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Québec s'attaquera à l'omerta dans le réseau de la santé

Portrait d'une infirmière portant un masque chirurgical sur le nez et la bouche. Elle porte un foulard en tissu violet et rose sur la tête.

Depuis le début de la pandémie, de nombreux travailleurs de la santé ont indiqué craindre de subir des représailles s'ils dénonçaient une situation jugée inacceptable.

Photo : Reuters / David Ryder

Face aux témoignages de travailleurs du réseau de la santé qui disent craindre d'être pénalisés pour avoir signalé des situations inacceptables, Québec a décidé d'agir. La ministre de la Santé, Danielle McCann, doit annoncer samedi la mise en place d'un mécanisme pour les aider à briser cette omerta qui règne dans certains milieux de soins.

Mme McCann a fait savoir vendredi que le gouvernement travaillait à la mise en place d'un mécanisme pour recueillir les témoignages de ces travailleurs, dont elle a déjà souligné le rôle-clé dans le réseau de la santé.

On va vous annoncer une stratégie qu’on va mettre en place pour absolument recevoir ces commentaires [de travailleurs de la santé] qui, pour toutes sortes de raisons, n’ont pas eu la possibilité de transmettre leurs préoccupations, a-t-elle indiqué lors de la conférence de presse quotidienne pour faire le point sur l'état de la pandémie au Québec.

L'attaché de presse de la ministre McCann a confirmé plus tard à Radio-Canada qu'une annonce aura bel et bien lieu samedi. La forme que prendra le mécanisme n'a pas été précisée, mais il semble que l'objectif sera de favoriser et de recueillir les témoignages.

En général, ça se passe bien, mais il y a des endroits où il y a encore des problèmes, a concédé la ministre.

Au début du mois, Mme McCann avait été questionnée sur le sujet par l'opposition, lors d'un débat virtuel tenu par des députés de l'Assemblée nationale. Elle avait notamment affirmé que les témoignages de ces travailleurs qui lancent une alerte sont d'une importance cruciale pour le ministère, puisqu'ils lui permettent de savoir où intervenir.

On veut que les gens nous parlent. [...] C'est une crise humanitaire qu'on vit. On veut avoir cette information-là, avait-elle assuré.

La fin de l'omerta maintes fois prédite

Ce débat ne date pas d'hier. Bien avant la pandémie, des employés du réseau affirmaient avoir peur des représailles s'ils dénonçaient des situations jugées inacceptables en milieux de soins, qui pourraient s'exercer autant sur le personnel que sur les patients.

La ministre s'était d'ailleurs déjà prononcée l'automne dernier en soutenant que c'était la fin de l'omerta dans le milieu de la santé et que les employés étaient invités à dénoncer.

Depuis le début de la pandémie, les témoignages contraires à cette affirmation se sont toutefois multipliés. Des employés anonymes du réseau ont affirmé choisir de ne pas parler pour protéger leur emploi. D'autres ont dit qu'ils craignaient du harcèlement administratif de la part de gestionnaires.

Le gouvernement a reconnu que ce climat avait pu contribuer à la dégradation de la qualité des soins dans certains centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou résidences privées qui se sont retrouvés avec des situations hors de contrôle en raison de la COVID-19.

L'annonce de la ministre McCann est prévue alors qu'une campagne, intitulée Bas les masques, vient d'être lancée sur les réseaux sociaux dans le but de « libérer la parole » des travailleurs de la santé.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui négocie actuellement avec le gouvernement concernant les conditions de travail des employés de la santé, a par ailleurs indiqué à Radio-Canada qu'un système qui permet la libre expression du personnel fait partie de ses demandes.

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