres le plus tôt possible, au moment approprié.

Cette enquête aura pour but d’examiner les expériences et leçons tirées et formuler des recommandations en vue d'améliorer l'état de préparation et la réponse aux pandémies à l'échelle nationale et mondiale, a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus devant les 194 pays membres de l'OMS.

Un vaccin symbole d’unité

Ouvrant les discussions, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a critiqué les pays ayant ignoré les recommandations de l'OMS, estimant que le monde payait aujourd'hui au prix fort les stratégies divergentes. Il a appelé à un effort multilatéral énorme face à cette tragédie.

J'espère que la recherche d'un vaccin pourra en être le point de départ, a-t-il dit, à l'ouverture de la réunion qui doit durer jusqu'à mardi.

Comme en écho, le président chinois Xi Jinping a assuré qu'un éventuel vaccin chinois deviendrait un bien public mondial, promettant que son pays consacrerait par ailleurs 2 milliards de dollars sur deux ans à la lutte mondiale contre la COVID-19.

Une chercheuse masquée assise à une table avec un microscope.

Plusieurs industriels pharmaceutiques et laboratoires sont lancés dans la recherche d'un vaccin contre le nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron a également affirmé que si un vaccin est découvert, il sera un bien public mondial, auquel chacun devra pouvoir avoir accès.

Malgré l'escalade des tensions entre Washington et Pékin, les pays espèrent adopter lors de cette réunion une longue résolution portée par l'Union européenne qui réclame l'accès universel, rapide et équitable de tous les produits [...] nécessaires à la riposte contre la pandémie, et souligne le rôle d'une vaccination à grande échelle contre la COVID-19, en tant que bien public mondial.

Le texte demande aussi de lancer au plus tôt [...] un processus d'évaluation pour examiner la riposte sanitaire internationale et les mesures prises par l'Organisation mondiale de la santé face à la pandémie.

Il appelle l'OMS à collaborer étroitement avec l'Organisation mondiale de la santé animale, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et les pays [...] en vue d'identifier la source zoonotique du virus et de déterminer par quelle voie il s'est introduit dans la population humaine, [...] notamment moyennant des missions scientifiques et des missions de collaboration sur le terrain.

Une chauve-souris la gueule ouverte dans la main gantée d'un humain.

Les chauves-souris sont les principales suspectes dans la quête des origines du coronavirus.

Photo : Associated Press / Peter Thomson

Si la résolution est adoptée, ce sera un résultat important, parce que l'OMS sera le premier forum mondial à se retrouver de manière unanime sur un texte, a indiqué une source diplomatique européenne.

Aucun sujet n'a été évité dans la résolution, comme continuer à réformer l'OMS et notamment ses capacités, qui se sont révélées insuffisantes pour prévenir une crise de cette ampleur, a assuré cette source européenne à l'AFP.

Collaborer, plus facile à dire qu’à faire

Reste à savoir si les États-Unis soutiendront la résolution, qui ne demande pas une enquête immédiate sur l'origine du virus ou sur les mesures prises par l'OMS face à la pandémie.

Washington, qui accuse Pékin d'avoir dissimulé l'ampleur de l'épidémie, est engagé dans un bras de fer avec l'OMS, accusée par le président américain Donald Trump de s'être plantée dans la gestion de la pandémie en s'alignant sur la position chinoise. Il a dans la foulée suspendu la contribution américaine à l'OMS.

Le gouvernement américain est d'ailleurs revenu à la charge sur cette question lundi. Cette organisation a échoué à obtenir les informations dont le monde avait besoin et son échec a coûté de nombreuses vies humaines, a affirmé le secrétaire américain à la Santé, Alex Azar.

Xi Jinping a assuré que son pays avait toujours fait preuve de transparence et de responsabilité face à l'épidémie. Il a dénoncé la politisation de cette question, soulignant régulièrement que le patient zéro de la COVID-19 n'a pas été retrouvé et qu'il n'est pas forcément chinois.

C'est que la question de l'origine du virus empoisonne aussi les relations entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis réclament depuis plusieurs semaines une enquête sur l'origine du virus en Chine, car ils soupçonnent Pékin d'avoir caché un accident de laboratoire qui aurait été à l'origine de la pandémie.

Donald Trump et Xi Jinping dans une salle de réunion avec des drapeaux américains et chinois.

Donald Trump (gauche) et Xi Jinping (droite) ne se sont pas rencontrés depuis le sommet du G20 à Osaka en juin 2019.

Photo : Getty Images / Brendan Smialowski

L'OMS demande aussi de pouvoir mener une telle enquête. Lors de la réunion virtuelle, le président chinois, Xi Jinping, a répété que son gouvernement refuserait la visite des enquêteurs tant que le virus demeurerait une menace imminente.

Washington accuse aussi la Chine de tenter de pirater la recherche américaine sur un vaccin, en pleine rivalité américano-européenne sur un futur vaccin. Et M. Trump a menacé de couper toute relation avec Pékin.

Parallèlement, l'administration américaine estime que l'OMS a négligé une alerte précoce venue de Taïwan sur la gravité du coronavirus, ce que dément l'agence onusienne. Et les États-Unis, soutenus par certains pays, ont appelé l'OMS à inviter Taïwan à l’Assemblée mondiale de la santé, malgré l'opposition de la Chine.

Or, après avoir bénéficié d'un statut d'observateur, Taïwan a été exclue de l'OMS en 2016, année de l'arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen. La présidente refuse de reconnaître le principe de l'unité de l'île et de la Chine continentale au sein d'un même pays.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a critiqué l'absence d'indépendance du directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, face aux pressions chinoises. Selon lui, le directeur général de l'OMS avait le pouvoir légal et disposait des précédents nécessaires pour inviter Taïwan à l'assemblée annuelle.

L'OMS assure que c'est aux seuls États membres que revient la décision d'accepter ou pas Taïwan. Peu avant l'ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie taïwanaise, Joseph Wu, a indiqué que Taïwan avait accepté de reporter la discussion, afin que les débats du jour puissent se concentrer sur la pandémie.

Les pays membres ont accepté de débattre de la question taïwanaise lors de la reprise des débats, l'OMS espérant qu'il soit possible de les poursuivre plus tard dans l'année. Aucun pays ne s'est opposé à cette proposition.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !