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Le défi du rapatriement d’artéfacts des Métis

Un groupe de personnes qui sourient en tenant des drapeaux devant un bâtiment avec des colonnes.

Des membres de la MMF célèbrent l'achat du bâtiment vieux de 107 ans qui accueillera le futur Centre du patrimoine de la Nation métisse.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

La Fédération métisse du Manitoba (MMF) se penche sur le rapatriement d’artéfacts à la suite de l’annonce récente de l’achat d’un bâtiment pour héberger le futur Centre du patrimoine de la Nation métisse.

Le nouvel établissement aura la vocation de préserver et de mettre en valeur la culture du peuple métis, que ce soit avec des artéfacts, des œuvres d’art contemporaines ou encore des expositions interactives, selon le président de la MMF, David Chartrand.

Nous avons dû racheter nos propres artéfacts avec le temps, explique-t-il. Ces objets se trouvent dans des musées et des collections partout en Amérique du Nord. Par exemple, dit M. Chartrand, le Musée canadien de l’histoire possède le manteau en peau de chevreuil de Louis Riel.

C’est l’un des objets qu’il aimerait voir revenir aux mains des Métis. Une porte-parole indique que le Musée ne discute pas de ces dossiers publiquement.

C’est toujours un plaisir pour nous d’amorcer ces discussions directement avec la communauté, mais aussi de chercher des moyens de collaborer afin de faciliter l’accès aux collections et d’entamer des projets qui contribueront à une meilleure compréhension du public ainsi qu’à la mise en valeur de l’histoire et de la culture autochtones, dit-elle.

Pas de préoccupations parmi les musées au Manitoba

Le Musée de Saint-Boniface, à Winnipeg, possède la plus grande collection d’objets liés à Louis Riel au Canada, ainsi qu’une riche collection d’artéfacts métis.

La directrice, Vania Gagnon, pense qu’il serait difficile pour le Musée de se départir d'objets de sa collection. Elle souligne toutefois que l'établissement entretient une très bonne relation avec la MMF.

Vania Gagnon pose devant la ceinture fléchée en montre dans une vitrine du musée.

La directrice du Musée de Saint-Boniface Vania Gagnon pose devant une ceinture fléchée ayant appartenu à Louis Riel.

Photo : Radio-Canada / Lenard Monkman

En ce moment, trois objets ayant appartenu à Louis Riel et appartenant maintenant à la MMF sont exposés au Musée de Saint-Boniface, soit sa ceinture fléchée, sa longue-vue et un coffret contenant des poils de sa barbe. M. Chartrand dit avoir l’intention de les exposer dans le nouveau centre du patrimoine.

Photo en gros plan d'une longue-vue en laiton.

Une longue-vue ayant appartenu à Louis Riel

Photo : Musée de Saint-Boniface

Le Musée canadien pour les droits de la personne ne possède pas d’artéfact métis, mais son président-directeur général, John Young, se dit ouvert à aider la MMF en cas de besoin.

Même son de cloche au Centre du patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface. Ce dernier ne possède pas d’artéfact Métis, selon sa directrice générale, Janet La France.

Nous avons un bon partenariat et une relation positive avec la MMF. Nous voulons certainement collaborer avec eux et certains de nos documents pourraient être copiés pour la création d'expositions permanentes ou itinérantes, ajoute-t-elle.

Le Musée du Manitoba n’a pas répondu à une demande d’entrevue de Radio-Canada.

Par-delà Louis Riel

Ce n’est pas un musée Louis Riel, c’est un centre du patrimoine Métis, tient à souligner le président de la MMF, David Chartrand. Ainsi, dit-il, le nouvel établissement doit permettre de raconter l’histoire d’un peuple, d’où le besoin d’artéfacts qui ne soient pas tous directement liés au fondateur du Manitoba.

Le rapatriement d’objets de ce type peut amener un autre défi, selon Denis Gagnon, le professeur titulaire en anthropologie à l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’identité métisse de 2004 à 2014.

Lorsque le chemin de fer se rend jusqu’aux Rocheuses, beaucoup de Métis quittent le Manitoba. Ils s’installent en Saskatchewan et en Alberta et continuent à faire des objets, des vestes, des vêtements, des sacs des sacoches et des mocassins perlés. Ce sont des spécialistes du perlage, explique-t-il.

Un motif de perlage métis fleuri.

Détail d'un motif de perlage métis.

Photo : Radio-Canada / Pierre Verriere

Or, poursuit le professeur, comme ils ne peuvent pas vendre ces objets aux touristes en tant que Métis, parce que le Métis n’a pas vraiment de statut à cette époque-là (on est dans les années 1880 à 1940, à peu près) [...], ils vont les faire vendre par les Premières Nations.

Plusieurs vont se retrouver également dans des musées, mais toujours catalogués comme étant été faits par les Indiens des plaines. Il y a beaucoup d’objets dans les musées identifiés comme étant [faits par] des Indiens des plaines, mais qui étaient faits par les Métis, résume-t-il.

Les artéfacts métis se limitent principalement à des objets usuels, puisqu’il s’agissait d’un peuple principalement nomade, ajoute le professeur Gagnon.

Un homme, Denis Gagnon, dans son bureau.

Le professeur titulaire en anthropologie de l'Université de Saint-Boniface, Denis Gagnon, étudie les différentes communautés métisses du Canada depuis 2004.

Photo : Radio-Canada

Il tient aussi à mettre en contexte la présence de ces objets dans les musées. Au début du 20e siècle, les anthropologues effectuaient une espèce de sauvetage d’objets qui auraient été abandonnés ou encore détruits par l'usage, afin de documenter l’histoire.

Aujourd’hui [...], le contexte a changé [et les] communautés sont en mesure de conserver leurs objets, explique-t-il, en notant que ces artéfacts deviennent maintenant d'importants vecteurs de transmission culturelle.

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