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La Compagnie de la Baie d'Hudson fête discrètement ses 350 ans

À l'époque, les activités de l’entreprise reposaient sur le troc entre des fourrures et des marchandises dans différents postes de traite d’Amérique du Nord.

Une photo d'archive montrant des trappeurs devant un bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson au Manitoba, en 1947.

La Compagnie de la Baie d'Hudson a récemment fêté ses 350 ans. Cette image d'archive montre des trappeurs devant un bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dans le nord du Manitoba, en 1947.

Photo : Richard Harrington/Compagnie de la Baie d'Hudson/Archives du Manitoba

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 2 mai devait marquer le 350e anniversaire de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), l’une des plus vieilles entreprises au monde à être toujours en service, mais la pandémie de COVID-19 l'a forcée à temporairement fermer boutique.

Malgré la réouverture graduelle des succursales, plusieurs experts s'interrogent sur l'avenir de l'entreprise qui s'est retirée de la Bourse de Toronto et qui fait face à une industrie de vente au détail ébranlée par la pandémie.

La principale préoccupation de l’entreprise est de s’assurer qu’elle soit financièrement capable de maintenir ses activités tout en se mettant à l’abri de ses créanciers, affirme le rédacteur en chef du média spécialisé Retail Insider.

Amelia Fay, conservatrice de la galerie de la CBH au Musée du Manitoba, à Winnipeg, affirme quant à elle que l’entreprise a surmonté plusieurs périodes incertaines à travers son histoire.

Ils ont traversé une panoplie de changements importants, comme la grippe espagnole, relate-t-elle. Le monde entier a été touché par cette pandémie. Les guerres mondiales ont aussi bouleversé les choses.

Une femme se tient devant des fourrures exposées dans un musée.

Amelia Fay est conservatrice de la galerie de la Compagnie de la Baie d'Hudson au Musée du Manitoba, à Winnipeg.

Photo : CBC / Karen Pauls

La CBH a été fondée en vertu d’une charte royale octroyée par le roi d’Angleterre Charles II en 1670.

Initialement, les activités de l’entreprise reposaient sur le troc de fourrures contre des marchandises dans différents postes de traite à travers l’Amérique du Nord.

Le roi Charles II lui avait conféré un monopole sur le commerce de fourrure dans la région de la Terre de Rupert, qui englobait à l’époque le tiers du Canada et une partie du nord des États-Unis.

Il est assez inhabituel de se dire qu’une entreprise s’est établie dans un autre pays après s’être fait octroyer des terres où elle n’était jamais allée, affirme Amelia Fay, en ajoutant que des populations autochtones avaient déjà établi d’importants réseaux commerciaux.

La réplique d'un navire à voiles.
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Le Musée du Manitoba dispose d’une réplique du navire Nonsuch, qui a navigué dans la baie d’Hudson en 1668 lors du premier voyage commercial de ce qui allait plus tard devenir la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette réplique a été fabriquée en Angleterre pour souligner le 300e anniversaire de l’entreprise, en 1970.

Photo : CBC / Karen Pauls

Relations avec les populations autochtones

Les 350 ans d’histoire de la CBH n’ont toutefois pas toujours été roses, souligne quant à lui le professeur associé au Département des études autochtones de l'Université du Manitoba, Fred Shore.

L’entreprise est notamment responsable d’avoir introduit plusieurs virus, comme la rougeole et la variole, dans des communautés autochtones.

« De nos jours, la majorité des Autochtones voient La Baie comme un magasin où les prix sont élevés et l’offre, limitée. »

— Une citation de  Fred Shore, professeur associé au Département des études autochtones de l'Université du Manitoba
Un portrait de Fred Shore, professeur associé au Département d'études autochtones de l'Université du Manitoba, prise à l'extérieur, devant une maison.

L'histoire de l'entreprise a connu des moments plus sombres, selon le professeur associé au Département d'études autochtones de l'Université du Manitoba, Fred Shore.

Photo : CBC

Selon Fred Shore, la relation entre l'entreprise et les commerçants de fourrures autochtones oscillait à la fois entre collaboration et exploitation.

Ils ont été un vecteur du colonialisme et, en tant que tel, leur effet global sur les communautés demeure colonial, affirme le professeur associé.

Des modèles d’affaires en évolution

Au cours de son histoire, la CBH a dû s’adapter à l’évolution du marché et à la compétition avec la Compagnie du Nord-Ouest, à la fin du 18e siècle.

Lorsque la fourrure a commencé à perdre en popularité, ils se sont tournés vers la vente au détail, indique Amelia Fay. Ils sont allés vers le thé, le tabac, le café, l’alcool puis le pétrole et le gaz.

Une image d'archive montrant la façade extérieure d'un immeuble de la Compagnie de la Baie d'Hudson, en 1939.

Cette image d'archive montre la façade extérieure d'un immeuble de la Compagnie de la Baie d'Hudson, à Winnipeg, au Manitoba, en 1939.

Photo : Compagnie de la Baie d'Hudson/Archives du Manitoba

Un avenir incertain

Récemment, l’entreprise a toutefois traversé des moments difficiles, notamment au troisième trimestre de 2019, lorsqu’elle a enregistré une perte nette de 226 millions de dollars, soit 65 millions de dollars de plus que l’année précédente.

Jeudi, elle a par ailleurs annoncé qu’elle fermerait cet automne sa succursale du centre-ville d’Edmonton, en Alberta.

La Compagnie de la Baie d’Hudson devra relever de très grands défis et mettre en œuvre des mesures draconiennes afin de garder sa place dans l’industrie, estime Craig Patterson, de Retail Insider.

Une femme sort d'un magasin de la Compagnie de la Baie d'Hudson.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Avec la pandémie de COVID-19, la Compagnie de la Baie d'Hudson traverse des moments difficiles.

Photo : CBC / Nathan Denette

Plus que jamais, avec l’explosion du commerce en ligne, ajoute-t-il, les clients ne voient plus l’utilité de se rendre dans un magasin de détail qu’ils ne voient pas comme un lieu phare, tel que les Galeries Lafayette, à Paris, et Harrods, à Londres.

Si certains demeurent sceptiques quant à l’avenir de la compagnie, Amelia Fay pense quant à elle que la CBH parviendra à remonter la pente.

La CBH n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue pour cet article.

Avec les informations de Karen Pauls

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