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Michel Piccoli, monument du cinéma français, meurt à 94 ans

Gros plan de Michel Piccoli, devant plusieurs photographes.

Michel Piccoli au Festival de Cannes, en 2011.

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Radio-Canada

L'acteur Michel Piccoli, connu notamment pour son rôle dans Le mépris, de Jean-Luc Godard, est décédé à 94 ans, a annoncé lundi sa famille.

« Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral », indique le communiqué de la famille.

Qualifié par le magazine Le Point de dernier géant du cinéma français et d’incarnation du premier mâle complexe de ce cinéma, Michel Piccoli apparaît à l’écran dès 1945 dans Sortilèges de Christian-Jaque, dans lequel il joue le rôle d’un villageois.

Il consacre cependant ses premières années de comédien à la scène et devra attendre 1962 pour se faire remarquer dans le film Le Doulos de Jean-Pierre Melville.

Michel Piccoli sera véritablement révélé l’année suivante dans Le Mépris, de Jean-Luc Godard, où il forme un couple avec Brigitte Bardot, un rôle qui l'imposera dans un emploi de séducteur.

Michel Piccoli est assis sur un fauteuil, une cigarette à la main, et les deux actrices sont assises sur les bras du fauteuil.

L'acteur français Michel Piccoli est entouré des actrices Sophia Torkelli et Raffaela Carra lors du tournage du film «Lucky la chance», de Charles Bitch, en avril 1964 à Paris.

Photo : afp via getty images / -

Ayant tourné dans plus de 150 films, sa carrière est indissociable des réalisateurs Luis Buñuel et Claude Sautet.

L’acteur collabore à six films avec le réalisateur espagnol, dans lesquels il interprète des personnages troubles, notamment dans Le journal d'une femme de chambre, Belle de jour ou Le charme discret de la bourgeoisie.

Il devient ensuite l'acteur fétiche de Claude Sautet dans les années 70 et jouera notamment dans Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs et Vincent, François, Paul... et les autres.

Michel Piccoli sourit à Romy Schneider sous une grande affiche du film.

Les acteurs Michel Piccoli et Romy Schneider sortent de la salle de projection après avoir assisté à la premiere du film «Max et les ferrailleurs» de Claude Sautet, le 17 février 1971, à Paris.

Photo : afp via getty images / -

Il travaillera également avec Alfred Hitchcock et Costa-Gavras, et se mettra au service de jeunes auteurs tels que Jacques Doillon et Leos Carax. Il faut toujours apprendre son métier, on ne sait jamais quand on tombe sur une constellation juste, alors il faut voyager, avait-il expliqué aux Cahiers du cinéma en 1986.

L'acteur ne craint pas de jouer l'extravagance ou les délires et de casser son image. Son rôle dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri, un des plus gros scandales du Festival de Cannes, en 1973, en est la preuve. Il y incarne un participant à un séminaire gastronomique se transformant en orgie scatologique et nihiliste.

Ayant tourné aux côtés de grands réalisateurs du cinéma français tels que Jean Renoir, Alain Resnais, Claude Chabrol, Agnès Varda, Claude Lelouch ou Bertrand Tavernier, Michel Piccoli était aussi très prisé en Italie, même si, de son propre aveu, il parlait très mal italien et était toujours doublé dans cette langue.

Il reçoit d'ailleurs un prix d'interprétation à Cannes en 1980 pour son rôle dans le film italien Le Saut dans le vide, de Marco Bellochio, et ce, même si ce n'est pas lui qui parle.

Son dernier film tourné en Italie, Habemus papam, de Nanni Moretti, en 2011, sera également son dernier grand rôle à l'écran et fera partie de la sélection de la Croisette cette année-là. Bien qu'elle ne lui vaudra aucun prix, son interprétation d'un pape dépressif et en proie au doute lui apporte néanmoins les éloges des critiques du monde entier.

De son côté, l'Académie des César, qui décerne les prix du cinéma français, ne le récompensera jamais, même si elle le mettra en nomination quatre fois, notamment pour La belle Noiseuse de Jacques Rivette, en 1992.

Le réalisateur et Michel Piccoli se regardent en souriant de toutes leurs dents. Ils entourent Emmanuelle Béart qui rit aussi, en regardant la caméra.

Le cinéaste Jacques Rivette est accompagné des acteurs Michel Piccoli et Emmanuelle Béart, lors de la présentation du film «La belle noiseuse», sélectionné au Festival de Cannes, le 14 mai 1991.

Photo : afp via getty images / Jacques Demarthon

Michel Piccoli sera plutôt récompensé en Allemagne, au Festival de Berlin de 1982, où il recevra l’Ours d'argent du meilleur acteur pour son rôle de patron manipulateur et dominateur dans Une étrange affaire, de Pierre Granier-Deferre.

Peu à peu disparu des écrans, l'acteur avait confié à plus de 90 ans, dans un livre d'entretiens avec Gilles Jacob, J'ai vécu dans mes rêves, son angoisse de ne plus pouvoir travailler : On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter [...] c'est très difficile.

Un passage à la réalisation

À 70 ans, Michel Piccoli décide de passer derrière la caméra.

Après deux courts métrages, il signe en 1997 un film loufoque, Alors voila, suivi de La Plage noire, une réflexion sur l'exil et la liberté.

Son film C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé est présenté en sélection officielle à Cannes en 2005.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, Le Point, et Allo Ciné

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