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Des travailleurs de la santé, positifs à la COVID-19, peuvent revenir en poste

Quatre employés médicaux marchent de dos dans un couloir d'hôpital.

Plusieurs travailleurs de la santé n'ont plus de symptômes même s'ils sont toujours porteurs du virus.

Photo : iStock

Le changement des critères d'évaluation de Québec pour le retour à l'emploi de travailleurs de la santé qui ont eu un test positif à la COVID-19 va de l'avant. Cette mesure touche l’ensemble du Québec.

En Gaspésie, par exemple, cette mesure ouvre la porte au retour d'un petit groupe de travailleurs, toujours en isolement. Jusqu'à présent, une quinzaine de travailleurs ont été touchés par la maladie.

La nouvelle directive du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), publiée le 12 mai dernier, autorise le retour de travailleurs de la santé qui respectent les critères cliniques de la guérison, même si le résultat de leurs tests de dépistage au nouveau coronavirus demeure positif.

Auparavant, les mesures de levée d’isolement et de retour au travail s’effectuaient selon plusieurs critères cliniques soit 14 jours et plus écoulés depuis le début des symptômes aigus, aucune fièvre depuis 48 heures et aucun symptôme aigu depuis 24 heures. À cela s’ajoutaient les résultats de deux tests négatifs à la COVID-19.

Un travailleur de la santé tient une tige pour un test de dépistage, alors qu'un collègue tient une éprouvette.

Un travailleur de la santé fait un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Associated Press / Santi Palacios

Ces deux tests ne seront plus nécessaires. Le résultat du dernier test du travailleur pourra être positif.

La nécessité de faire appel à ces travailleurs positifs devra être revue quotidiennement, spécifie le MSSS.

Curieux phénomène

Le directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, explique cette décision en raison du grand nombre de personnes infectées qui sont cliniquement remises, mais qui semblent toujours porteuses du virus. Ces personnes continuent à présenter des tests positifs même 30 jours après la fin des symptômes, indique le Dr Bonnier-Viger.

Beaucoup de travailleurs qualifiés sont présentement dans cette condition, dans un contexte de pénurie, relève le médecin.

Interrogé sur la possible contagiosité de ces travailleurs, le directeur de santé publique de la Gaspésie indique qu’il n’y a pas eu, jusqu’à maintenant, de cas rapportés de contamination.

Les tests auprès de ces travailleurs se poursuivront. On veut comprendre ce qui se passe avec ce phénomène-là, commente le Dr Bonnier-Viger.

Un projet de recherche est aussi en cours pour expliquer cette particularité du virus.

Deux travailleuses transportent une civière.

Deux travailleuses de la santé portent chacune un équipement de protection individuel (archives).

Photo : Radio-Canada

En attendant les résultats de cette recherche et étant donné le grand nombre de gens impliqués et des besoins de personnel en santé, le médecin confirme que les travailleurs sans déficit immunitaire ou qui n’ont pas été hospitalisés durant la maladie pourront reprendre le travail.

Le directeur de santé publique ajoute que déjà, plusieurs provinces et états américains n’utilisent pas les tests pour autoriser la réintégration des travailleurs de la santé.

Ces états et provinces se conforment aux recommandations du Centre de contrôles pour la prévention des maladies (CDC), précise le médecin. L’organisme propose deux procédures, l'une avec les tests et l'autre, clinique.

Plusieurs conditions encadrent ce retour

Le Ministère indique que ces travailleurs seront exclusivement affectés aux zones dites chaudes.

Ils porteront l’équipement de protection individuel. Ils n’auront pas accès aux espaces de travail communs et devront éviter tout contact avec les travailleurs qui ne sont pas porteurs du virus. Ces personnes devront aussi poursuivre leur isolement en dehors des heures de travail.

L'Hôpital de Rimouski.

L'Hôpital de Rimouski

Photo : Jean-Pierre Perouma

Au Bas-Saint-Laurent, trois travailleurs de la santé ont reçu un résultat positif au test de la COVID-19 jusqu'à maintenant. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) confirme que dans certaines situations, un travailleur ayant reçu un résultat positif à la COVID-19 retourne au travail auprès d'une clientèle porteuse du virus.

Ce n'est toutefois pas le cas actuellement parce que nous n'avons pas de milieux de soins infectés et parce que nous avons les ressources nécessaires pour assurer la relève, indique la responsable des communications, Ariane Doucet-Michaud.

Sur la Côte-Nord, le CISSS confirme lui aussi que la nouvelle procédure sera appliquée. Cinq travailleurs de la santé ont été infectés par le SARS-CoV-2 dans cette région depuis le début de la pandémie.

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