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Un centre d’injection supervisée assouplit les mesures de distanciation pour prévenir les surdoses

Des espaces séparés dans un centre d'injection supervisée.

Le centre d'injection supervisée de la Côte-de-Sable.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le centre d'injection supervisé le plus fréquenté de la ville assouplit certaines règles de distanciation physique, de peur qu'elles fassent plus de mal que de bien.

Le Inner City Health d'Ottawa, qui gère un centre d’injection supervisé sur la rue Murray, dans le marché By, en limite l'accès depuis la mi-mars dans le cadre des mesures visant à prévenir la propagation de la COVID-19.

Malheureusement, certaines personnes font une surdose sur le trottoir, parce qu'elles ne peuvent pas entrer à l'intérieur du centre en temps voulu, indique l'organisme.

La situation est tellement inquiétante qu'à partir de cette semaine, le personnel de l'agence fournira des masques chirurgicaux à tous ceux qui entrent dans l'établissement afin que le centre puisse retrouver sa pleine capacité — même si cela implique d'avoir des personnes à moins de deux mètres.

Il y a le risque de COVID-19, et puis il y a un risque très réel de voir des gens mourir [de surdose], a déclaré la directrice générale de Inner City Health, Wendy Muckle.

Cette situation met en évidence les effets de la pandémie de COVID-19 dans la crise des opiacés et la façon dont certaines mesures de santé publique pourraient aggraver la situation.

« Équilibrer les risques »

Les quatre centres d'injection supervisée d'Ottawa ont réduit le nombre de visiteurs, car ils mettent en place des mesures d'éloignement physique conformément aux directives du ministère provincial de la Santé, a déclaré Santé publique Ottawa dans un communiqué.

Les employés des centres portent désormais un équipement de protection individuelle complet et les visiteurs doivent se laver les mains à l'entrée et à la sortie.

Le centre de la rue Murray, situé dans une remorque exiguë dans un stationnement derrière les Bergers de l'espoir, dispose normalement de 12 cabines où les gens peuvent s'injecter des drogues préalablement obtenues, sous la supervision d'agents de santé qui se tiennent prêts à les réanimer en cas de surdose.

Depuis le début de la pandémie, le personnel a bloqué l'accès à une cabine sur deux afin que les utilisateurs puissent se tenir à distance des autres.

Il s'agit du plus fréquenté des quatre centres d’injection supervisée de la ville, avec plus de 16 000 visites entre janvier et avril de cette année.

Des employés avec des gants, des masques, des visières et es blouses de protection.

Les employés des centres portent un équipement de protection individuelle complet.

Photo : Radio-Canada / Ryan Patrick Jones/CBC

La décision d'ouvrir les cabines fermées a été prise après que le centre ait pesé le besoin de prévenir la propagation des maladies et la nécessité d'éviter les décès par surdose.

Il s'agit d'équilibrer les risques et de trouver comment nous pouvons réduire tous les risques afin d'obtenir le meilleur résultat, a déclaré Mme Muckle.

Le Centre de santé communautaire de Côte-de-Sable, qui gère un centre d'injection supervisée, a également dû limiter sa capacité, en fermant deux de ses cinq kiosques et en réduisant le nombre d'heures d'ouverture chaque jour.

Depuis que nous avons mis en place ces mesures, la clinique est presque toujours pleine, a fait remarquer Rob Boyd, directeur du programme.

« Certaines personnes s’en vont »

Militant au sein de la Prévention des surdoses à Ottawa, Mélanie Stafford assure que le stress lié à l'attente d'une place peut être écrasant pour les consommateurs de drogues qui présentent des symptômes de sevrage.

S'il y a une heure d'attente pour entrer dans les sites de consommation sécurisés, certaines personnes vont simplement partir, a déclaré Mélanie Stafford.

La maison mobile est entourée de galeries de bois

Un centre d'injection supervisée dans la roulotte des Bergers de l'Espoir (archives).

Photo : Radio-Canada / David Richard

Mme Muckle et M. Boyd affirment tous deux que la pandémie a coïncidé avec l'apparition d'un nouveau lot de mauvaises drogues dans la rue, dont un fentanyl de couleur orange plus puissant que le fentanyl violet, auparavant plus courant.

Les données provenant de deux des quatre centres d’injection supervisée de la ville montrent un pic de surdoses depuis le mois de mars, même si les visites sont moins nombreuses.

Le taux de surdoses dans le centre d'injection de la rue Murray est passé de 1,6 % en février à 7,4 % en mars, avant de retomber à 2 % en avril. Dans celui du Centre de santé communautaire de Sandy Hill, le taux de surdose a plus que doublé, passant de 1,4 % en février à 3,1 % en avril.

Avec les informations de Ryan Patrick Jones de CBC

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