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Les centres commerciaux doivent être repensés pour survivre, pensent des experts

Deux clients marchent devant un magasin de vêtements. Ils portent chacun un masque sur leur visage.

Le plus grand centre commercial du Canada, le West Edmonton Mall, a rouvert ses portes le 14 mai à Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 a accéléré la mort de certains commerces de détail tout en alimentant le commerce en ligne, qui a longtemps défié les magasins traditionnels, disent certains consultants de détail.

Les consommateurs explorent leurs options en ligne dans pratiquement toutes les catégories de produits et beaucoup le font pour la première fois explique le fondateur de Retail Prophet, une agence de consultation basée en Ontario, Doug Stephens. 

« Ce qui se passe en ligne est étonnant. Lorsqu’Amazon se trouve dans une situation où elle ne peut pas gérer sa capacité, nous savons que les volumes sont importants », signale-t-il.

Selon lui, les grandes entreprises de vente au détail qui présentaient déjà des faiblesses fondamentales comme une faible valeur de marque, une dette importante ou une trop grande dépendance à des magasins physiques, sont celles qui risquent le plus de fermer à jamais.

« Jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin, elles ne pourront pas revenir à la normale. Elles doivent donc changer rapidement », pense-t-il.

La situation a forcé certains clients, qui jusque-là étaient résistants au commerce en ligne, à changer leurs habitudes.

C’est le cas de Tina Kerger. La femme de Winnipeg de 51 ans se décrit comme une acheteuse « tactile ».

« Quand j’achète un chandail, je veux le toucher, l’essayer. J’ai de la difficulté avec le magasinage en ligne parce que je ne peux pas faire ça », dit-elle.

La pandémie de COVID-19 l’a toutefois convertie. Ses achats en ligne ont doublé depuis le début de la crise sanitaire.

« C’est plus pratique. Je peux regarder quand j’ai le temps, je ne suis pas restreinte par les heures d’ouvertures d’un centre commercial », admet-elle, tout en précisant qu’elle y favorise l’achat local.

Doug Stephens pense que plus la situation durera longtemps, plus il sera difficile de ramener les gens dans les magasins.

Des gens de dos debout dans un centre commercial. Un employé, qui porte un masque, les surveille pour s'assurer qu'ils respectent les règles de distanciation physique.

Les clients du centre commercial Polo Park de Winnipeg suivent les marqueurs sur le plancher pour maintenir une distance entre eux.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

C’est également ce que pense Sally Seston, fondatrice de Retail Category Consultants, une entreprise basée à Toronto.

Selon elle, les centres commerciaux, avec leurs foules d’acheteurs qui s’attardent sur des articles et qui essaient tout dans le magasin, sont un exemple de ce qui ne fonctionne pas lors d’une crise sanitaire.

« Les centres commerciaux vont devoir repenser leur modèle d’affaires et les commerçants qui s’y trouvent doivent réfléchir à ce qu’ils devront faire pour attirer les gens dans leur magasin », affirme-t-elle.

Sally Seston donne l’exemple d’un centre commercial au New Jersey appelé American Dream qui a ouvert juste avant la pandémie.

Le plan initial était d’offrir une destination avec 55 % de l’espace réservé au divertissement et 45 % à la vente au détail. Avec la COVID-19, le plan est maintenant revu afin que 70% de l’espace soit consacré au divertissement.

« Nous savons que si nous réussissons à vous faire venir, cela nous donnera probablement l’occasion de vous vendre quelque chose », avoue-t-elle.

Avec les informations de Marianne Klowak

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