•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Après s'y être opposée jusqu'au bout, la Gaspésie se prépare à la levée des barrages

Des véhicules de police sont stationnés devant des cônes.

Un des deux points de contrôle routier entre la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, situé aux Méchins, est en place pour une dernière journée aujourd'hui.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Les arguments de la santé publique de la Gaspésie et des Îles exprimés ces dernières heures n'ont pas convaincu Québec de revenir sur sa décision. Même si la région se prépare maintenant à la levée des contrôles routiers au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie dès lundi, des résidents de Sainte-Anne-des-Monts n'ont pas dit leur dernier mot.

Craignant une propagation de la COVID-19 en Gaspésie, un groupe d'Annemontois prévoit perturber la circulation lundi matin, pour manifester son désaccord.

Un des organisateurs de cette manifestation, Jacques Mimeault, prévoit qu’une trentaine de véhicules partiront de Sainte-Anne-des-Monts vers 8 h pour se rendre à Matane. Ils rouleront à une vitesse de 50 km/heure.

Ce travailleur de la santé se dit étonné de voir que la direction nationale de santé publique du Québec a ignoré les recommandations de la santé publique de la Gaspésie.

Entre vous et moi, si un directeur de santé publique dans une région propose quelque chose et le suggère fortement en exprimant son inquiétude, que vaut son poste si, au gouvernement, on ne l’écoute pas?

Jacques Mimeault, organisateur de la manifestation avec Marcel Deschamps

Jacques Mimeault explique que le choix de manifester en voiture permet de respecter les consignes sanitaires.

Il précise toutefois être en faveur de la levée du point de contrôle entre le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, qui situé aux Méchins.

Une pancarte et des cônes orange pour avertir les automobilistes que le point de contrôle approche.

À l'approche du point de contrôle des Méchins

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Un déconfinement par étape

Le directeur régional de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le docteur Yv Bonnier-Viger, a tenté jusqu'aux dernières heures de faire renverser la décision de la Santé publique du Québec, sans succès. Il préconisait un déconfinement plus progressif.

On aurait pu, par exemple, ajouter la possibilité pour les personnes qui ont une résidence secondaire de venir, puis observer ce qui se passe, explique-t-il. Puis, si ça se passe bien, ouvrir à une certaine sorte de tourisme, par exemple de camping relativement léger. Puis ensuite, on ouvre encore pour les personnes qui viennent à l'hôtel.

Pour le moment, la situation est stable dans l'Est, rappelle Yv Bonnier-Viger. Mais si la situation change, indique-t-il, il sera toujours possible de demander le retour des contrôles routiers ou une autre forme de mesure de confinement régional.

Invoquant entre autres la capacité restreinte de son réseau, notamment le nombre de lits et les ressources humaines disponibles, le conseil d'administration du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie avait aussi adopté une résolution demandant le maintien du point de contrôle de La Pocatière.

Des voitures sont stationnées devant l'Hôpital de Gaspé.

L'Hôpital de Gaspé

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Daniel Côté mise sur la discipline des citoyens

Tout en reconnaissant la légitimité des réserves exprimées par la santé publique régionale, le maire de Gaspé, Daniel Côté, souhaite s’accommoder de la décision et regarder vers l’avant, pensant surtout à l’industrie touristique, qui est un pilier de l’économie gaspésienne.

Comme d’autres élus et divers intervenants, il attend toujours le plan de l’industrie touristique promis par Québec, qui donnera les grandes orientations pour la saison estivale. Ce plan doit aussi préciser des consignes visant à éviter la propagation de la COVID-19.

Des gens profitent du beau temps et de la plage

Plage de Penouille, au parc Forillon (archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Selon lui, la réussite de ce pari repose entre autres sur la discipline des Gaspésiens et des visiteurs.

On a une ouverture de l'économie qui s'est faite de façon graduelle, rappelle-t-il. Ça n'a pas entraîné de problématique jusqu'à maintenant. S'il y a un peu plus de gens qui circulent, c'est certain que ça augmente le niveau de risque.

Mais si tout le monde respecte les consignes de base de la santé publique, si tout le monde respecte la distanciation de deux mètres, ou le port du masque quand ce n'est pas possible. Si tout le monde se lave les mains fréquemment, si personne ne se met les mains au visage, si tout le monde respecte les règles de base, il ne devrait pas y avoir propagation de la maladie. Il suffit qu'il y ait des gens qui baissent la garde, c'est là que les problèmes pourraient survenir.

Des touristes sont assis sur une plage de galets. À l'arrière-plan, on voit le Rocher Percé et un bâtiment patrimonial sur une colline.

Percé demeure une destination prisée des Québécois.

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Deux ou trois semaines de plus n'auraient pas nui à l'économie

Aux yeux du maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, le maintien des points de contrôle pendant deux ou trois semaines supplémentaires n’aurait pas nui à l'économie. Selon lui, ce délai aurait permis aux personnes âgées qui sont restées longtemps confinées de se réapproprier les commerces et la façon de les fréquenter.

Selon lui, la population est anxieuse.

On s’en va dans l’inconnu. La crainte, c’est l’ouverture des frontières et la possibilité que les gens des centres urbains puissent venir chez nous. On s’attend à ce que le virus arrive ici, à vivre et à cohabiter avec le virus.

Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts

Là où il va falloir être vigilants, ajoute le maire, c'est en ce qui concerne la capacité du réseau de la santé d'absorber la demande. Mais le gouvernement a dit que si ça dérapait, il allait reculer.

Amendes salées en cas de non-respect des consignes

Par ailleurs, la santé publique invite les Québécois à limiter leurs déplacements à l'essentiel et à respecter les directives sanitaires. Les rassemblements sont toujours interdits, ainsi que les visites à domicile.

La Sûreté du Québec peut donner des constats d'infraction de 1546 $ si ces règles ne sont pas suivies.

Les autorités invitent aussi les personnes qui arrivent de l'extérieur à respecter une quarantaine volontaire de 14 jours, afin d'éviter la propagation de la COVID-19.

Sur la Côte-Nord, les barrages routiers demeurent en place jusqu'au 31 mai.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Coronavirus