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Détresse grandissante chez des personnes atteintes de déficience intellectuelle

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Yves, Anne et Lise sont assis à une table à l'extérieur.

Lise Gauthier et Yves Boudreault sont à bout de souffle en raison du déclin de la santé mentale de leur fille atteinte d'une déficience intellectuelle.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Radio-Canada

Des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, ainsi que leurs familles, vivent une grande détresse en raison du confinement imposé pour lutter contre la COVID-19.

Anne Gauthier-Boudreault, âgée de 27 ans, vit avec une déficience intellectuelle profonde. Après deux mois à la maison, la Sherbrookoise a perdu son habituelle joie de vivre et n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Le coeur, c'est l'arrêt des centres d'activités de jour. Anne s'est retrouvée finalement sans loisirs, sans sorties dans la communauté non plus, décrit Camille Gauthier-Boudreault, la soeur de Anne.

Avant la crise, Anne bénéficiait tous les jours de nombreux services pour lui procurer des soins et pour sociabiliser. Avec la pandémie, ses parents sont devenus les seules personnes à prendre soin d'elle au quotidien.

Les centres d'activités de jour, c'est leur école à eux et en coupant ce service-là, on coupe leur bonheur.

Camille Gauthier-Boudreault, soeur de Anne

Sa mère, Lise, décrit d'ailleurs avec une grande tristesse l'état de sa fille qui se détériore de jour en jour.

Elle commençait à devenir apathique. À rester dans son lit, à ne plus bouger. Ça a commencé comme ça. Et là, quand ça descend, ça descend. Là les cris, elle se mordait, raconte Lise.

À ces sautes d'humeur, se sont rapidement ajoutés les troubles du sommeil. Plus les jours passent et plus les acquis que la jeune femme avait durement gagnés s'étiolent, au grand désespoir de ses parents.

Une famille épuisée et désespérée

Lise et Yves ne s'en cachent plus, ils sont à bout de souffle.

Tu aurais le goût d'être sur la galerie et de crier à l'aide, parce que tout ce qui aide... c'est s'il y a du monde qui viennent, s'il y a des amis, si elle a des activités, et nous après on remonte la pente.

Lise Gauthier, mère de Anne

Privée de répit, la famille a atteint le fond du baril il y a près d'une semaine.

Ça m'est quand même rentré dedans, dimanche, de voir mes parents qui me regardent en pleurant et en n'ayant plus de mots tellement ils sont épuisés, décrit Camille Gauthier-Boudreault, la soeur de Anne.

La famille se sent abandonnée et espère que les services de soutien reprendront le plus rapidement possible. Devant leur détresse grandissante, Lise et Yves ont néanmoins pu bénéficier de services à domicile d'urgence. Ils ont aussi décidé de recourir à nouveau à l'aide d'une préposée, un service qu'ils avaient interrompu au début de la crise pour limiter le risque de contracter la COVID-19.

L'ergothérapeute Véronique Rochon a également recommencé à venir prendre soin d'Anne. La professionnelle de la santé confirme d'ailleurs que la détresse vécue par cette famille est loin d'être un cas isolé.

J'ai appelé plusieurs familles dans les dernières semaines puis j'ai entendu beaucoup de détresse, d'épuisement de la part des parents, confirme-t-elle.

Avec l'aide de Véronique Rochon et de la responsable clinique de la maison Caméléon, qui ont pris le relais quelques heures par semaine, Lise et Yves ont pu à nouveau bénéficier d'un peu de repos.

Je vois que Lise sourit beaucoup plus, Yves aussi, puis Anne est tellement souriante. Après la marche, je n'ai jamais vu Anne aussi heureuse, se réjouit Véronique Rochon.

Un bonheur passager que cette famille espère revoir plus souvent.

D'après le reportage de Marion Bérubé

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